Burmilla : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
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Le Burmilla existe grâce à une porte mal fermée en 1981. De ce croisement accidentel entre un persan chinchilla et une burmese lilas, la race a hérité un pelage argenté remarquable et un risque rénal qui se dépiste par un simple test ADN.
Une race née d'un accident, et c'est documenté
La scène se passe au Royaume-Uni, chez la baronne Miranda von Kirchberg. Un persan chinchilla mâle, Jemari Sanquist, attend un rendez-vous d'accouplement dans une pièce. Une burmese lilas, Bambino Lilac Fabergé, est en chaleur dans une autre. Une porte laissée ouverte règle la question. Quatre chatonnes naissent, au poil argenté ombré, et l'éleveuse décide de poursuivre la lignée au lieu de refermer le dossier.
Le Burmilla Cat Club est fondé en 1984 et la race obtient sa reconnaissance auprès de la Fédération internationale féline dans les années 1990. Au registre français, elle reste confidentielle : quelques dizaines de naissances par an, des élevages peu nombreux, et des délais d'attente réels.
Le pelage argenté : comment il fonctionne
Ce qui frappe d'abord, c'est cet effet de poudre sur un fond blanc argenté. Le mécanisme est simple : la base du poil reste claire et seule l'extrémité est pigmentée. Quand la pointe colorée occupe environ un huitième du poil, on parle de shell, le chat paraît presque blanc. Quand elle occupe un tiers, on parle de shaded, et la robe s'assombrit nettement sur le dos.
Les couleurs admises couvrent le noir, le bleu, le chocolat, le lilas, la cannelle, le fauve, le roux, le crème et les écailles de tortue. Le liseré foncé autour des yeux, du nez et des lèvres, souvent décrit comme un maquillage, appartient au standard et se voit dès les premières semaines.
L'entretien est moins lourd que l'apparence ne le laisse craindre. Un brossage hebdomadaire suffit pour le poil court, deux ou trois pour la variante mi-longue en période de mue. Le poil argenté ne réclame aucune alimentation particulière, contrairement à ce qu'affirment les fiches promotionnelles : un pelage terne traduit d'abord un problème de santé ou de ration déséquilibrée, et c'est cela qu'il faut regarder.
Caractère : la sociabilité burmese, le calme persan
Le Burmilla tient des deux côtés de son arbre, et le mélange est plutôt réussi. Il cherche le contact comme un burmese, mais sans la voix ni l'insistance de ce dernier. Il se pose sur les genoux comme un persan, mais il continue à courir après les balles à sept ans.
Il s'attache à toute la maisonnée plutôt qu'à une seule personne, cohabite bien avec les chiens et les autres chats, et garde un comportement de jeune adulte longtemps. C'est un chat d'appartement correct, à condition de lui donner de la hauteur : étagères, arbre à chat, un rebord de fenêtre dégagé.
Santé : le dépistage rénal n'est pas une option
C'est le point sur lequel il faut être direct. L'ancêtre persan chinchilla a transmis à la race la polykystose rénale, une maladie à transmission dominante : un seul parent atteint suffit à transmettre l'anomalie, et l'animal porteur est malade. Des kystes se forment dans les reins et grossissent lentement, jusqu'à une insuffisance rénale qui se déclare souvent entre 3 et 10 ans.
La bonne nouvelle, c'est qu'un test ADN identifie la mutation responsable, et qu'une échographie abdominale la confirme. Les élevages sérieux testent leurs reproducteurs et affichent le résultat. Demandez à voir le document. Si l'éleveur répond que « ses chats n'ont jamais eu de problème », ce n'est pas une réponse : la maladie ne se voit pas sur un jeune chat.
Second héritage, côté burmese cette fois : l'hypokaliémie héréditaire, un déficit en potassium qui provoque faiblesse musculaire et démarche titubante chez les chatons. Elle se dépiste aussi par test ADN, sur le mode récessif. Deux tests, deux documents à réclamer, et le gros du risque génétique de la race est écarté.
Alimentation : surveiller le poids avant tout
Rien de spécifique à la race dans la gamelle. Une alimentation riche en protéines animales, une ration pesée plutôt que remplie à vue, trois ou quatre services par jour. Après stérilisation, les besoins baissent d'environ un quart sans que l'appétit suive : c'est là que le surpoids s'installe, en quelques mois et sans bruit.
Pesez le chat une fois par mois, sur un pèse-personne, vous avec et vous sans lui. Un Burmilla trop rond se toilette mal, et le dos comme l'arrière-train finissent par former des nœuds qu'il ne peut plus atteindre. Pour les chats qui boivent peu, la pâtée augmente les apports en eau, ce qui n'est jamais inutile dans une race exposée au rein. Toute ration ménagère doit être formulée par un vétérinaire nutritionniste.
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