Accueillir un chien dans votre foyer : pourquoi il est essentiel de bien se préparer avant l'adoption
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Adopter un chien en France n’est plus un achat qu’on décide un samedi après-midi: depuis octobre 2022, un certificat d’engagement et de connaissance doit être signé au moins sept jours avant la remise de l’animal. Ce délai de réflexion imposé par la loi est une bonne occasion de chiffrer ce que vous vous apprêtez à assumer pendant douze à quinze ans, et de préparer la maison avant qu’un chien y entre.
Ce que la loi exige avant même le premier câlin
Le cadre a nettement changé avec la loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale. Trois points concernent directement l’adoptant.
- Le certificat d’engagement et de connaissance: document remis par le cédant, éleveur, association ou particulier, que vous signez et datez. La remise de l’animal ne peut intervenir qu’au minimum sept jours plus tard.
- L’identification: obligatoire pour tout chien avant quatre mois, par puce électronique ou tatouage, et à la charge du cédant. Un chiot livré sans numéro d’identification, c’est une cession illégale. Vérifiez que le numéro figure bien sur la carte et qu’il correspond à celui lu par le vétérinaire.
- La fin de la vente en animalerie: depuis le 1er janvier 2024, les chiens et les chats ne peuvent plus être vendus en vitrine. Restent les élevages déclarés, les refuges et les particuliers, ces derniers dans des conditions encadrées.
Si le chien qui vous plaît relève de la première ou de la deuxième catégorie, molossoïdes et chiens dits d’attaque ou de défense, le dossier s’alourdit: permis de détention délivré en mairie, attestation d’aptitude, évaluation comportementale et assurance responsabilité civile spécifique. Mieux vaut le savoir avant de s’attacher.
Le budget, sans arrondir vers le bas
C’est le sujet que les futurs adoptants sous-estiment le plus, parce qu’ils raisonnent au prix d’achat. Une adoption en refuge coûte généralement entre 150 et 300 euros, identification, vaccins et stérilisation inclus, ce qui en fait la formule la moins chère au premier jour comme à la fin de l’année. Chez un éleveur, un chiot de race se négocie entre 900 et 2 000 euros selon la race et les tests génétiques pratiqués sur les parents.
Ensuite vient le coût de fonctionnement, celui qui dure. Pour un chien de 15 kg, comptez 25 à 50 euros de nourriture par mois, 150 à 300 euros par an de suivi vétérinaire courant, vaccins, vermifuges et antiparasitaires compris, et un budget accessoires d’environ 200 euros la première année pour le panier, le harnais, la laisse, les gamelles, le transport et les jouets. L’assurance santé animale, si vous en prenez une, se situe entre 15 et 45 euros par mois selon le niveau de remboursement.
Restent les frais qu’on ne voit pas venir: la garde pendant les vacances, entre 15 et 30 euros par jour en pension, et les dégâts matériels de la période d’adolescence, autour de six à dix mois, que tout propriétaire de jeune chien connaît.
Faire coïncider le chien et votre semaine réelle
La question n’est pas de savoir si vous aimez les chiens, mais combien d’heures par jour le vôtre passera seul. Un chien adulte équilibré supporte quatre à six heures de solitude; au-delà, sans aménagement, on installe de l’anxiété de séparation et les aboiements qui vont avec. Regardez votre agenda d’une semaine ordinaire, pas celui des vacances.
Le niveau d’activité compte tout autant. Un border collie ou un malinois réclame une à deux heures d’exercice quotidien et du travail mental, sans quoi il invente ses propres occupations. Un bouledogue français ou un bichon se satisfont de deux sorties de trente minutes. La taille du logement pèse moins qu’on ne le croit: un grand chien calme vit très bien en appartement, un petit terrier survolté beaucoup moins bien.
La maison prête la veille
Préparez l’espace avant l’arrivée, pas après. Il faut un coin de repos dans une pièce de vie mais en retrait du passage, deux gamelles, une eau toujours disponible, un collier avec médaille gravée et un harnais adapté. Rangez les produits ménagers et les médicaments en hauteur, sécurisez les fils électriques, et faites le tour du jardin en cherchant les trous sous la clôture: un chien arrivé la veille ne connaît pas encore votre adresse.
Passez aussi en revue la cuisine. Le chocolat, le raisin frais ou sec, l’oignon, l’ail et le xylitol des chewing-gums et pâtisseries sans sucre sont toxiques pour le chien, parfois à faible dose. Une plaquette de chocolat noir oubliée sur une table basse est un motif d’urgence vétérinaire, sans attendre que le chien vomisse.
Les premiers jours: attendre au lieu de fêter
Les éducateurs résument la période d’adaptation par une règle simple, celle des trois délais. Les trois premiers jours, le chien est sidéré: il dort beaucoup ou ne dort pas, mange peu, ne montre pas son vrai caractère. Au bout de trois semaines, il a compris le rythme de la maison et commence à tester les limites. Vers trois mois, il est installé, attaché, et c’est là que l’on découvre qui il est vraiment.
Ce que cela change concrètement: pas de fête d’accueil avec toute la famille, pas de visites le premier week-end, pas de longue promenade en ville dès le lendemain. Une maison calme, des horaires fixes pour les repas et les sorties, et le droit pour le chien de se retirer dans son panier sans être suivi. Les enfants apprennent dès le premier jour qu’on ne dérange pas un chien qui dort ou qui mange, c’est la règle qui évite le plus de morsures domestiques.
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