Tout ce qu'il faut savoir sur les soins du chien
Sommaire5 sections
Bien s'occuper d'un chien tient moins à la bonne volonté qu'à un calendrier. Les soins qui comptent se répartissent en quatre rythmes : ce qu'on fait tous les jours sans y penser, ce qui revient chaque semaine, ce qui se cale une fois par mois, et les deux ou trois rendez-vous annuels qu'on ne décale pas. Posé comme ça, l'ensemble devient tenable même pour quelqu'un qui travaille.
Le quotidien : trois minutes qui évitent des consultations
L'eau fraîche renouvelée, la ration pesée plutôt que dosée au verre, deux sorties dont une vraie promenade : c'est la base, et elle ne demande pas de réflexion. S'y ajoute un réflexe que peu de gens ont : passer les mains sur le chien au retour de balade. Les doigts sur les oreilles, entre les coussinets, sous le ventre, à la base de la queue. Vous cherchez une tique, une épillet coincé, une coupure, une boule qui n'était pas là la semaine dernière.
Les épillets sont la plaie de mai à septembre. Ces épis de graminées s'accrochent au pelage, migrent sous la peau, entrent dans une oreille ou une narine et remontent. Un chien qui se met brutalement à secouer la tête, à éternuer en série ou à se lécher un espace entre deux doigts jusqu'à le rendre rouge revient d'une prairie sèche neuf fois sur dix. Sorti dans l'heure avec une pince, l'épillet n'est rien ; laissé trois jours, il finit en abcès et en chirurgie.
La semaine : brossage, dents, oreilles
Le brossage dépend du poil. Un labrador demande un passage hebdomadaire, qui double pendant les mues de printemps et d'automne. Un bichon ou un caniche, dont le poil pousse en continu, se brosse presque tous les jours sous peine de nœuds serrés qui tirent sur la peau, et passe chez un toiletteur toutes les six à huit semaines. Un berger australien à sous-poil dense demande un peigne qui atteigne la racine, pas une brosse de surface.
Les dents sont le poste le plus négligé. La majorité des chiens de plus de 3 ans présentent une maladie parodontale, et une gencive enflammée fait mal, use l'appétit et envoie des bactéries dans la circulation. Un brossage avec un dentifrice vétérinaire, deux à trois fois par semaine, ralentit franchement le dépôt de tartre. Le dentifrice humain n'a rien à faire là : certains contiennent du xylitol, qui est toxique pour le chien.
Les oreilles se contrôlent d'un coup d'œil chaque semaine, et se nettoient seulement quand elles sont sales, avec un produit auriculaire vétérinaire versé dans le conduit puis massé à la base. Pas de coton-tige, qui tasse les débris vers le tympan. Les oreilles tombantes des cockers et des épagneuls retiennent l'humidité et s'infectent plus souvent.
Ce qui n'entre jamais dans sa gamelle
La liste est courte et elle ne se négocie pas. Le chocolat, à cause de la théobromine, d'autant plus dangereux qu'il est noir. L'oignon et l'ail, crus, cuits, en poudre ou en soupe, qui détruisent les globules rouges. Le raisin frais et le raisin sec, dont quelques grains suffisent à déclencher une insuffisance rénale chez certains chiens. Le xylitol, présent dans les chewing-gums, les bonbons et les pâtisseries sans sucre, qui provoque une chute brutale de la glycémie.
À cette liste s'ajoutent l'alcool, les os cuits qui éclatent en esquilles, et la pâte à pain crue. Si votre chien a avalé l'un de ces aliments, n'attendez pas l'apparition des symptômes et ne tentez pas de le faire vomir de votre propre initiative : appelez le vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire en indiquant le poids du chien, le produit et la quantité.
Le mois : parasites et poids
Les traitements antiparasitaires externes suivent un rythme mensuel ou trimestriel selon la molécule, et se renforcent de mars à novembre quand les tiques sont actives. Le vermifuge se donne en général quatre fois par an chez un chien adulte, plus souvent chez un chiot ou dans un foyer avec de jeunes enfants. Le calendrier exact se cale avec le vétérinaire selon la région, le mode de vie et les sorties en forêt.
Pesez le chien une fois par mois. Vous devez sentir ses côtes sous les doigts sans appuyer, et voir sa taille se dessiner vu de dessus. L'excès de poids concerne près d'un chien sur trois en France et raccourcit sa vie en aggravant l'arthrose, le diabète et les problèmes cardiaques. Les friandises comptent dans la ration : au-delà de 10 % de l'apport quotidien, l'équilibre alimentaire décroche.
L'année : le rendez-vous qu'on ne saute pas
La visite annuelle sert bien plus qu'à renouveler les vaccins. Le vétérinaire pèse, ausculte le cœur, regarde la bouche, palpe l'abdomen et les nœuds lymphatiques, examine la peau et teste les articulations. Beaucoup de choses se voient là qu'on ne voit pas à la maison : un souffle cardiaque, une hanche douloureuse, une masse mammaire.
Le protocole vaccinal de base couvre la maladie de Carré, l'hépatite de Rubarth, la parvovirose et la leptospirose, avec des rappels dont l'espacement varie selon les valences et les recommandations en vigueur. La rage n'est obligatoire que dans certains cas, voyage à l'étranger et chiens catégorisés notamment. À partir de 8 ans, passer à deux visites par an avec une prise de sang de contrôle change la donne : le rein et la thyroïde se dégradent silencieusement pendant des mois.
Reste la part qui ne figure sur aucune liste : le temps passé dehors, les rencontres avec d'autres chiens, les séances d'éducation courtes et régulières, les jeux de recherche qui fatiguent un chien mieux qu'une heure de course. Un chien qui s'ennuie détruit, aboie et se lèche jusqu'à la plaie. C'est un problème de soin autant qu'un problème de comportement.
Résumer cet article avec :
Partager :
