Les essentiels d'une trousse de secours pour votre compagnon à quatre pattes

trousse de secours pour chiots
Sommaire6 sections
  1. 01Nettoyer une plaie : du sérum physiologique, et rien de plus agressif
  2. 02Couvrir, maintenir, transporter
  3. 03Les trois instruments qui évitent un déplacement inutile
  4. 04Ce que la trousse contient qui ne se range pas dans la boîte
  5. 05Où la ranger pour qu'elle serve
  6. 06Questions fréquentes

Une trousse de secours pour chien ou chat tient dans une boîte à chaussures et se monte en une visite de pharmacie, pour une trentaine d'euros. Ce qui en fait la valeur, ce n'est pas le nombre d'objets rangés dedans : c'est ce qu'on en a retiré. Les médicaments humains récupérés dans l'armoire familiale y causent plus de dégâts qu'ils n'en réparent.

Les kits vendus tout prêts en animalerie partent du même travers que les listes trouvées en ligne : ils empilent du matériel sans dire à quoi il sert. On se retrouve avec quatre tailles de bandes, aucun thermomètre, et surtout aucun numéro de téléphone. Le classement qui suit prend le problème par l'autre bout : chaque objet répond à un geste précis que vous ferez chez vous, avant ou pendant le trajet vers la clinique.

Nettoyer une plaie : du sérum physiologique, et rien de plus agressif

Le rinçage abondant fait 80 % du travail sur une coupure fraîche. Les unidoses de sérum physiologique à 5 ml conviennent parfaitement : on en vide deux ou trois d'affilée sur la plaie pour chasser la terre et les poils, sans frotter. Une poire ou une seringue de 5 ml sans aiguille donne un jet un peu plus ferme quand la souillure est incrustée.

Les antiseptiques du placard sont, eux, à trier sérieusement. L'alcool à 70 degrés et l'eau oxygénée brûlent les tissus et retardent la cicatrisation. L'éther, encore conseillé dans de vieux textes pour décoller une tique, est à bannir. Restent deux familles utilisables sur un animal : la chlorhexidine en solution aqueuse diluée, et la povidone iodée diluée elle aussi, en gardant en tête que l'iode est à éviter chez le chat et chez les très jeunes animaux. Demandez à votre vétérinaire laquelle il préfère pour votre animal, et notez la dilution sur l'étiquette du flacon : au moment où vous en aurez besoin, vous ne chercherez pas.

Couvrir, maintenir, transporter

Un pansement sur un animal ne tient jamais comme sur un bras humain. Il faut trois couches : une compresse stérile au contact de la plaie, une bande de crêpe qui matelasse, une bande cohésive qui serre modérément par-dessus. Le test se fait avec un doigt : si vous passez l'index entre la bande et la patte sans forcer, le serrage est correct. Au-delà, vous coupez la circulation, et une patte laissée sous un pansement trop serré pendant une nuit peut se nécroser.

Deux accessoires oubliés valent leur place. Une couverture de survie, qui pèse 30 grammes et limite la perte de chaleur pendant le transport. Et une bande de gaze pour museler un chien : un animal qui souffre mord, surtout au moment où vous touchez la zone douloureuse. Pour un chat, on préfère la serviette épaisse dans laquelle on l'enroule.

Les trois instruments qui évitent un déplacement inutile

Un thermomètre digital souple, réservé à l'animal et gardé dans un étui, se prend par voie rectale avec un peu de vaseline. Chez le chien comme chez le chat, la fourchette normale se situe entre 38 et 39 °C. Au-dessus de 39,5 °C, on téléphone. En dessous de 37,5 °C chez un animal abattu, on ne téléphone pas, on part, parce que l'hypothermie accompagne souvent un état de choc.

Le tire-tique, ensuite, en deux tailles, parce que les nymphes sont minuscules et que la pince à épiler écrase le parasite et fait refluer son contenu. Le geste est une rotation lente, sans traction, sans produit préalable. Contrôlez la zone les jours suivants : une petite réaction locale est banale, une auréole rouge qui s'élargit ne l'est pas.

La seringue de 5 ml sans aiguille, enfin, sert à administrer un liquide sur ordre du vétérinaire, jamais de votre propre initiative. On la glisse dans l'espace derrière les canines, sur le côté, et on pousse lentement pour éviter les fausses routes.

Ce que la trousse contient qui ne se range pas dans la boîte

Scotchez sur le couvercle une fiche cartonnée avec le numéro de votre clinique, celui du service de garde de votre secteur, celui du centre antipoison vétérinaire (le CNITV à Lyon et le CAPAE Ouest à Nantes répondent 24 heures sur 24, service payant), le poids de l'animal et la date de sa dernière vaccination. Ajoutez le numéro de puce électronique. Un vétérinaire qui reçoit ces informations au téléphone en dix secondes gagne un temps réel.

Où la ranger pour qu'elle serve

Une trousse rangée au fond d'un placard de cave n'existe pas. Le meilleur emplacement est celui que vous atteignez sans réfléchir, souvent l'entrée ou le placard près de la laisse. Si vous roulez beaucoup avec l'animal, doublez le contenu minimal dans le coffre : compresses, bande cohésive, sérum, couverture de survie, serviette. Sortie en forêt ou en montagne, ajoutez le tire-tique et une paire de chaussons de protection pour un coussinet entaillé.

Un dernier point, souvent négligé : entraînez-vous une fois, à froid, sur un animal en bonne santé. Prendre une température, poser une bande sur une patte, enrouler un chat dans une serviette, tout cela se rate largement la première fois. Autant rater le jour où il ne se passe rien.

Questions fréquentes

Puis-je désinfecter avec ce que j'ai pour moi ? Le sérum physiologique, oui, il est identique. Les antiseptiques colorés, les gels hydroalcooliques et l'eau oxygénée, non. Et aucun médicament oral.

Mon animal se lèche le pansement, que faire ? C'est le signe qu'il faut une collerette, souple ou rigide, le temps du soin. Un pansement léché reste humide et l'humidité entretient l'infection.

Une plaie minuscule justifie-t-elle un appel ? Une morsure, oui, toujours, quelle que soit la taille du point d'entrée : le dégât est sous la peau. Une griffure superficielle qui reste propre et sèche peut se surveiller 48 heures.

Mon animal a avalé un produit ménager, je le fais vomir ? Non, pas de votre propre chef. Avec un produit caustique ou moussant, le vomissement double la brûlure. Téléphonez d'abord, avec l'emballage sous les yeux.

Résumer cet article avec :

Partager :