Des croquettes saines pour chien : une alimentation sans fruits ni légumes

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Sommaire4 sections
  1. 01Le chien n'est pas un loup, son intestin l'a prouvé
  2. 02Les allergies alimentaires ne viennent presque jamais des légumes
  3. 03Les deux situations où la mention sert vraiment
  4. 04Changer de croquettes sans casser la digestion

Les croquettes « sans fruits ni légumes » se vendent avec un argument simple : le chien descend du loup, donc les végétaux ne lui servent à rien. L'argument est séduisant et il est largement faux. Voici ce que cette mention change réellement dans la gamelle, et les deux cas où elle a un intérêt.

Le chien n'est pas un loup, son intestin l'a prouvé

Gamelle de croquettes brunes posée au sol devant un chien attentif

Sur le plan génétique, la domestication a laissé une trace facile à lire : le chien porte en général plusieurs copies du gène AMY2B, qui code l'amylase pancréatique, l'enzyme qui découpe l'amidon. Le loup en porte deux. Un chien digère donc les féculents cuits bien mieux que son ancêtre, et c'est précisément ce qui lui a permis de vivre aux abords des villages pendant des millénaires en mangeant nos restes.

Dire qu'un chien ne peut pas assimiler un végétal relève donc du raccourci commercial. Il assimile mal la cellulose crue d'une carotte entière, c'est vrai. Cuits, réduits en farine ou en purée, la patate douce, la courge, la pomme ou la betterave lui posent rarement problème.

La vraie question à poser devant un paquet n'est pas « y a-t-il du potiron dedans » mais « quelle part de la protéine vient d'un animal, et laquelle ». Une composition qui commence par « viandes et sous-produits animaux » sans préciser l'espèce en dit beaucoup moins qu'une qui annonce « poulet frais 32 %, protéine de poulet déshydratée 18 % ».

Les allergies alimentaires ne viennent presque jamais des légumes

C'est le point sur lequel le discours marketing se retourne contre lui-même. Les études dermatologiques qui recensent les allergènes alimentaires identifiés chez le chien placent en tête le bœuf, les produits laitiers, le poulet, le blé et l'agneau. Les protéines animales dominent largement le classement. Le potiron et la myrtille n'y figurent pratiquement pas.

Retirer les végétaux d'une ration pour traiter des démangeaisons revient donc à déplacer un meuble pour réparer une fuite au plafond. Si votre chien se gratte, se lèche les pattes jusqu'à la rougeur ou fait des otites à répétition, ce n'est pas le paquet qu'il faut changer au hasard : c'est un régime d'éviction à conduire avec votre vétérinaire, sur six à huit semaines, avec une source de protéine unique et rien d'autre dans la gamelle. Les friandises comprises, sinon l'essai ne vaut rien.

Les deux situations où la mention sert vraiment

Premier cas : le régime d'éviction dont on vient de parler. Pendant la phase de test, plus la liste d'ingrédients est courte, moins il y a de variables. Une croquette à protéine unique et à source d'amidon unique, sans le cortège de fruits rouges et d'extraits de plantes, simplifie la lecture du résultat.

Second cas : le chien qui produit des selles molles ou beaucoup de gaz sur des formules très fibrées. Au-delà de 4 à 5 % de cellulose brute, certains estomacs sensibles fermentent plus qu'ils ne digèrent. Baisser la charge végétale peut alors calmer les choses en une dizaine de jours. Ce n'est pas une règle générale, c'est une piste à tester chien par chien.

En dehors de ces deux cas, l'absence de végétaux n'apporte rien de mesurable. Certains apportent même quelque chose d'utile : la pulpe de betterave, par exemple, sert de fibre fermentescible et donne des selles mieux moulées.

Changer de croquettes sans casser la digestion

La transition compte presque autant que le produit. Comptez dix jours : trois jours à un quart de nouvelle croquette, trois jours à moitié, trois jours à trois quarts, puis la totalité. Passer d'un coup provoque presque toujours des selles molles, qu'on met ensuite à tort sur le dos de la nouvelle recette.

Pesez les rations à la balance de cuisine plutôt qu'au gobelet. Une différence de 15 grammes par jour, sur un an, représente près de 5 kilos de croquettes en trop pour un chien de taille moyenne. Et surveillez l'état corporel plutôt que la balance seule : les côtes doivent se sentir sous la pulpe des doigts sans qu'on ait à appuyer, et la taille doit se dessiner vue de dessus.

Une dernière chose : gardez le sac fermé et à l'abri de la chaleur. Les graisses ajoutées en surface rancissent vite une fois le paquet ouvert, et un chien qui boude soudain sa gamelle réagit souvent à ça, pas à un caprice. Un sac entamé se consomme dans le mois.

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