Le Berger Australien : Faut-il dire non à cette race de chien ?
Sommaire5 sections
La réponse franche tient en une phrase : dire non au Berger Australien, oui, si vous ne pouvez pas lui donner une heure et demie d'activité par jour et un travail pour sa tête. Ce chien n'est pas difficile, il est exigeant, et la plupart des abandons de la race tiennent à ce malentendu plutôt qu'à un problème de caractère.
D'où vient l'engouement, et pourquoi il se retourne
L'Australian Shepherd a explosé dans les inscriptions au Livre des origines françaises dans les années 2010 pour devenir l'une des races les plus enregistrées du pays. Le pelage merle, les yeux clairs et les vidéos de chiens qui rattrapent un frisbee à trois mètres du sol ont fait le reste. Le problème est que ces vidéos montrent un chien travaillé quotidiennement par quelqu'un qui y consacre du temps, pas un chien qui attend sur un canapé entre 8 h et 19 h.
Ce qui se passe quand un Berger Australien s'ennuie
Ce chien vient d'une lignée de conduite de troupeau développée aux États-Unis, sélectionnée pour courir, anticiper et décider seule. Les signes d'ennui arrivent dans un ordre reconnaissable. D'abord une agitation en fin de journée, le chien qui tourne, qui réclame, qui apporte des objets sans arrêt. Ensuite les vocalises, souvent vers 17 h ou 18 h. Puis le mordillement de plinthes, de pieds de chaise ou de télécommandes. Enfin, chez certains sujets, la poursuite compulsive de ce qui bouge : vélos, joggeurs, aspirateur, ombres sur le mur.
Deux points de santé que les annonces ne mentionnent jamais
La race porte deux particularités génétiques qui pèsent lourd dans un choix d'élevage et que vous devez vérifier avant d'acheter un chiot.
La première est la mutation du gène MDR1, fréquente chez les bergers d'origine britannique et américaine. Les chiens porteurs métabolisent mal certaines molécules courantes, notamment des antiparasitaires de la famille des lactones macrocycliques et quelques anesthésiques. Un chien atteint peut réagir gravement à un produit parfaitement banal pour un autre chien. Le test génétique existe, il coûte quelques dizaines d'euros, et le résultat doit être communiqué à votre vétérinaire avant tout traitement ou toute chirurgie. Ne modifiez jamais vous-même un dosage sur cette base : c'est le vétérinaire qui choisit la molécule en conséquence.
La seconde concerne la robe merle. Le croisement de deux chiens merle donne statistiquement un quart de chiots double merle, souvent blancs, fréquemment sourds, malvoyants ou aveugles, parfois les deux. Cet accouplement est proscrit par les éleveurs sérieux. Si une portée est annoncée avec les deux parents merle, passez votre chemin.
Appartement, travail, enfants : les situations concrètes
Vivre en appartement avec un Berger Australien est possible, mais la marge d'erreur est nulle : il faut sortir trois fois par jour, dont une vraie sortie longue, et occuper la tête du chien à l'intérieur. Un jardin ne règle rien à lui seul, un chien laissé seul dans un jardin ne se dépense pas, il patrouille et il aboie.
Le vrai facteur limitant est l'absence. Huit à dix heures de solitude par jour, tous les jours, conviennent mal à cette race, qui développe volontiers de l'anxiété de séparation. Si personne ne rentre à midi et qu'aucune solution de garde n'est envisageable, choisissez un autre chien plutôt que d'espérer que celui-ci s'habitue.
Avec les enfants, l'entente est généralement bonne, à condition d'encadrer les courses-poursuites et d'apprendre aux plus jeunes à laisser le chien tranquille quand il dort.
Si la réponse est non, vers quoi se tourner
Renoncer au Berger Australien ne veut pas dire renoncer à un chien vif. Quelques pistes, avec leurs différences réelles.
- Shetland Sheepdog : même intelligence, même goût du travail, format de 6 à 12 kg et besoin de dépense sensiblement inférieur. Il aboie beaucoup, c'est son défaut.
- Cavalier King Charles : compagnon d'intérieur qui se contente de deux bonnes promenades. Surveillez les lignées côté cardiaque, la race est connue pour ses problèmes de valve mitrale.
- Golden Retriever ou Labrador : actifs mais nettement plus tolérants à une journée calme, et plus faciles à laisser seuls.
- Border Collie : à éviter si le Berger Australien vous semblait déjà trop demandeur, il l'est davantage.
La race n'est ni surcotée ni à fuir. Elle est mal distribuée : trop de chiens chez des gens qui voulaient un beau chien, pas assez chez ceux qui voulaient un partenaire d'activité. Se poser la question du non, honnêtement, avant de signer, c'est ce qui évite le refuge à dix-huit mois.
Résumer cet article avec :
Partager :
