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Sommaire6 sections
  1. 01La première ligne à chercher : complet ou complémentaire
  2. 02La composition se lit à l'envers du marketing
  3. 03L'humidité, le vrai argument
  4. 04Le budget, sans détour
  5. 05Changer de pâtée sans déclencher une grève
  6. 06Le fait maison demande une ration calculée

Deux pâtées vendues au même prix peuvent contenir 4 pour cent de viande pour l'une et 60 pour cent pour l'autre. Tout se lit sur l'étiquette, dans deux lignes que presque personne ne regarde, et le résultat change à la fois la gamelle et le budget mensuel.

La première ligne à chercher : complet ou complémentaire

Un chat mange de la pâtée dans une gamelle en céramique posée au sol

Avant les ingrédients, avant le prix, cherchez la mention réglementaire : aliment complet ou aliment complémentaire. Elle est obligatoire, souvent imprimée en corps 6 au dos de la boîte, et elle décide de tout.

Un aliment complet couvre à lui seul les besoins nutritionnels du chat : il contient la taurine, les vitamines et les minéraux au bon rapport. Un aliment complémentaire, non. Beaucoup de sachets fraîcheur en gelée, très appétents et vendus par lots de douze, entrent dans cette seconde catégorie : ce sont des accompagnements. Nourrir un chat exclusivement avec ce type de produit pendant des mois l'expose à des carences, dont celle en taurine, qui touche le coeur et la rétine et dont les dégâts ne se rattrapent pas toujours.

La composition se lit à l'envers du marketing

La seconde ligne utile, c'est la liste des ingrédients. Elle est classée par ordre de poids décroissant, et les pourcentages entre parenthèses sont votre meilleur outil.

Une formule sérieuse annonce une source animale nommée et chiffrée : poulet 60 pour cent, ou saumon 45 pour cent. Une formule médiocre écrit viandes et sous-produits animaux, éventuellement suivi de dont poulet 4 pour cent. Ce chiffre de 4 pour cent revient sans arrêt sur les pâtées d'entrée de gamme, et il signifie exactement ce qu'il dit : le poulet du visuel représente un vingt-cinquième du contenu.

  • Source animale identifiée et quantifiée en tête de liste. Poulet, dinde, canard, thon, sardine : un nom, pas une catégorie.
  • Sous-produits animaux : le terme n'est pas disqualifiant en soi (foie, coeur et gésier sont excellents pour un chat), mais un produit de qualité les nomme au lieu de les regrouper sous une étiquette floue.
  • Céréales et amidon : le chat est un carnivore strict. Un peu d'amidon sert de liant, une longue liste de blé, maïs et dérivés de sucre remplace la viande.
  • Taux de cendres brutes dans la composition analytique : au-delà de 2,5 pour cent sur produit humide, cela traduit souvent beaucoup d'os et de matière minérale.
  • Colorants et sucres : inutiles pour l'animal, présents pour l'acheteur. Le chat ne perçoit pas le goût sucré.

L'humidité, le vrai argument

Une pâtée contient entre 75 et 82 pour cent d'eau, contre 8 à 10 pour cent pour des croquettes. Cela compte parce que le chat descend du chat sauvage africain et a gardé une sensation de soif peu développée : un chat nourri exclusivement à sec boit rarement assez pour compenser, et ses urines restent concentrées.

Soyons précis sur ce que cela apporte, parce que le marketing va souvent trop loin. Une alimentation humide augmente le volume urinaire et dilue les urines, ce qui réduit le risque de formation de calculs et de cystite. Elle ne prévient pas l'insuffisance rénale chronique, qui a d'autres causes et reste très fréquente chez le chat âgé. Sur ce point, l'argument des fabricants dépasse les données.

Le budget, sans détour

C'est le point qui décide dans la plupart des foyers. Nourrir un chat de 4 kg uniquement à la pâtée de qualité coûte entre 2 et 3,50 euros par jour, soit 60 à 100 euros par mois. Les mêmes calories en croquettes haut de gamme reviennent à 25 ou 35 euros mensuels. L'écart est réel et il ne sert à rien de le minimiser.

Deux façons de le réduire sans acheter n'importe quoi : les boîtes de 400 g, nettement moins chères au kilo que les barquettes individuelles, et la bi-nutrition. Une boîte entamée se garde 48 heures au réfrigérateur, couverte, et se ressort un quart d'heure avant le repas : un chat refuse souvent une pâtée sortie froide, ce qui passe à tort pour un caprice alors que c'est une question de température et d'odeur.

Changer de pâtée sans déclencher une grève

Le chat se fixe très tôt sur les textures qu'il a connues avant six mois, et un changement brutal se solde souvent par un refus net. La transition se fait sur sept à dix jours, en augmentant progressivement la part du nouvel aliment. Un chat qui ne mange pas du tout pendant plus de 48 heures n'est pas simplement têtu : le jeûne prolongé provoque chez lui une atteinte du foie appelée lipidose hépatique, qui est une urgence vétérinaire réelle. On ne joue donc jamais au bras de fer.

Le fait maison demande une ration calculée

Préparer les repas soi-même est possible, mais une ration ménagère improvisée est presque toujours déséquilibrée : elle manque de calcium, de taurine et de vitamines, et l'écart ne se voit qu'après des mois. Une ration correcte se fait formuler par un vétérinaire nutritionniste, avec un complément minéral et vitaminique dosé.

Deux règles valent quelle que soit la recette : jamais d'oignon ni d'ail, sous aucune forme, y compris en poudre ou dans un bouillon, car ils détruisent les globules rouges du chat ; et attention aux bouquets rapportés à la maison, le lys étant hautement toxique pour lui, feuilles, fleurs et pollen compris.

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