Alerte : Pourquoi cette mairie de Dordogne interdit-elle les spectacles avec des animaux sauvages ? Découvrez la réponse choquante !
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La réponse n'a rien de choquant : quand une commune de Dordogne annonçait en juin 2024 fermer ses terrains aux spectacles d'animaux sauvages, elle anticipait simplement une échéance déjà votée au Parlement. La loi du 30 novembre 2021 programme la fin de ces numéros dans les cirques itinérants pour décembre 2028, et de nombreuses communes françaises ont pris les devants.
Ce que dit le texte national
La loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale fixe un calendrier en deux temps pour les cirques itinérants. Depuis le 30 novembre 2023, l'acquisition et la reproduction d'animaux d'espèces non domestiques y sont interdites. À partir du 1er décembre 2028, leur présentation au public et leur détention dans ces établissements cesseront.
Le même texte traite les delphinariums à part, avec une interdiction des spectacles de cétacés à partir de décembre 2026. Les zoos fixes, les parcs animaliers et les établissements de conservation ne sont pas concernés : la loi vise l'itinérance, c'est-à-dire le transport permanent et les installations démontables.
Un maire peut-il vraiment interdire ?
Sur ce point, le raisonnement juridique ne tient pas là où la plupart des articles le placent. La police des établissements détenant des animaux d'espèces non domestiques relève de l'État, à travers les préfectures et les services vétérinaires, pas du maire. Plusieurs arrêtés municipaux interdisant purement et simplement les cirques avec animaux ont été annulés par des tribunaux administratifs, pour incompétence de leur auteur.
Il reste une voie beaucoup plus solide, et c'est celle que les communes utilisent aujourd'hui. Le maire gère le domaine public communal : les prés, les places, les terrains de foire. Il n'est tenu de les louer à personne. Refuser de mettre un terrain municipal à disposition d'un cirque détenant des fauves ou des éléphants relève de la gestion du domaine, pas de la police des animaux.
Ce que la mesure change pour les animaux
Les arguments avancés par les collectifs de protection animale portent sur trois points documentés : la durée de transport et les surfaces de détention en remorque, l'impossibilité d'exprimer des comportements naturels comme la marche sur de longues distances chez l'éléphant, et les méthodes de dressage utilisant la contrainte. Des comportements stéréotypés, ces mouvements répétitifs sans but qu'on observe chez des animaux en captivité inadaptée, ont été décrits chez des félins et des ursidés de cirque.
Le revers, souvent passé sous silence dans ce type d'article, tient au devenir des animaux déjà détenus. La France compte plusieurs centaines d'animaux sauvages en cirque, et les places en sanctuaire ou en refuge spécialisé sont rares et coûteuses. Un tigre né en captivité ne se relâche pas dans la nature. L'État a prévu un dispositif d'accompagnement et de reprise, dont la capacité réelle reste le vrai sujet des prochaines années.
Du côté des circassiens
Les professionnels concernés rappellent qu'il s'agit souvent d'entreprises familiales sur plusieurs générations, avec un savoir-faire et des animaux nés chez eux. Leur reproche principal porte moins sur le principe que sur la méthode : une interdiction annoncée sept ans à l'avance laisse le temps de se reconvertir, une fermeture de terrain décidée en cours de saison, beaucoup moins.
Un nombre croissant de compagnies a déjà basculé vers le cirque sans animaux, avec acrobatie, clown et arts de la piste. Ce modèle existe depuis les années 1970 et remplit des salles. La question posée aux communes en 2024 n'était donc pas de savoir si le cirque survivrait, mais qui paierait la transition des structures qui n'ont pas encore franchi le pas.
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