Conseils pour une alimentation adaptée du Labrador : comment bien nourrir son chien ?
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Si votre Labrador semble affamé en permanence, ce n'est pas un défaut d'éducation : environ un quart des Labradors portent une délétion du gène POMC qui dérègle le signal de satiété. On ne corrige pas ça avec de la fermeté. On le gère avec une méthode, et voici laquelle.
Un appétit qui a une explication génétique
Des travaux publiés en 2016 par une équipe de l'université de Cambridge ont identifié une délétion dans le gène POMC chez une part importante des Labradors et des Flat coated retrievers. Les chiens porteurs ressentent moins bien la satiété et pèsent en moyenne plus lourd que leurs congénères. La mutation est d'ailleurs surreprésentée chez les Labradors sélectionnés comme chiens d'assistance, sans doute parce qu'un chien très motivé par la nourriture apprend vite.
Concrètement, votre chien ne vous ment pas quand il réclame vingt minutes après avoir mangé. Il a vraiment faim. La conséquence pratique est simple : chez cette race, la régulation ne viendra jamais du chien, elle doit venir de vous.
Les rations selon l'âge, sans approximation
Un chiot Labrador de 2 à 4 mois mange 3 à 4 repas par jour, avec une croquette formulée pour chiots de grande race : leur taux de calcium est volontairement contenu, car un excès accélère la croissance osseuse et aggrave le risque de dysplasie. De 4 à 6 mois, on passe à trois repas. À partir de 6 mois, deux repas par jour, et on garde ce rythme toute la vie.
Chez l'adulte, la fourchette courante tourne autour de 300 à 400 g par jour pour un chien de 28 à 32 kilos, selon la densité de la croquette et l'activité réelle. Un Labrador qui sort deux heures par jour et un Labrador d'appartement qui marche vingt minutes n'ont pas la même dépense : l'écart peut atteindre 30 %.
Chez le senior, à partir de 7 à 8 ans, la masse musculaire baisse et l'apport protéique doit rester élevé, contrairement à une idée ancienne. Ce sont les calories qu'on réduit, pas les protéines.
Rassasier sans ajouter de calories
C'est là que se joue la paix domestique. Trois leviers marchent bien chez cette race.
D'abord le volume : les croquettes « light » ou « satiété » contiennent plus de fibres, donc remplissent l'estomac pour moins de calories. Ensuite le temps : un tapis de léchage, une gamelle à picots ou un jouet distributeur transforment trois minutes d'ingestion en quinze minutes d'activité, et un chien qui a travaillé pour son repas réclame moins ensuite. Enfin les légumes croquants en guise d'en cas : une rondelle de courgette crue, un bâtonnet de haricot vert cuit à l'eau, quelques dés de carotte apportent presque rien en calories et occupent la mâchoire.
Les friandises du commerce, elles, comptent. Elles ne devraient pas dépasser 10 % de l'apport calorique quotidien, et ce qu'elles représentent se déduit de la ration de croquettes du soir. Sinon, on additionne.
Les aliments qu'un Labrador ne doit jamais avoir
Le chien de cette race avale avant de goûter, ce qui rend la vigilance plus utile encore. La liste qui compte vraiment :
- Le xylitol, édulcorant des chewing gums sans sucre, de certaines pâtisseries allégées et de beurres de cacahuète industriels. C'est le plus dangereux de tous : il provoque une chute brutale de la glycémie et peut détruire le foie. Quelques grammes suffisent.
- Le chocolat, d'autant plus toxique qu'il est noir et riche en cacao. La théobromine provoque agitation, vomissements et troubles du rythme cardiaque.
- L'oignon, l'ail, l'échalote et le poireau, crus, cuits ou en poudre, qui détruisent les globules rouges. Le bouillon de pot au feu et la sauce tomate du commerce en contiennent souvent.
- Le raisin frais et le raisin sec, dont quelques grains ont suffi à déclencher une insuffisance rénale chez certains chiens. Le seuil individuel est imprévisible.
- Les os cuits, qui se fendent en esquilles et peuvent perforer le tube digestif.
L'avocat est souvent cité dans ces listes. La persine qu'il contient pose surtout problème aux oiseaux et aux rongeurs ; chez le chien, le vrai danger vient du noyau, qui bloque l'intestin, et de la richesse en gras du fruit, qui peut déclencher une pancréatite.
Pour le reste, une visite annuelle chez le vétérinaire avec pesée suffit à corriger la trajectoire avant qu'elle ne devienne un problème articulaire. Chez un Labrador, la courbe de poids est le meilleur indicateur de santé que vous puissiez tenir, et elle ne coûte rien.
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