Les bienfaits de la bétadine pour la santé de votre chien
Sommaire4 sections
La bétadine soigne bien les petites plaies d'un chien, à trois conditions que presque personne ne respecte : prendre le bon flacon parmi les quatre qui portent ce nom, la diluer au lieu de l'appliquer pure, et savoir reconnaître les plaies qu'elle ne doit jamais toucher. Le reste, c'est du confort de trousse à pharmacie.
Le nom commercial recouvre en réalité une famille de produits qui n'ont ni la même concentration ni le même usage. Dans une armoire de salle de bains française, on trouve couramment la solution dermique jaune-brun, la solution moussante dite scrub, la solution alcoolique jaune orangé et le flacon de gargarisme pour la gorge. Une seule de ces quatre est faite pour être laissée sur une plaie de chien, et c'est la solution dermique.
Pourquoi on la dilue, alors qu'elle a l'air plus efficace pure
C'est le point le plus contre-intuitif du sujet. La povidone iodée à 10 %, celle du flacon tel qu'il sort de la boîte, tue effectivement les germes, mais elle abîme aussi les cellules chargées de refermer la plaie. Appliquée pure et répétée, elle retarde la cicatrisation au lieu de l'accélérer. Les praticiens travaillent donc avec une solution très diluée dans du sérum physiologique ou de l'eau stérile, jusqu'à obtenir une teinte de thé léger. C'est cette dilution qui garde le pouvoir antiseptique tout en laissant la peau se réparer.
Demandez à votre vétérinaire la dilution qu'il recommande pour votre chien et notez-la sur le flacon au marqueur. Les proportions et la fréquence dépendent de la plaie, de sa profondeur et de son ancienneté, et ce n'est pas une information qui se recopie d'un article à l'autre.
Les plaies qui ne relèvent pas de la trousse à pharmacie
Une éraflure de ronce sur le flanc, un coussinet légèrement entamé, une petite coupure superficielle qui saigne peu : ce sont les cas où un nettoyage soigneux et un antiseptique dilué suffisent, avec une surveillance sur deux ou trois jours. Tout le reste part chez le vétérinaire, et il vaut mieux se déplacer pour rien qu'attendre.
Une morsure, par exemple, ne se traite pas à la maison. Les crocs ouvrent un trou minuscule en surface mais décollent les tissus en profondeur et y injectent des bactéries : ces plaies s'infectent presque toujours, et le petit point sur la peau ne dit rien de l'étendue des dégâts. Même chose pour une plaie qui saigne en jet, une plaie qui laisse voir du gras, du muscle ou de l'os, une plaie plus longue qu'un centimètre ou deux qui aurait besoin de points, et toute plaie au niveau de l'œil, de l'oreille interne, de la bouche ou de l'abdomen.
Les situations où l'iode pose problème
La povidone iodée passe en partie à travers la peau lésée, et l'iode absorbé agit sur la thyroïde. Sur une éraflure traitée deux ou trois jours, c'est sans conséquence. Sur de grandes surfaces, en usage répété pendant des semaines, chez un chiot, chez une chienne gestante ou allaitante, ou chez un animal connu pour un trouble thyroïdien, la question se pose et se tranche avec le vétérinaire.
Le chat mérite une mention à part : il se lèche beaucoup plus, avale donc davantage de produit, et tolère mal les antiseptiques en général. Ne transposez pas sur un chat ce que vous faites sur un chien sans avoir posé la question.
Le léchage reste le grand saboteur, toutes espèces confondues. Un chien qui lèche sa plaie l'ouvre, y installe les bactéries de sa gueule et fait disparaître l'antiseptique en quelques minutes. La collerette n'est pas une punition, c'est la condition pour que le soin serve à quelque chose, et les modèles souples ou gonflables sont mieux acceptés que le cône rigide classique.
Ce qu'il y a dans une trousse qui sert vraiment
La solution dermique iodée y a sa place, dans un flacon fermé, conservé à l'abri de la lumière, et surveillé pour sa date de péremption : un produit ouvert depuis trois ans ne vaut plus grand-chose. Elle se trouve en pharmacie sans ordonnance, dans des formats de 125 à 500 millilitres, pour une somme modeste comparée au reste des dépenses d'un chien.
À côté, prévoyez des dosettes de sérum physiologique, des compresses stériles non tissées, une bande cohésive, une paire de ciseaux à bouts ronds, une pince à tiques et le numéro de la clinique de garde écrit sur le couvercle. La chlorhexidine, autre antiseptique courant en médecine vétérinaire, remplace parfois avantageusement l'iode selon les cas, et c'est encore une question à poser lors d'une consultation de routine plutôt qu'un soir d'urgence.
Résumer cet article avec :
Partager :
