Les différents types de vermifuges disponibles en pharmacie pour protéger la santé des poules
Sommaire5 sections
- 01La confusion qui traîne dans tous les forums de basse cour
- 02Ce que le pharmacien peut vous délivrer, et à quelles conditions
- 03Le temps d'attente pour les oeufs, le point que tout le monde oublie
- 04Compléments naturels : ce qu'ils font et ce qu'ils ne font pas
- 05Les signes qui doivent vous faire consulter
En France, aucun vermifuge réellement actif contre les vers des poules ne s'achète en pharmacie sans ordonnance : le flubendazole et le lévamisole sont des médicaments vétérinaires soumis à prescription, et le pharmacien les délivre sur présentation de celle-ci. Ce que l'on trouve en accès libre relève du complément alimentaire, et ne vermifuge pas.
La confusion qui traîne dans tous les forums de basse cour
Les articles qui listent côte à côte le lévamisole, la terre de diatomée et l'ail entretiennent une idée fausse : celle d'un continuum de produits allant du plus doux au plus fort, dans lequel on piocherait selon sa sensibilité. La réalité est plus tranchée. D'un côté des molécules antiparasitaires testées, dosées, avec une autorisation de mise sur le marché et un temps d'attente pour les oeufs. De l'autre des compléments qui soutiennent peut être la flore intestinale, mais dont aucun essai sérieux n'a montré qu'ils réduisaient la charge en ascaris ou en capillaires.
Autant le dire franchement : si vos poules sont infestées, les granulés à base de plantes ne les débarrasseront pas des vers. Ils peuvent tout au plus accompagner un troupeau sain.
Chacune réagit à des molécules différentes, ce qui explique qu'un produit efficace sur l'un laisse l'autre tranquille.
Ce que le pharmacien peut vous délivrer, et à quelles conditions
Les principales spécialités disponibles en France pour la volaille reposent sur deux familles actives. Les benzimidazoles, dont le flubendazole, se présentent en prémélange à incorporer à l'aliment sur plusieurs jours consécutifs. Le lévamisole se donne plutôt en solution buvable diluée dans l'eau de boisson, sur une durée courte. Certaines spécialités associent un actif contre les vers ronds à un actif contre les ténias.
Les noms commerciaux changent au fil des autorisations, et la prescription dépend de l'espèce, de l'âge, du poids et de l'usage des oeufs. C'est exactement pour cette raison que vous ne trouverez ici ni dose, ni durée, ni équivalence entre produits. Votre vétérinaire rural, ou le vétérinaire d'un cabinet qui suit des animaux de rente, établit l'ordonnance après avoir su combien vous avez de poules, de quel âge, et si vous mangez les oeufs.
Le temps d'attente pour les oeufs, le point que tout le monde oublie
Chaque médicament vétérinaire porte un temps d'attente : le nombre de jours pendant lesquels les oeufs pondus ne doivent pas être consommés après la fin du traitement. Il figure sur la notice et sur l'ordonnance, il varie de zéro à plusieurs jours selon la spécialité, et il ne se déduit pas d'un produit à l'autre. Notez la date de fin de traitement sur le poulailler, au feutre, et jetez les oeufs de la période. C'est contrariant, c'est aussi la seule façon de traiter sans s'empoisonner soi même.
Compléments naturels : ce qu'ils font et ce qu'ils ne font pas
La terre de diatomée est une poudre de squelettes d'algues fossiles qui agit mécaniquement, par abrasion, sur les parasites externes. Saupoudrée dans le bac à poussière et dans les fentes du perchoir, elle donne des résultats corrects contre les poux rouges quand elle est sèche. Incorporée à l'aliment contre les vers intestinaux, son efficacité n'est pas démontrée. Attention d'ailleurs à la manipulation : la poudre en suspension irrite les voies respiratoires, celles des poules comme les vôtres. Portez un masque, appliquez sans nuage, et choisissez une qualité alimentaire non calcinée.
L'ail se donne couramment aux poules et ne présente pas la toxicité qu'il a chez le chien et le chat, mais aucune étude ne lui reconnaît un effet vermifuge chiffré. Les granulés de plantes du commerce se rangent dans la même case : un complément, pas un traitement. Mis dans l'eau de boisson, ils ne remplacent jamais une ordonnance.
Les signes qui doivent vous faire consulter
Amaigrissement avec un bréchet devenu saillant alors que la poule mange, plumage terne, crête pâle qui vire du rouge au rose, diarrhée persistante, chute de ponte inexpliquée, ou une poule qui étire le cou et bâille à répétition : ce sont des motifs de consultation, pas d'automédication. Une coproscopie sur un échantillon de fientes prélevées trois jours de suite coûte une vingtaine d'euros et dit lequel des parasites est en cause. Traiter à l'aveugle revient souvent à traiter à côté.
Résumer cet article avec :
Partager :
