Comment bien vermifuger son chat : tout ce qu'il faut savoir sur la fréquence des vermifuges
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Un vermifuge ne protège pas votre chat pour les mois à venir : il tue les vers présents le jour où vous le donnez, et le chat peut se réinfester dès le lendemain. Toute la question de la fréquence tient dans cette phrase, et c'est ce qui explique des rythmes aussi différents d'un chat à l'autre.
Beaucoup de propriétaires vermifugent une fois par an, au printemps, par habitude. Sur un chat d'intérieur strict, ça se discute. Sur un chat qui chasse les mulots dans un jardin, c'est presque sans effet : il aura récupéré des parasites six semaines plus tard et vivra onze mois sur douze avec eux. Le calendrier n'est pas un rituel, c'est une réponse à un risque d'exposition.
Ce que les vers font réellement dans l'organisme
Deux familles dominent chez le chat en France. Les ascaris, surtout Toxocara cati, sont des vers ronds qui vivent dans l'intestin grêle et ponctionnent une partie de ce que le chat digère. Les chatons s'infestent par le lait maternel, ce qui explique qu'on traite un chaton même lorsqu'il n'a jamais mis une patte dehors. Les ténias, eux, arrivent autrement : Dipylidium caninum passe par une puce avalée pendant la toilette, et Taenia taeniaeformis par un rongeur consommé.
Un chat adulte en bonne santé porte souvent une charge parasitaire modérée sans montrer grand-chose. Les signes apparaissent quand la charge monte ou quand l'animal est jeune, âgé, ou immunodéprimé : ventre ballonné chez le chaton, poil terne, amaigrissement malgré un bon appétit, diarrhées qui reviennent, vomissements. Les segments de ténia, eux, se voient : de petits grains blancs mobiles, façon grain de riz, autour de l'anus ou sur le couchage.
Le point qui décide souvent les propriétaires hésitants, c'est le risque humain. Toxocara cati est une zoonose : les oeufs déposés dans la terre du jardin ou le bac à sable deviennent infestants après deux à quatre semaines de maturation, et un enfant qui porte ses mains à la bouche peut les avaler. Chez l'homme, la larve migre dans les tissus. C'est rare, c'est parfois grave, et c'est la raison pour laquelle les recommandations européennes sont plus strictes dans les foyers avec de jeunes enfants.
À quel rythme, selon le chat que vous avez
Le groupe européen ESCCAP, qui produit les recommandations suivies par la plupart des vétérinaires français, raisonne par niveau d'exposition plutôt que par saison.
- Chaton, de 3 semaines à 2 mois : toutes les deux semaines. La charge d'ascaris transmise par la mère est massive à cet âge.
- Chaton de 2 à 6 mois : une fois par mois.
- Chat d'intérieur strict, sans autre animal sortant et sans puces : deux fois par an suffisent dans la plupart des cas.
- Chat qui sort sans chasser : trois à quatre fois par an.
- Chat chasseur, ou foyer avec enfant de moins de 5 ans, ou personne immunodéprimée : tous les mois, ou au minimum tous les deux mois.
- Chatte gestante : le protocole se décide avec le vétérinaire, toutes les molécules ne sont pas utilisables pendant la gestation.
Un détail qu'on oublie : traiter un seul chat dans un foyer qui en compte trois ne sert pas à grand-chose. Ils partagent la litière, donc les oeufs. On traite tout le monde le même jour, chiens compris.
Sur les puces, la remarque vaut d'être faite : tant qu'il reste des puces dans le logement, le ténia revient. Vermifuger sans traiter l'environnement, c'est vider une baignoire dont le robinet coule.
Comprimé, pipette ou pâte : ce qui change vraiment
Les trois formes existent et aucune n'est supérieure dans l'absolu. Le comprimé couvre en général un spectre large, à condition d'être avalé en entier : recraché à moitié, il ne dose plus rien. La pipette à déposer sur la peau du cou évite la bagarre et convient aux chats impossibles à manipuler, mais toutes les pipettes ne traitent pas les mêmes parasites, certaines ignorent le ténia. La pâte appétente marche bien chez le chaton.
Sur les remèdes dits naturels, ail, terre de diatomée, graines de courge, huiles essentielles : aucun n'a montré d'efficacité vermifuge chez le chat dans une étude sérieuse, et l'ail figure parmi les aliments toxiques pour lui, au même titre que l'oignon. Le chat est en plus particulièrement sensible aux huiles essentielles, qu'il métabolise mal. Ces produits donnent l'illusion d'avoir agi pendant que les vers continuent leur travail.
Le geste, sans y laisser des plumes
Choisissez un moment où le chat est repu et somnolent, pas au retour d'une sortie. Pour un comprimé, enveloppez-le dans une friandise molle prévue pour ça, ou glissez-le au fond de la gueule avec l'index en relevant légèrement le menton, puis soufflez sur le nez pour déclencher la déglutition. Vérifiez qu'il n'y a pas eu recrachage discret derrière le canapé cinq minutes après.
Pour la pipette, écartez les poils au milieu de la nuque, à un endroit que la langue n'atteint pas, et videz le contenu directement sur la peau. Pas entre les omoplates si le chat est souple.
Une dernière chose, et elle est importante : le dosage dépend du poids exact de l'animal et de la molécule. Pesez le chat plutôt que d'estimer, et laissez le vétérinaire choisir le produit. Un chat de 3 kg et un chat de 7 kg ne reçoivent pas la même chose, et sous-doser revient à ne rien faire tout en sélectionnant des résistances.
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