Découvrez tout sur le magnifique Husky de Sibérie et ses caractéristiques fascinantes
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Le Husky de Sibérie figure année après année parmi les races les plus représentées dans les refuges français, et la cause est presque toujours la même : il a été choisi pour ses yeux bleus par quelqu'un qui n'avait ni le temps ni le terrain pour un chien de traîneau. Voici ce qu'il faut savoir avant de signer, plutôt qu'après.
Un chien construit pour courir huit heures par jour
Les Tchouktches, peuple du nord-est sibérien, ont sélectionné ce chien pendant des siècles sur un seul critère : tirer une charge légère sur de longues distances par grand froid, en consommant peu. Pas la garde, pas la défense, pas la docilité. Cette histoire explique à peu près tout du Husky d'aujourd'hui, y compris ce qui agace ses propriétaires.
La race arrive en Alaska au début du XXᵉ siècle pour les courses de traîneau, et gagne sa réputation lors de la course au sérum de Nome, en janvier 1925, quand des attelages relaient sur plus de 1000 kilomètres pour acheminer un antitoxine diphtérique. Le chien de tête du dernier relais, Balto, a sa statue à Central Park. C'est une belle histoire de chien de travail, et c'est exactement le problème : on adopte un athlète d'endurance pour vivre dans 60 mètres carrés.
Les yeux vont du bleu glacier au brun foncé, parfois vairons, parfois partiellement bleus sur un même iris. Aucune de ces variantes n'indique quoi que ce soit sur la santé ou le caractère, contrairement à une légende tenace. La robe se décline du noir et blanc au gris loup, au rouge cuivré, jusqu'au blanc pur.
Le besoin d'exercice, chiffré
Une heure de promenade en laisse ne suffit pas. Un Husky adulte en bonne santé demande deux heures d'activité quotidienne, dont au moins une en dépense réelle : course, canicross, vélo, traction, longue randonnée. En dessous, le chien s'invente des occupations, et ses occupations sont le creusement du jardin, la destruction du canapé et un hurlement modulé que vos voisins connaîtront vite.
L'été complique les choses. Ce chien travaille bien à moins de 10 degrés et supporte mal les sorties intenses au dessus de 20. Dans le sud de la France, cela signifie sortir à six heures du matin et à vingt et une heures, de juin à septembre, tous les jours, sans exception. Beaucoup d'adoptants n'avaient pas anticipé ce détail.
Sur ce point, le discours commercial de certains vendeurs ne tient pas. On vous dira qu'avec un bon travail de rappel dès le chiot, tout se règle. Quelques Huskies deviennent effectivement fiables, la majorité non, et le pari se solde par un chien écrasé sur une départementale. La longe de 10 mètres est la réponse raisonnable.
Caractère : sociable, bruyant, indifférent aux ordres
C'est un chien remarquablement doux avec les humains, y compris avec les enfants qu'il tolère très bien à condition d'être respecté. Il accueille les inconnus avec enthousiasme, ce qui en fait un chien de garde catastrophique : il montrera volontiers à un cambrioleur où se trouve la télévision. Si vous cherchez un gardien, regardez une autre race.
Avec les autres chiens il s'entend en général bien, la vie en attelage l'ayant habitué au groupe. Avec les chats, les poules et les lapins, la prudence s'impose : l'instinct de chasse est marqué, et une cohabitation qui semble acquise peut basculer en une seconde. Les refuges ont des dossiers entiers sur ce sujet.
Il aboie peu et hurle beaucoup. Le hurlement, hérité du travail en meute, porte à plusieurs centaines de mètres. En maison individuelle c'est gérable, en appartement mitoyen cela devient une affaire de voisinage en quelques semaines.
Alimentation : ce qui est vrai, ce qui est du marketing
Le Husky consomme étonnamment peu pour son format et son activité, une particularité métabolique héritée de la sélection sibérienne. Un adulte peu sportif prend du poids très facilement, et un Husky en surpoids est un Husky dont les hanches vont souffrir. Pesez la ration, ne remplissez pas la gamelle à vue.
Une croquette de qualité avec une source de protéines animales identifiée en tête de liste, et des acides gras oméga-3 pour la peau et le poil, couvre ses besoins. En revanche, l'idée qu'un chien nordique aurait besoin d'une alimentation sans céréales est un argument de vente, pas une donnée scientifique : les autorités sanitaires américaines ont au contraire ouvert en 2018 une enquête sur un lien possible entre certaines rations sans céréales et des cardiomyopathies chez le chien. Le choix d'une gamme se discute avec votre vétérinaire, en fonction de l'âge et de l'activité réelle de l'animal.
Ne pas confondre avec ses cousins
Le Malamute d'Alaska est plus lourd, 34 à 39 kg, bâti pour tracter des charges lourdes lentement plutôt que pour la vitesse. L'Alaskan Klee Kai n'est pas un Husky miniature mais une race distincte développée aux États-Unis à partir des années 1970, plus réservée envers les étrangers. Le Pomsky est un croisement entre Husky et Spitz nain, sans standard reconnu, dont la taille adulte reste imprévisible d'un chiot à l'autre.
Un dernier mot sur le prix. Un chiot de lignée déclarée coûte en général entre 900 et 1500 euros, et l'adoption d'un adulte en refuge revient à quelques centaines d'euros frais vétérinaires inclus. Le second choix mérite d'être considéré sérieusement : les Huskies de deux ou trois ans rendus par des familles dépassées sont nombreux, leur caractère est déjà connu, et l'association vous dira franchement si le chien supporte les chats ou la solitude. C'est plus honnête qu'une portée photographiée dans la neige.
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