Les bienfaits de la phytothérapie pour vos compagnons canins : un intérêt à explorer
Sommaire5 sections
La phytothérapie canine traîne une réputation flatteuse de douceur qui ne résiste pas à l'examen : une plante active est un médicament, avec une dose utile, une dose inutile et une dose qui empoisonne. Voilà le tri entre ce qui tient debout et ce qui met votre chien en danger.
Le raisonnement qu'on entend le plus souvent tient en une phrase : c'est naturel, donc c'est sans risque. Sur ce point, le calcul ne tient pas. La digitale, l'if et le ricin sont naturels. L'ail aussi, et il détruit les globules rouges du chien. La bonne question n'est pas naturel ou chimique, c'est : quelle plante, sous quelle forme, à quelle dose, et avec quel autre traitement en cours.
Ce que les plantes peuvent raisonnablement apporter
Le terrain où la phytothérapie vétérinaire est la plus défendable est celui du confort et de l'accompagnement : inconfort digestif passager, anxiété légère, soutien articulaire chez un chien âgé, appétit capricieux. Des préparations à base de valériane, de passiflore ou d'aubépine sont utilisées depuis longtemps en complément lors de stress prévisible, un déménagement ou un feu d'artifice par exemple. Le pissenlit et le chardon-marie figurent dans des formules de soutien hépatique et digestif, le curcuma dans des formules articulaires.
Ce qu'elles ne font pas : remplacer un antibiotique sur une infection, faire reculer une tumeur, dispenser d'un antiparasitaire. Un chien qui boîte depuis trois semaines, qui boit anormalement ou qui maigrit a besoin d'un examen clinique, pas d'une tisane.
Les huiles essentielles ne sont pas de la phytothérapie douce
C'est la confusion la plus répandue et la plus coûteuse. Une huile essentielle est un concentré, environ cent fois plus dosé que la plante dont elle est tirée. Les huiles riches en phénols ou en cétones, arbre à thé, thym à thymol, cannelle, girofle, menthe poivrée, provoquent chez le chien des atteintes hépatiques et nerveuses à des quantités très faibles, par ingestion comme par léchage du pelage.
Chez le chat, c'est pire : il lui manque une enzyme de détoxification hépatique, la glucuronyl transférase, ce qui rend l'arbre à thé dangereux à des doses minuscules. Si un chat vit dans la maison, l'usage d'huiles essentielles sur le chien, y compris en diffusion prolongée dans une pièce fermée, l'expose aussi.
Les plantes à écarter, et celles qu'on utilise mal
Quelques repères qui ne se négocient pas. L'ail et l'oignon, sous toutes leurs formes, y compris en poudre dans une préparation antipuces maison, provoquent une anémie hémolytique chez le chien et le chat. L'arnica s'emploie en application externe sur peau intacte, jamais par voie orale sous forme de plante ou de teinture, car elle est toxique ingérée. Le raisin et le chocolat n'ont rien à faire dans une préparation destinée à un chien, quel que soit le prétexte. Chez le chat, toutes les parties du lys, pollen et eau du vase compris, entraînent une insuffisance rénale grave.
Le millepertuis, présenté comme apaisant, est un inducteur enzymatique puissant : il diminue l'effet de nombreux médicaments et provoque une photosensibilisation. Le curcuma et le ginkgo ont une action sur la coagulation, ce qui pose problème avant une chirurgie ou chez un chien sous anti-inflammatoire.
Comment choisir un produit sans se faire avoir
Le marché du complément végétal pour animaux est peu contrôlé : un produit vendu comme complément alimentaire n'a pas à démontrer son efficacité, seulement son innocuité déclarée. Trois critères permettent de trier. La composition doit nommer chaque plante en latin, préciser la partie utilisée (racine, feuille, sommité fleurie) et donner une quantité par unité de prise, pas un pourcentage flou dans un mélange. Une étiquette qui écrit "extraits de plantes" sans plus de détail n'apprend rien.
Méfiez-vous ensuite des promesses larges. Un produit censé agir sur l'immunité, la digestion, les articulations, le pelage et le moral en même temps vise le portefeuille du propriétaire, pas un mécanisme précis. Enfin, l'interlocuteur compte : un vétérinaire formé en phytothérapie saura dire ce qui peut se combiner avec le traitement en cours, ce qu'un vendeur ne peut pas faire.
Et du côté du remboursement
Certaines assurances santé animale incluent les médecines complémentaires dans un forfait annuel, souvent plafonné à quelques dizaines d'euros et conditionné à une prescription vétérinaire. Le point à lire avant de signer : la phytothérapie est-elle nommée dans les garanties, ou seulement l'ostéopathie et l'homéopathie, et la prescription est-elle exigée. Les contrats diffèrent beaucoup sur ce détail, qui décide de tout au moment du remboursement.
Une préparation végétale bien choisie peut rendre le quotidien d'un chien plus confortable. Elle n'a jamais fait tomber une fièvre ni sauvé une torsion d'estomac, et la traiter comme une alternative à la consultation reste la façon la plus sûre de perdre du temps quand il en reste peu.
Résumer cet article avec :
Partager :
