Guide essentiel pour une alimentation saine de votre chat
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Un chat en bonne santé boit peu, et c'est son principal problème alimentaire. Descendant d'un carnivore du désert, il tire normalement l'eau de ses proies : nourri exclusivement aux croquettes, il vit toute sa vie en légère sous-hydratation, ce qui explique une bonne part des maladies urinaires et rénales du chat domestique.
Un carnivore strict, pas un petit chien
Le chat ne sait pas fabriquer certains nutriments que le chien produit lui-même. La taurine en est l'exemple le plus parlant : cet acide aminé ne se trouve que dans les tissus animaux, et une carence prolongée provoque une cardiomyopathie dilatée et une dégénérescence de la rétine, deux atteintes irréversibles. Même logique pour la vitamine A, que le chat ne sait pas fabriquer à partir du bêta-carotène des végétaux, et pour l'acide arachidonique, absent des huiles végétales.
Conséquence pratique : un aliment complet du commerce mentionnant la norme FEDIAF ou AAFCO couvre ces apports, une gamelle improvisée à base de riz, de légumes ou de restes ne les couvre pas. Les rations ménagères pour chat existent, mais elles se calculent avec un vétérinaire nutritionniste et se complémentent. Un régime végétarien pour chat, lui, n'a rien d'un choix éthique neutre : il expose l'animal à des carences documentées.
Humide, sec, ou les deux
Les croquettes contiennent environ 8 % d'eau, les pâtés et sachets entre 75 et 82 %. Un chat nourri exclusivement au sec produit des urines plus concentrées, terrain classique des cristaux et des bouchons urétraux. Chez un mâle stérilisé, en surpoids et vivant en appartement, ce cumul de facteurs suffit à transformer une gêne en urgence chirurgicale.
L'arbitrage raisonnable n'est pas de bannir le sec, plus pratique et moins cher, mais de garantir au moins un repas humide par jour. Beaucoup de vétérinaires vont plus loin et recommandent une majorité d'humide pour les chats d'intérieur et les seniors. Pour l'hydratation, une fontaine change souvent les choses : l'eau courante attire davantage, et deux ou trois points d'eau éloignés de la litière et de la gamelle valent mieux qu'un seul bol posé à côté du repas.
Ce qui change avec l'âge
Le chaton double ses besoins énergétiques rapportés au poids par rapport à un adulte, et réclame un aliment croissance jusqu'à environ douze mois, en libre service ou en quatre repas. Le chat adulte, entre un et sept ans, se stabilise : c'est la période où le surpoids s'installe sans bruit, souvent dans les deux ans qui suivent la stérilisation, avec des besoins qui baissent d'environ un quart quand l'appétit, lui, ne baisse pas.
Après dix ans, le mouvement s'inverse. Le chat âgé digère moins bien les protéines et perd de la masse musculaire : lui servir un aliment allégé par principe est une fausse bonne idée. C'est aussi l'âge où une perte de poids progressive avec un appétit conservé doit faire consulter, l'hyperthyroïdie et l'insuffisance rénale chronique étant fréquentes dans cette tranche d'âge.
Les aliments à ne jamais donner
Cette liste ne se devine pas, elle se retient. Le chocolat, par la théobromine. L'oignon, l'échalote, l'ail et la ciboule, crus, cuits ou en poudre, qui détruisent les globules rouges du chat à faible dose. Le raisin frais et sec, associé à des atteintes rénales aiguës. Le xylitol, édulcorant des chewing-gums et de certaines pâtisseries sans sucre. L'alcool et la caféine. Le lait de vache, qui ne tue pas mais provoque des diarrhées chez la plupart des chats adultes, intolérants au lactose.
Un cas particulier mérite d'être connu des propriétaires de chats : le lys. Toutes les parties de la plante, y compris le pollen déposé sur le pelage et léché ensuite, provoquent une insuffisance rénale aiguë chez le chat. Un bouquet offert peut suffire. Si votre chat vit à l'intérieur, aucun lys n'entre dans la maison, et un contact suspect se traite en urgence, pas le lendemain matin.
Quand le vétérinaire tranche
Les aliments dits thérapeutiques, pour calculs urinaires, insuffisance rénale, diabète ou allergie, ne s'achètent pas au feeling. Certains modifient le pH urinaire et peuvent aggraver la situation s'ils visent le mauvais type de cristal. De même, un chat qui cesse de manger plus de 48 heures est en danger réel : le jeûne du chat déclenche une lipidose hépatique, une surcharge du foie qui se soigne difficilement. Une anorexie de deux jours chez un chat, même sans autre signe, justifie un rendez-vous.
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