Optimiser l'alimentation d'un chien âgé pour sa santé et son bien-être

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Sommaire5 sections
  1. 01Le poids ne dit pas tout, la main sur les côtes en dit plus
  2. 02Plus de protéines, pas moins
  3. 03Les articulations : le poids avant les compléments
  4. 04Quand la mâchoire ne suit plus
  5. 05Ce qui ne va pas dans la gamelle

Un chien ne devient pas senior le jour où le sac de croquettes change de couleur. Il le devient quand sa masse musculaire commence à fondre, et cela se mesure à la balance et sous les doigts, pas sur un calendrier. C'est ce repère physique, et non l'âge affiché, qui doit décider du moment où vous changez sa ration.

Les fabricants placent le seuil « senior » vers 7 ans pour tout le monde. Dans les faits, un dogue allemand vieillit vers 5 ans quand un jack russell reste un adulte en pleine forme à 10. Plus le chien est grand, plus tôt il bascule. Un berger allemand de 8 ans qui hésite avant de sauter dans le coffre a déjà changé de catégorie, même si son poids sur la balance n'a pas bougé d'un gramme.

Le poids ne dit pas tout, la main sur les côtes en dit plus

Chien âgé au museau grisonnant couché près de sa gamelle, dans un intérieur

Un chien de 12 ans peut afficher exactement le même chiffre qu'à 6 ans tout en ayant perdu deux kilos de muscle et gagné deux kilos de gras. C'est le scénario le plus fréquent, et le plus discret. La méthode qui marche à la maison tient en trois gestes : passez la main à plat sur la cage thoracique, vous devez sentir les côtes sous une fine couche, comme le dos de votre main ; regardez le chien de dessus, la taille doit se creuser derrière les côtes ; regardez-le de profil, le ventre doit remonter vers l'arrière. Palpez aussi les cuisses et les muscles de la tête, au-dessus des yeux : c'est là que la fonte musculaire se voit en premier.

Pesez-le une fois par mois, toujours au même moment. Beaucoup de cabinets laissent utiliser la balance de la salle d'attente sans rendez-vous. Une perte de plus de 5 % du poids en un ou deux mois chez un chien qui mange normalement n'est pas un effet de l'âge : c'est un motif de consultation, parce que les maladies rénales, les problèmes de thyroïde et certaines tumeurs commencent souvent comme ça.

Plus de protéines, pas moins

L'idée qu'il faut baisser les protéines chez le chien âgé pour « ménager les reins » a la vie dure. Elle est fausse pour un chien dont les reins vont bien. Le vieillissement dégrade justement la capacité à fabriquer du muscle à partir de l'alimentation, donc un senior a besoin d'un apport protéique au moins équivalent à celui d'un adulte, souvent supérieur, à condition que la protéine soit digestible : viande, poisson, œuf, plutôt que des taux gonflés par des sous-produits végétaux.

La restriction protéique est une prescription, pas une précaution générale. Elle concerne les chiens chez qui une insuffisance rénale a été confirmée par une prise de sang et une analyse d'urine, et c'est le vétérinaire qui fixe alors le niveau. Sur un chien sain, l'appliquer d'office revient à accélérer la fonte musculaire qu'on cherchait à éviter.

Les articulations : le poids avant les compléments

La glucosamine et la chondroïtine sont partout dans les rayons senior. Les études cliniques sur le chien arthrosique leur donnent un effet réel mais modeste, et lent : il faut compter six à huit semaines avant de juger. Les oméga-3 à longue chaîne, ceux de l'huile de poisson, ont des résultats un peu plus nets sur la boiterie.

Ce qui pèse le plus lourd, au sens propre, c'est l'embonpoint. Faire perdre 10 % de son poids à un chien arthrosique en surpoids améliore sa démarche autant que certains traitements, et ça ne coûte rien. Concrètement : on réduit la ration de 10 à 20 %, on pèse les croquettes au lieu de les doser au verre, et on compte les friandises dans le total. Trois biscuits par jour chez un cocker, c'est déjà un dixième de sa ration quotidienne.

Quand la mâchoire ne suit plus

Beaucoup de chiens de plus de 10 ans ont du tartre, des gencives douloureuses ou des dents manquantes. Ils mangent alors moins, et on met ça sur le compte de l'âge. Avant de changer d'aliment, soulevez la babine : des gencives rouges au bord des dents, une odeur forte, une mastication d'un seul côté, ce sont des signes à montrer au vétérinaire, un détartrage sous anesthésie règle parfois en une séance un « manque d'appétit » qui durait depuis des mois.

En attendant, mouiller les croquettes avec de l'eau tiède dix minutes avant le repas les ramollit et relance l'odeur, ce qui compte pour un chien dont l'odorat baisse. La pâtée fonctionne aussi, avec deux réserves : elle salit davantage les dents et son coût au repas est nettement plus élevé. Deux ou trois petits repas par jour passent mieux qu'un seul gros chez un chien qui digère lentement.

Ce qui ne va pas dans la gamelle

L'âge ne change rien à la liste des aliments toxiques : chocolat, oignon, ail, raisin frais ou sec, xylitol des chewing-gums et pâtisseries sans sucre restent dangereux à tout âge. Un chien âgé encaisse même moins bien, parce que son foie et ses reins ont moins de réserve.

Les restes de table posent un autre problème : ils déséquilibrent la ration et font grimper les calories sans qu'on s'en rende compte. Si vous voulez donner quelque chose en plus, un morceau de carotte crue ou de haricot vert cuit sans sel fait le même effet côté plaisir pour presque rien en calories. Et gardez de l'eau fraîche accessible en permanence, en plusieurs points de la maison : un chien arthrosique renonce parfois à traverser le couloir pour boire.

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