Découvrez le Staffie, le compagnon fidèle et affectueux : le Staffordshire Bull Terrier

Sommaire5 sections
  1. 01Une énergie qui réclame du temps, pas seulement de l'espace
  2. 02Le tempérament, entre loyauté et besoin de contact
  3. 03Ce que le poil court simplifie, et ce qu'il ne dispense pas
  4. 04Le budget réel, au delà du prix d'achat
  5. 05Un chien qui se mérite, pas un accessoire

Le Staffordshire Bull Terrier traîne deux images opposées : chien de combat dans l'imaginaire collectif, boule de tendresse pour qui en a déjà croisé un. La confusion vient surtout d'un cousin qu'on lui colle dessus par erreur.

Le malentendu porte un nom : l'American Staffordshire Terrier, ou Amstaff. Ce chien plus grand, classé chien de catégorie 2 en France depuis 1999, n'a rien à voir administrativement avec le Staffordshire Bull Terrier, qui lui n'est soumis à aucune catégorie. Les deux races partagent une origine commune outre Manche au XIXe siècle, un gabarit qui se ressemble sur une photo mal cadrée, et c'est à peu près tout. Un Staffie peut voyager, entrer dans un camping, être assuré comme n'importe quel chien de compagnie sans muselière ni permis de détention.

Une fois ce point réglé, reste la question qui compte vraiment : ce chien correspond-il à votre mode de vie ? Le Staffie mesure entre 33 et 40 centimètres au garrot et pèse de 10 à 17 kilos selon le sexe et la corpulence. Son poil court se décline en noir, bleu, fauve ou bringé, avec parfois du blanc en marque. Un format compact qui cache une énergie que beaucoup de futurs adoptants sous-estiment.

Une énergie qui réclame du temps, pas seulement de l'espace

Le Staffie n'a pas besoin d'un jardin immense pour être heureux, mais il a besoin de vous, longtemps, chaque jour. Un appartement en ville lui convient très bien à condition de sortir deux fois par jour pour de vraies marches, pas un aller retour devant l'immeuble. Sans dépense physique suffisante, cette race au tempérament joueur se rabat sur les meubles, les chaussures ou les pieds de table pour évacuer le trop plein d'énergie.

Comptez un minimum d'une heure d'activité quotidienne passé les six mois, entre promenades, jeux de rapport et séances de recherche olfactive. C'est un chien qui apprend vite et s'ennuie tout aussi vite : les jouets distributeurs de croquettes ou les tapis de fouille lui donnent une occupation mentale que la simple balade ne couvre pas toujours.

Le tempérament, entre loyauté et besoin de contact

Attaché à sa famille au point de mal supporter la solitude prolongée, le Staffie développe souvent des liens particulièrement forts avec les enfants de la maison, qu'il tolère avec une patience réelle même dans le jeu un peu brusque. Cette proximité a un revers : laissé seul huit heures d'affilée plusieurs jours par semaine, il peut développer de l'anxiété de séparation, qui se traduit par des aboiements, des dégâts matériels ou une malpropreté soudaine chez un chien pourtant propre.

Avec les autres chiens, la sociabilisation précoce fait toute la différence. Un chiot Staffie habitué dès huit ou dix semaines à croiser des congénères de tailles et de caractères variés grandit en général en chien sociable. À l'inverse, un individu isolé pendant sa période de socialisation peut se montrer réactif face à ses congénères adultes, un trait qui n'a rien de spécifique à la race mais que son gabarit rend plus difficile à gérer si le problème s'installe.

Ce que le poil court simplifie, et ce qu'il ne dispense pas

Côté entretien, le Staffie fait partie des chiens faciles : un brossage hebdomadaire avec une brosse en caoutchouc suffit à retirer les poils morts, et les bains restent occasionnels, quatre à six par an au maximum pour ne pas assécher sa peau. Le brossage des dents, en revanche, ne devrait pas être relégué au second plan : deux à trois fois par semaine avec un dentifrice pour chien, cela limite l'accumulation de tartre qui touche particulièrement les molossoïdes en vieillissant.

Le suivi vétérinaire classique s'applique sans particularité de race notable : vaccinations à jour, vermifugation régulière, et une vigilance sur le poids. Un surpoids de deux ou trois kilos seulement affecte sa mobilité et sa longévité, sa musculature dense rendant les kilos en trop moins visibles à l'œil que chez un chien au poil long.

Le budget réel, au delà du prix d'achat

Un chiot Staffie chez un éleveur déclaré coûte en général entre 900 et 1 500 euros selon la lignée et la région. Ce chiffre ne représente qu'une fraction de la dépense sur la durée de vie du chien, qui avoisine douze à quatorze ans. Alimentation de qualité, assurance santé animale, frais vétérinaires courants et imprévus, éducation avec un professionnel si besoin : le budget annuel tourne le plus souvent entre 800 et 1 200 euros une fois le chien adulte.

Adopter en refuge ou via une association spécialisée dans les molossoïdes reste une option à considérer sérieusement : ces chiens, souvent adultes et déjà évalués sur leur comportement avec les enfants et les autres animaux, arrivent avec un profil connu plutôt qu'un pari sur l'avenir. Le montant de l'adoption, généralement entre 150 et 300 euros, inclut souvent la stérilisation et les premiers vaccins.

Si vous passez plutôt par un éleveur, demandez à voir le certificat de naissance du chiot et vérifiez son inscription au LOF, le Livre des Origines Français tenu par la Société Centrale Canine. Cette inscription ne garantit pas un caractère parfait, mais elle trace la lignée sur plusieurs générations et permet de contacter d'anciens acheteurs de la même portée pour comparer les retours. Un chiot vendu sans papiers, à un tarif nettement inférieur au marché, coûte parfois bien plus cher une fois les problèmes de santé ou de comportement révélés dans les premiers mois.

Un chien qui se mérite, pas un accessoire

Le Staffordshire Bull Terrier récompense l'investissement qu'on met en lui. Ceux qui lui offrent du temps, une éducation cohérente basée sur la récompense plutôt que la contrainte, et une sociabilisation soignée dès le plus jeune âge, décrivent presque tous le même chien : affectueux jusqu'à l'excès, protecteur sans agressivité gratuite, et capable de faire rire toute une maison avec ses mimiques. La réputation qui lui colle à la peau dit surtout ce qu'un chien mal élevé et mal sorti peut devenir, quelle que soit sa race.

Résumer cet article avec :

Partager :