Les caractéristiques fascinantes du Saint-Bernard, la race de chien connue pour son intelligence et sa loyauté

découvrez les caractéristiques fascinantes du saint-bernard, une race de chien exceptionnelle reconnue pour son intelligence, sa loyauté et sa personnalité attachante. apprenez tout sur son histoire, son comportement et pourquoi il est le compagnon idéal pour les familles.
Sommaire5 sections
  1. 01La loyauté, oui. L'intelligence, ça dépend de ce qu'on appelle intelligence
  2. 02Les problèmes de santé propres au gabarit
  3. 03Poil long ou poil court, et la question de la bave
  4. 04Barry, le col et le mythe du tonneau
  5. 05Faut-il en prendre un

Un Saint-Bernard mâle adulte pèse entre 70 et 90 kilos, vit huit à dix ans en moyenne et bave abondamment : ces trois chiffres décident de l'adoption bien avant le tempérament, qui est effectivement doux. Voici ce que coûte, concrètement, un chien de cette taille.

La loyauté, oui. L'intelligence, ça dépend de ce qu'on appelle intelligence

Saint-Bernard adulte au pelage roux et blanc, assis dans l'herbe

Le Saint-Bernard n'est pas un champion d'obéissance. Dans les classements de docilité au travail établis par le psychologue canadien Stanley Coren, il se situe dans la moitié basse, loin derrière le border collie ou le berger allemand. Ce n'est pas un défaut de compréhension : c'est un chien lent à exécuter, qui réfléchit avant d'obéir et qui n'a aucun goût pour la répétition. Demandez-lui vingt fois « assis » dans un cours d'éducation, il décrochera au sixième.

Son intelligence est ailleurs. Elle est situationnelle, tournée vers la lecture des gens. Un Saint-Bernard repère une tension dans une pièce, distingue un enfant qui joue d'un enfant qui pleure, et adapte son comportement sans qu'on lui ait rien appris. C'est un chien qui s'attache à un foyer plutôt qu'à une personne, et qui supporte mal d'être laissé seul de longues journées.

La croissance est la période la plus délicate. Un chiot Saint-Bernard passe de 700 grammes à la naissance à plus de 60 kilos en dix-huit mois. Ses cartilages travaillent en permanence. Pendant cette phase, les escaliers, les sauts depuis le coffre de la voiture et les jeux de traction sont à limiter, et l'alimentation doit rester calibrée pour grande race : un chiot qui grossit trop vite paye ses articulations plus tard.

Les problèmes de santé propres au gabarit

Trois sujets reviennent chez cette race, et il vaut mieux les connaître avant l'achat qu'après.

La dysplasie de la hanche et du coude d'abord. Les éleveurs sérieux font radiographier leurs reproducteurs et communiquent les résultats : demandez-les, ils existent. Un éleveur qui esquive la question sur les hanches est une réponse en soi.

Les affections oculaires ensuite. L'ectropion, cette paupière inférieure qui pend et laisse l'oeil exposé, est fréquent chez les sujets à tête très lourde. Il provoque des conjonctivites à répétition et se corrige parfois chirurgicalement.

La dilatation torsion de l'estomac enfin. C'est l'urgence absolue chez les grandes races à poitrine profonde. Un chien qui tente de vomir sans rien produire, dont l'abdomen se tend et qui salive en excès, doit partir chez le vétérinaire dans l'heure. Ce n'est pas une situation où l'on attend le lendemain matin.

La chaleur est l'autre point faible. Un chien de 80 kilos avec une double fourrure et un museau relativement court se refroidit mal. Au-delà de 25 degrés, les sorties se déplacent tôt le matin et tard le soir, et le chien reste sur du carrelage frais le reste du temps. Les coups de chaleur chez cette race sont fréquents et graves.

Poil long ou poil court, et la question de la bave

Deux variétés coexistent. Le poil court perd ses poils toute l'année de façon diffuse, le poil long fait deux mues massives au printemps et à l'automne. Dans les deux cas, un brossage hebdomadaire suffit hors période de mue, deux à trois fois par semaine pendant. Les zones à surveiller sont l'arrière des oreilles, la culotte et la collerette, où les noeuds se forment.

La bave, elle, n'est pas négociable. Les babines lâches retiennent la salive et la libèrent au moindre mouvement de tête. Il y en aura sur les murs à hauteur d'un mètre, sur les vêtements et dans la voiture. Les propriétaires de longue date gardent une serviette accrochée près de la porte et une autre dans le coffre. Ceux qui découvrent ça après l'adoption sont ceux qu'on retrouve en refuge trois mois plus tard.

Barry, le col et le mythe du tonneau

La race vient de l'hospice du Grand-Saint-Bernard, à 2 473 mètres d'altitude entre le Valais suisse et le val d'Aoste. Les chanoines y ont élevé des chiens dès le XVIIe siècle, d'abord comme gardiens, ensuite comme accompagnateurs des voyageurs sur le col enneigé. Leur vrai talent était d'ouvrir la trace dans la poudreuse et de retrouver un chemin invisible dans le brouillard.

Barry, mort en 1814, est crédité d'une quarantaine de sauvetages. Sa dépouille naturalisée est visible au musée d'histoire naturelle de Berne. Quant au petit tonneau de rhum accroché au cou, il n'a jamais existé : c'est une invention du peintre anglais Edwin Landseer, en 1820. Donner de l'alcool à quelqu'un en hypothermie aggrave d'ailleurs la situation en dilatant les vaisseaux périphériques.

L'élevage de l'hospice a été transféré en 2005 à la Fondation Barry, installée à Martigny. Les chiens actuels ne travaillent plus en sauvetage, remplacés depuis les années 1970 par l'hélicoptère et le chien d'avalanche de type berger belge, plus léger et plus rapide à héliporter.

Faut-il en prendre un

Oui si vous avez un jardin clos, du temps devant vous, une voiture où le chien tient, et un budget qui absorbe une consultation vétérinaire de grande race et une assurance santé animale. Oui si l'idée d'un chien calme à la maison, qui dort quinze heures par jour et vous suit de pièce en pièce, correspond à ce que vous cherchez.

Non si vous vivez en appartement au troisième sans ascenseur, non si vous partez neuf heures par jour, non si vous voulez un compagnon de course à pied. Et non si la perspective de porter un chien de 80 kilos chez le vétérinaire, un jour, parce qu'il ne se lève plus, vous paraît abstraite. Elle ne le restera pas.

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