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Sommaire7 sections
  1. 01Grandir vite n'est pas grandir bien
  2. 02Choisir l'aliment sur la taille adulte, pas sur l'âge seul
  3. 03Ce qui compte dans la composition
  4. 04La courbe de poids vaut mieux que le tableau du sac
  5. 05Format, texture, et le réflexe de l'eau
  6. 06Les erreurs qui reviennent le plus souvent
  7. 07Le rendez vous qui cadre tout

Chez le chiot, le risque alimentaire le plus fréquent n'est pas la carence, c'est l'excès : une croissance trop rapide, poussée par une ration trop généreuse ou un excès de calcium, abîme des articulations qui devront porter le chien pendant dix ans. Un chiot qui grandit un peu moins vite arrive au même poids adulte, en meilleur état.

Grandir vite n'est pas grandir bien

Jeune chiot golden mangeant des croquettes dans une gamelle blanche

Le squelette d'un chiot se minéralise pendant que sa masse corporelle augmente. Si la masse progresse plus vite que la solidité de l'os et du cartilage, les zones de croissance encaissent des contraintes qu'elles ne supportent pas. C'est le mécanisme derrière les ostéochondroses, les dysplasies aggravées et les boiteries de croissance qu'on voit surtout entre quatre et neuf mois chez les races de plus de 25 kg adultes.

Le chiot de petite race est moins exposé : il termine sa croissance vers huit à dix mois, avec un poids adulte modeste. Un Labrador ou un Berger allemand grandit jusqu'à quinze mois, un Dogue jusqu'à dix huit voire vingt quatre. Plus la période est longue et le gabarit final lourd, plus l'excès coûte cher.

Choisir l'aliment sur la taille adulte, pas sur l'âge seul

Les gammes junior se déclinent en petite, moyenne et grande race, et cette distinction n'est pas cosmétique. Les formules grande race sont moins denses en énergie et plus strictes sur le calcium, précisément pour freiner la vitesse de croissance. Donner un aliment petite race, très concentré, à un chiot de future grande taille revient à appuyer sur l'accélérateur.

Si vous ne connaissez pas la taille adulte, par exemple pour un croisé de refuge, la taille des pattes et le poids à deux mois donnent un ordre d'idée, et le vétérinaire tranchera à la première visite vaccinale. Dans le doute sur un chiot qui semble parti pour dépasser 25 kg, l'aliment grande race est le choix prudent.

Ce qui compte dans la composition

Trois éléments méritent d'être vérifiés au dos du sac, les autres relèvent du décor.

  • Une source de protéine animale nommée en tête de liste, poulet, dinde, saumon ou agneau, plutôt qu'un générique « protéines animales déshydratées » dont l'espèce change selon les lots.
  • Un taux de protéine brute de l'ordre de 28 à 32 % pour un chiot en croissance, plus haut que chez l'adulte, car les acides aminés servent à construire du tissu et pas seulement à l'entretenir.
  • La mention du rapport calcium sur phosphore, que les bons fabricants affichent. Une plage de 1,1 à 1,4 pour 1 est le repère classique, et le taux de calcium absolu compte autant que le rapport chez les grandes races.

Le DHA, acide gras issu des huiles de poisson, a un intérêt réel à cet âge pour le développement nerveux et rétinien. Sa présence dans la liste est un bon signal, et il figure de toute façon dans la plupart des gammes junior sérieuses.

La courbe de poids vaut mieux que le tableau du sac

Pesez le chiot chaque semaine jusqu'à six mois, puis tous les quinze jours. Un pèse personne fait l'affaire : vous montez avec le chiot dans les bras, puis seul, et vous soustrayez. Notez la date et le poids dans le carnet de santé.

Ce que vous cherchez est une progression régulière, pas la plus rapide possible. Une prise de poids qui s'emballe sur deux ou trois semaines, ou un chiot dont on ne sent plus les côtes sous les doigts, appelle une réduction de ration de 10 %, pas un changement de marque. À l'inverse, un chiot dont les vertèbres et les côtes saillent, ou qui stagne alors qu'il mange sa ration, se montre au vétérinaire : à cet âge, un parasitisme digestif est la première hypothèse et il se traite vite.

Format, texture, et le réflexe de l'eau

Les croquettes junior sont plus petites et souvent moins dures que celles des adultes, parce que les dents de lait tombent entre quatre et sept mois et que la mâchoire reste fragile pendant cette période. Un chiot qui laisse sa gamelle pleine à cinq mois n'est pas forcément difficile : il peut avoir mal aux gencives. Humidifier la ration avec un peu d'eau tiède pendant quelques jours résout souvent la chose.

Laissez de l'eau fraîche accessible en permanence, changée quotidiennement. Un chiot nourri exclusivement au sec boit beaucoup, et une gamelle vide l'après midi d'été est un problème plus urgent qu'un choix de marque.

Les erreurs qui reviennent le plus souvent

Le lait de vache arrive en tête. Les chiots sevrés digèrent mal le lactose et cela finit en diarrhée. Un lait maternisé pour chiot, en poudre, existe pour les orphelins, et lui seul convient.

Viennent ensuite les restes de table. Au-delà de l'habitude qu'ils installent, ils introduisent des aliments dangereux. Le chocolat, dont la théobromine est toxique et d'autant plus concentrée que le chocolat est noir. L'oignon et l'ail, qui détruisent les globules rouges. Le raisin frais et sec, qui peut provoquer une insuffisance rénale aiguë même en petite quantité. Le xylitol, édulcorant présent dans les chewing gums, les bonbons et certaines pâtisseries allégées, qui déclenche une chute brutale de la glycémie. Un chiot qui a avalé l'un de ces produits se conduit chez le vétérinaire sans attendre de symptôme, avec l'emballage.

Troisième erreur, plus discrète : les friandises d'éducation. Un chiot en apprentissage en reçoit vite trente ou quarante par jour. Elles doivent rester sous 10 % de l'apport quotidien, et cette part se déduit de la ration. Le plus simple est de prélever une poignée de sa propre croquette le matin et de s'en servir comme récompense : la valeur de renforcement tient surtout à ce qu'elle arrive au bon moment, pas à ce qu'elle est.

Le rendez vous qui cadre tout

Les visites vaccinales des deux, trois et quatre mois sont l'occasion de faire peser le chiot par l'équipe vétérinaire et de comparer à la courbe de référence de sa race. C'est aussi là que se cale le protocole de vermifugation, plus fréquent chez le jeune que chez l'adulte, et qu'on repère les boiteries de croissance avant qu'elles ne s'installent. Trois quarts d'heure sur l'année, qui valent tous les comparatifs de sacs.

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