Maîtriser le poids de votre Yorkshire : tout ce que vous devez savoir
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Sur un Yorkshire de 2,8 kg, 300 grammes de trop représentent plus de 10 % du poids de corps : l'équivalent de 8 kilos chez un adulte de 75 kilos, gagnés sans que personne ne voie rien sous les poils longs.
C'est tout le problème de cette race. Le Yorkshire porte une robe qui tombe et masque la silhouette, il pèse trop peu pour qu'une balance de salle de bain donne un chiffre fiable, et il vit entouré de gens qui lui glissent des bouts de fromage parce qu'il est petit. Résultat : le surpoids s'installe par paliers de 100 grammes, et se découvre chez le vétérinaire deux ans plus tard. La parade tient en une balance de cuisine et un carnet.
Le poids de référence, et ce qu'il vaut vraiment
Le standard de la race fixe un poids maximal de 3,1 kg. La plupart des Yorkshires de compagnie tournent entre 2 et 3,5 kg, et beaucoup de sujets issus d'élevages familiaux dépassent le standard sans être malades pour autant : un chien charpenté à 3,8 kg avec une taille marquée est en meilleure forme qu'un chien à 3 kg tout en gras.
Le chiffre de référence utile n'est donc pas celui du standard, c'est celui de votre chien à l'âge adulte, autour de 12 mois, quand il est en bon état corporel. Notez-le. Tout se juge ensuite par rapport à cette valeur : au-delà de 15 % en plus, on parle de surpoids, au-delà de 30 %, d'obésité.
Le test des mains, sous les poils
Avec cette fourrure, l'oeil ne sert presque à rien. Les mains, si. Posez les paumes à plat de chaque côté du thorax et faites glisser sans appuyer : les côtes doivent se deviner comme les os du dos de votre main. Remontez vers la taille, elle doit se creuser derrière les dernières côtes. De profil, le ventre remonte vers l'arrière au lieu de suivre une ligne horizontale.
Un second contrôle : la base de la queue et le dessus des épaules. C'est là que se déposent les premiers dépôts graisseux chez les petits chiens, et cela se sent bien avant de se voir.
Compter en calories, pas en poignées
Un Yorkshire adulte de 3 kg, stérilisé, moyennement actif, se situe autour de 200 à 230 kilocalories par jour. Selon les croquettes, cela représente souvent 50 à 65 grammes, soit à peine un fond de bol. Une cuillère en trop à chaque repas, deux fois par jour, ajoute facilement 15 % à la ration.
Les friandises pèsent encore plus lourd dans le calcul. Un bâtonnet à mâcher du commerce peut apporter 50 à 80 kilocalories, c'est-à-dire un tiers de la journée d'un Yorkshire. Un carré de fromage, la moitié d'une tranche de jambon, trois miettes de gâteau : chacun de ces gestes est anodin sur un labrador et considérable ici.
Des rondelles de carotte crue, quelques haricots verts cuits sans sel ou un morceau de courgette font des récompenses à faible densité calorique. Le raisin et le raisin sec, l'oignon, l'ail, le chocolat et tout produit sucré au xylitol sont toxiques pour le chien, et une quantité qui ne ferait rien à un grand chien peut suffire sur un animal de 3 kilos. À cette taille, la marge d'erreur est mince.
Ce que le surpoids abîme en premier chez cette race
Le Yorkshire cumule deux fragilités mécaniques qu'un excès de poids aggrave directement. La luxation de la rotule, fréquente chez les petites races, qui fait sautiller le chien sur trois pattes quelques foulées avant qu'il ne reparte normalement. Et le collapsus trachéal, cet affaissement progressif de la trachée qui donne une toux sèche caractéristique, décrite comme un cri d'oie, déclenchée par l'excitation ou par la traction du collier.
Sur ces deux points, alléger le chien de 300 ou 400 grammes change la vie quotidienne plus vite qu'un traitement. Un harnais à la place du collier règle une bonne partie de la toux à l'effort. Le diabète, les problèmes cardiaques et l'usure articulaire viennent ensuite, plus tard, mais ils viennent.
Maigrir lentement, et vérifier que ça marche
Une perte de 1 à 2 % du poids par semaine est le rythme visé, soit 30 à 60 grammes pour un Yorkshire de 3 kg. Ça paraît dérisoire, et c'est justement le bon ordre de grandeur : plus vite, le chien perd du muscle et reprend tout dès l'arrêt du régime. Trois à quatre mois pour ramener un chien de 3,6 à 3,1 kg, c'est un délai normal.
Le vétérinaire calcule la ration sur le poids cible, pas sur le poids actuel, et propose au besoin un aliment allégé qui garde du volume dans la gamelle pour que le chien ne quémande pas toute la journée. C'est aussi lui qui vérifie qu'une prise de poids n'a pas d'autre cause : chez un chien qui grossit sans changement d'alimentation, une hypothyroïdie ou un trouble hormonal se cherche par prise de sang.
Bouger sans casser les articulations
Deux sorties de vingt à trente minutes par jour couvrent les besoins d'un Yorkshire adulte, sur terrain souple quand c'est possible. Cette race a gardé un vrai tempérament de terrier : elle suit une piste, fouille, s'intéresse à tout ce qui bouge. Un tapis de fouille, des croquettes cachées dans l'appartement ou un jouet distributeur remplacent une partie de la ration et occupent le chien sans solliciter ses rotules.
Les lancers de balle à répétition et les réceptions de saut depuis le canapé sont à limiter, pour la même raison. L'agilité en club, encadrée et avec des obstacles à hauteur adaptée, reste possible chez un chien sain, mais ce n'est pas le jeu de salon qu'on improvise sur un parquet glissant.
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