Le Beauceron : tout ce qu'il faut savoir sur cette race de chien rustique

découvrez le beauceron, un chien rustique et polyvalent. apprenez tout sur ses caractéristiques, son tempérament et ses besoins pour offrir à ce compagnon loyal la meilleure vie possible. idéal pour les familles et les amateurs d'activités en plein air.
Sommaire5 sections
  1. 01Un chien de plaine, pas un chien de salon
  2. 02Le tempérament, sans enjoliver
  3. 03Éduquer un Bas Rouge
  4. 04Entretien et points de vigilance santé
  5. 05Où trouver un chiot et à quel prix

Le Beauceron réclame environ deux heures de votre temps par jour, tous les jours, pendant douze ans. Cette phrase résume mieux la race que n'importe quel portrait flatteur : c'est un chien de travail français de quarante kilos, lucide et têtu, qui va très mal quand on ne lui donne rien à faire.

Il figure pourtant sur beaucoup de listes de chiens de famille, et ce n'est pas usurpé : bien mené, c'est un compagnon d'une fiabilité remarquable, doux avec les enfants de sa maison, capable de passer une soirée entière couché sans bouger. Le malentendu tient à ce qui se passe avant cette soirée. Un Beauceron qui a couru, travaillé, réfléchi, est un chien calme. Un Beauceron qui a fait le tour du pâté de maisons est un chien qui ronge les plinthes et aboie sur tout ce qui passe.

Un chien de plaine, pas un chien de salon

Beauceron noir et feu debout de profil dans un champ, oreilles naturelles

Le Berger de Beauce, surnommé Bas Rouge à cause des marques fauves de ses membres, descend des chiens de ferme du nord de la France. Il apparaît sous ce nom lors d'une exposition canine en 1863 à Paris, quand le vétérinaire Pierre Mégnin sépare les bergers à poil court, les Beaucerons, des bergers à poil long, les Briards. Le standard est fixé en 1896 et le Club des Amis du Beauceron voit le jour en 1922.

Son métier d'origine explique presque tout son caractère. Il ne rassemblait pas le troupeau en tournant autour, comme un border collie : il conduisait de grands troupeaux de moutons sur les chemins de la Beauce, en marchant devant, en décidant seul, en tenant les bêtes par la seule autorité de sa présence. L'armée française l'a ensuite employé massivement comme estafette et chien de liaison pendant la Première Guerre mondiale, puis en détection. On ne retire pas d'un coup de baguette cent cinquante ans de sélection sur l'initiative et la résistance.

Le tempérament, sans enjoliver

Le Beauceron est attaché à sa famille jusqu'à l'exclusivité, réservé avec les inconnus, et il annonce. Ce n'est pas un chien qui mord facilement, c'est un chien qui se place entre vous et ce qu'il ne connaît pas, puis qui attend votre réaction. D'où l'importance de la socialisation : un chiot qui a croisé, avant six mois, des enfants, des cyclistes, des livreurs, des trains et d'autres chiens devient un adulte sûr de lui. Un chiot resté au jardin devient un adulte qui aboie sur le facteur pendant douze ans.

L'intelligence de la race est réelle et elle coûte cher au maître approximatif. Il repère en trois répétitions quelle consigne est négociable. Une règle appliquée un jour sur deux n'existe pas pour lui. Sur ce point, le discours sur l'autorité naturelle du maître me paraît à côté de la plaque : ce dont ce chien a besoin, c'est de constance avant tout.

Éduquer un Bas Rouge

La récompense fonctionne, la contrainte se retourne contre vous. Un Beauceron corrigé durement ne devient pas obéissant, il devient méfiant, et la méfiance chez un chien de quarante kilos n'est pas un problème théorique. Le renforcement positif, friandise ou jeu selon ce qui le motive, donne des résultats plus rapides et surtout plus stables.

Trois chantiers méritent d'être attaqués tôt. La marche en laisse, parce qu'un adulte qui tire vous emmène où il veut. Le rappel, travaillé en longe de dix mètres avant toute liberté, parce que son instinct de poursuite s'allume sur un lapin ou un joggeur. Et le contrôle de la mâchoire chez le chiot, qui mordille fort et sans malice.

Comptez sur une adolescence longue et pénible, entre huit mois et deux ans, pendant laquelle tout ce que vous croyiez acquis semble disparaître. Ça revient. La maturité complète arrive tard, souvent vers trois ans, et c'est à ce moment que la race donne sa pleine mesure.

Entretien et points de vigilance santé

Le poil court et dense se contente d'un brossage hebdomadaire, à passer deux à trois fois par semaine au printemps et à l'automne, quand il perd le sous-poil en quantité. Il ne craint ni la pluie ni le froid, sa robe est faite pour ça. Vérifiez les oreilles après les sorties en forêt et surveillez les coussinets l'été sur le bitume.

Comme la plupart des grandes races, il est prédisposé à la dysplasie de la hanche et du coude. Les élevages sérieux radiographient leurs reproducteurs et vous montrent les résultats : demandez-les, c'est votre meilleure assurance. La race compte aussi des atteintes oculaires héréditaires dépistables et une sensibilité à la torsion d'estomac liée à son thorax profond.

Sur ce dernier point, un réflexe à connaître. Un chien qui, une à deux heures après le repas, a le ventre tendu, tente de vomir sans rien sortir, bave et s'agite, relève d'une urgence vétérinaire immédiate. On appelle la clinique et on part, sans attendre le lendemain et sans rien lui donner à boire ni à manger. Pour le reste, ne traitez jamais votre chien avec un médicament de votre armoire à pharmacie : plusieurs antidouleurs humains courants provoquent chez le chien des lésions graves du rein et de l'estomac. C'est le vétérinaire qui prescrit, y compris pour les vermifuges et les antiparasitaires.

Où trouver un chiot et à quel prix

Un chiot de Beauceron inscrit au LOF se négocie généralement entre 900 et 1500 euros selon l'élevage et la lignée. Le prix d'achat est la plus petite ligne du budget : nourriture d'un chien de quarante kilos, vaccins, antiparasitaires, assurance santé et cours d'éducation pèsent bien davantage sur douze ans. Visitez l'élevage, voyez la mère, demandez les dépistages et refusez tout intermédiaire qui vous propose une livraison sur un parking. Les refuges accueillent aussi des Beaucerons adultes, souvent abandonnés à deux ans par des maîtres qui n'avaient pas mesuré la dépense. Ce sont parfois de très bons chiens qui n'attendaient qu'un cadre.

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