Attirer les coccinelles : 7 astuces pour favoriser leur présence dans votre jardin
Sommaire7 sections
- 011. Accepter les pucerons plutôt que les éliminer
- 022. Planter des ombellifères pour nourrir les adultes
- 033. Ne pas faire le ménage à l'automne
- 044. Arrêter les insecticides, y compris ceux dits naturels
- 055. Un abri, oui, mais sans se raconter d'histoires
- 066. De l'eau, en très petite quantité
- 077. Une haie plutôt qu'un massif isolé
Une coccinelle ne vient pas dans un jardin parce qu'il est joli : elle vient parce qu'il y a des pucerons, un abri sec pour l'hiver et du pollen au printemps. Sept leviers concrets, du plus efficace au plus accessoire.
Le raccourci répandu veut qu'on les attire avec des fleurs. C'est vrai pour moitié : l'adulte butine du pollen, mais c'est la larve, cette petite bête grise et hérissée que personne ne reconnaît, qui fait le nettoyage. Un jardin accueillant est d'abord un jardin où la ponte a un intérêt.
1. Accepter les pucerons plutôt que les éliminer
Le point le plus contre-intuitif est aussi le plus décisif. Une femelle pond près d'une colonie de pucerons, jamais dans le vide. Si vous traitez au premier puceron aperçu, vous supprimez la raison même de venir. Une larve de coccinelle à sept points avale plusieurs centaines de pucerons pendant les trois semaines de son développement.
La difficulté tient au décalage : les pucerons arrivent d'abord, les prédateurs une quinzaine de jours plus tard. Tenir bon pendant ces deux semaines sépare un jardin équilibré d'un jardin sous perfusion. Un plant de fève ou une capucine plantés en avril servent de réservoir et amorcent le cycle avant que le potager ne soit attaqué.
2. Planter des ombellifères pour nourrir les adultes
Les fleurs en ombelle, plates et largement ouvertes, sont accessibles à des insectes aux pièces buccales courtes. Aneth, coriandre, fenouil, carvi, persil monté en graine, achillée : laissez quelques pieds fleurir au lieu de tout récolter. Les composées à coeur plat marchent aussi, souci, tanaisie, tournesol. On cite souvent le jaune comme couleur attractive ; la forme ouverte de la fleur compte au moins autant.
3. Ne pas faire le ménage à l'automne
La plupart de nos coccinelles passent l'hiver à l'état adulte, tassées sous une écorce, dans un tas de feuilles ou au creux d'une graminée sèche. Un jardin rasé et ratissé en novembre est un jardin vide en avril. Laissez les tiges creuses debout jusqu'en mars, gardez un tas de feuilles dans un coin, gardez le lierre.
4. Arrêter les insecticides, y compris ceux dits naturels
Les produits de synthèse à large spectre tuent les coccinelles aussi sûrement que les pucerons. Mais l'idée qu'un traitement naturel serait inoffensif ne tient pas : le savon noir asphyxie tout ce qu'il mouille, larves comprises, et le pyrèthre végétal est un insecticide non sélectif. Si vous en utilisez, traitez le soir, sur le seul foyer concerné, jamais en préventif sur tout un massif.
5. Un abri, oui, mais sans se raconter d'histoires
Les hôtels à insectes du commerce sont surtout occupés par des abeilles solitaires et des perce-oreilles ; les coccinelles y viennent peu. Ce qu'elles utilisent vraiment : un empilement de bûches fendues, une planche sur deux cales contre un mur au sud, un fagot de tiges creuses. Moins photogénique, nettement plus fréquenté.
6. De l'eau, en très petite quantité
Un insecte de 6 mm se noie dans une coupelle. Si vous proposez de l'eau, mettez des cailloux qui dépassent de la surface et renouvelez tous les deux jours pour ne pas élever des moustiques. En été, le miellat des pucerons et la rosée couvrent déjà une bonne part de leurs besoins.
7. Une haie plutôt qu'un massif isolé
Une haie de plusieurs essences, un talus enherbé, une bande de fleurs sauvages le long d'une clôture servent de couloir de circulation et de réserve de proies quand les pucerons manquent. C'est ce qui distingue un jardin où les coccinelles passent d'un jardin où elles s'installent.
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