Comment choisir les croquettes parfaites pour votre chaton stérilisé
Sommaire4 sections
Un chaton stérilisé à cinq ou six mois reste un chaton : il lui manque encore un tiers de sa croissance. Le passer aussitôt sur une croquette « chat adulte stérilisé », comme on le voit souvent, revient à rationner en protéines et en minéraux un animal qui construit encore son squelette. Le vrai réglage se joue ailleurs : sur la quantité servie, pas sur le changement de sac.
Ce que la stérilisation change, et ce qu'elle ne change pas
La chute des hormones sexuelles produit deux effets mesurables dès les semaines qui suivent l'opération. Le besoin énergétique de repos baisse d'environ 20 à 30 %, parce que le chat bouge moins et dépense moins. Et la sensation de satiété s'installe plus tard, ce qui se traduit par un chat qui réclame davantage alors qu'il a besoin de moins. Ce décalage explique presque toute la prise de poids des six mois qui suivent.
Ce que la stérilisation ne change pas, c'est la croissance. Les cartilages de croissance d'un chat se ferment entre 10 et 12 mois, parfois plus tard chez un Maine Coon ou un Norvégien. Jusque-là, l'animal a besoin d'un aliment « croissance », riche en protéines, correctement dosé en calcium et en phosphore, et complété en DHA. Une croquette adulte allégée ne couvre pas ces besoins.
Il existe des aliments dits « chaton stérilisé », moins denses en calories tout en restant des aliments croissance. Ils rendent service quand on a du mal à rationner. Mais un bon aliment chaton servi dans la bonne quantité fait aussi bien, et le prix au kilo n'a rien à voir.
Comment lire les chiffres d'une étiquette
Les taux imprimés sur le sac sont donnés sur le produit tel quel, humidité comprise. Pour comparer deux croquettes entre elles, ou une croquette et une pâtée, il faut ramener sur matière sèche : taux affiché divisé par (100 moins l'humidité), multiplié par 100.
Sur cette base, un aliment croissance correct se situe autour de 35 à 45 % de protéines sur matière sèche, avec une source animale nommée en tête de composition. Les matières grasses tournent entre 15 et 22 % : descendre beaucoup plus bas fait perdre en appétence et en acides gras utiles. Les glucides ne sont presque jamais affichés, on les obtient par soustraction, et 20 à 25 % sur matière sèche restent raisonnables pour une croquette.
Deux mentions comptent plus que les arguments de la face avant. « Aliment complet » garantit que la gamelle se suffit à elle-même. Et la ligne réglementaire précisant la catégorie d'animal visée dit si vous tenez un aliment croissance ou un aliment adulte, ce que le visuel ne dit pas toujours clairement.
Le libre-service, principale cause de surpoids
Le chat est fait pour manger dix à seize petits repas par jour, ce qui a longtemps servi d'argument au bol rempli en permanence. Le raisonnement tient chez un chat entier et actif. Chez un chaton stérilisé, il se transforme en buffet permanent : l'animal vient par ennui autant que par faim, et personne ne sait combien il a mangé.
La méthode qui marche consiste à peser la ration du jour le matin, à la répartir en plusieurs services, et à ne rien ajouter quand la gamelle est vide. Les distributeurs ludiques, balles à croquettes ou tapis de fouille, étalent la prise sur la journée et occupent le chat. Une portion de la ration donnée ainsi change souvent le comportement de réclamation en quelques jours.
Ce qui n'a pas sa place dans la gamelle
Le lait de vache, d'abord, que la plupart des chats adultes digèrent mal, faute de lactase. Les restes de table ensuite, et en particulier tout ce qui contient de l'oignon ou de l'ail, y compris en poudre dans une sauce ou un bouillon : ces deux-là détruisent les globules rouges du chat, qui y est plus sensible que le chien. Le chocolat, le raisin frais ou sec et le xylitol sont également à écarter.
Il y a aussi un danger qui ne passe pas par la gamelle : les lys. Toutes les parties de la plante, fleurs, feuilles, pollen déposé sur le pelage et léché, provoquent chez le chat une insuffisance rénale aiguë, parfois à partir de quantités minuscules. Un bouquet reçu en cadeau et posé sur une table suffit. Si vous soupçonnez un contact, c'est une urgence vétérinaire immédiate, et le pronostic dépend directement du délai de prise en charge.
Enfin, un mot sur le prix. Il indique surtout la qualité des matières premières et la précision de la formulation, ce qui n'est pas rien, mais il ne dit pas si l'aliment convient à votre chaton. Les deux signaux qui comptent sont sous vos yeux : un poids qui progresse régulièrement jusqu'à un an puis se stabilise, et des selles moulées. Si l'un des deux décroche, c'est au vétérinaire de trancher, pas au rayon.
Résumer cet article avec :
Partager :
