Comment faire manger son chat quand il refuse ses croquettes : astuces pour nourrir un félin capricieux
Sommaire5 sections
Un chat qui boude sa gamelle ne dispose pas du même délai de tolérance qu'un chien : passé 48 heures sans avaler quoi que ce soit, son foie commence à souffrir. Ce chronomètre devrait commander tous vos gestes, avant même de partir en quête de la croquette miracle.
Le vrai sujet n'est pas le caprice, c'est la durée
On raconte volontiers que le chat est difficile. C'est vrai pour le choix des saveurs, beaucoup moins pour le jeûne. Un chat qui ne mange plus puise dans ses réserves de graisse, et son foie n'est pas outillé pour traiter cet afflux. Il s'engorge. La lipidose hépatique, c'est le nom de cette panne, touche en priorité les chats en surpoids, ceux-là mêmes dont on se dit qu'ils peuvent bien sauter quelques repas. Le raisonnement est faux et il coûte cher.
Avant de vous lancer dans les recettes, posez-vous trois questions concrètes. Le chat boit-il encore ? Est-ce qu'il vient à la gamelle, flaire, puis repart, ou est-ce qu'il ne se déplace même plus ? Et depuis quand exactement ? Notez l'heure du dernier repas réellement avalé, pas celui que vous avez servi. Dans un foyer à plusieurs chats, cette distinction change tout, et une gamelle vide ne prouve rien.
Ce qui coince, dans l'ordre de fréquence
Un chat qui vient renifler puis recule a souvent mal. La bouche est la première chose à suspecter : tartre, gencives rouges, dent cassée, résorption dentaire. Le signe qui ne trompe pas, c'est le chat qui attrape la croquette, la laisse tomber, et recommence. Il a faim, il n'arrive pas à mastiquer.
Viennent ensuite les causes de nez. Un chat mange d'abord avec l'odorat, et un coryza, même léger, suffit à faire disparaître l'appétit le temps que le nez se dégage. Les chats âgés perdent aussi de l'odorat, ce qui explique qu'ils se mettent à ignorer un aliment qu'ils avalaient depuis huit ans.
Enfin, le sac de croquettes lui-même. Les graisses qui enrobent la croquette rancissent à l'air. Un sac ouvert depuis six semaines, stocké près du four ou transvasé dans une boîte plastique, n'a plus rien du produit du premier jour. Le chat le sent longtemps avant vous.
Les gestes qui relancent un repas, et celui qui est dangereux
Réchauffer marche presque toujours. Une pâtée sortie du réfrigérateur ne sent rien ; passée trente secondes à température ambiante ou tiédie à la main autour de 35 degrés, elle libère ses odeurs. Même logique pour les croquettes humidifiées avec un fond d'eau tiède.
Attention en revanche au bouillon de poulet du commerce, souvent conseillé pour parfumer la ration. La plupart des cubes et briques contiennent de l'oignon ou de l'ail, deux aliments toxiques pour le chat : ils détruisent ses globules rouges, et les doses répétées s'additionnent. Si vous voulez un bouillon, faites-le vous-même avec de l'eau et du blanc de poulet, sans sel, sans oignon, sans ail. Sinon, un peu d'eau de cuisson de poisson vapeur fait le même travail sans risque.
Le contenant compte aussi, davantage qu'on ne le croit. Beaucoup de chats détestent que leurs vibrisses touchent les parois : une assiette plate leur convient mieux qu'un bol profond. La céramique et l'inox se nettoient à fond, le plastique se raye et garde les odeurs de gras.
Changer d'aliment sans aggraver les choses
Si vous décidez de passer à autre chose, faites-le sur sept à dix jours, en montant progressivement la part du nouvel aliment. Un changement brutal provoque des diarrhées, et le chat associe alors le nouvel aliment à un malaise. Il le refusera ensuite durablement, parfois pour de bon.
Un mot sur la ration ménagère : elle est possible, mais elle se calcule. Le chat est un carnivore strict qui a besoin de taurine, d'acide arachidonique et de vitamine A sous une forme qu'il ne sait pas fabriquer. Un plat de poulet et de riz maison, répété des semaines, finit par créer des carences avec des conséquences visibles sur le cœur et la rétine. Si c'est votre projet, faites établir la recette par un vétérinaire nutritionniste plutôt que de la trouver sur un forum.
Quand la consultation n'attend plus
Un refus alimentaire n'est pas un diagnostic, c'est un symptôme, et la liste de ce qu'il recouvre est longue : douleur dentaire, insuffisance rénale, hyperthyroïdie, corps étranger, pancréatite. Aucune de ces causes ne se règle avec une meilleure croquette. Le vétérinaire regardera la bouche, palpera l'abdomen, pèsera l'animal et proposera une prise de sang si le tableau l'exige.
N'improvisez jamais de stimulant d'appétit à la maison. Les médicaments humains sont majoritairement dangereux pour le chat, et certains le sont à des doses minuscules. Il existe des molécules vétérinaires qui ouvrent l'appétit, mais elles se prescrivent après un examen, avec une posologie calculée sur le poids. Votre rôle s'arrête à observer, noter, et transmettre : depuis quand, combien, quels autres signes. C'est cette information-là qui fait gagner du temps en consultation.
Résumer cet article avec :
Partager :
