Les guêpes : des chasseuses redoutables de petits insectes
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Une guêpe qui tourne autour de votre assiette en août n'est pas la même bête que celle qui traîne une chenille paralysée sous une pierre. Derrière un seul mot se cachent deux métiers de chasseur très différents.
En France, le mot guêpe recouvre des centaines d'espèces. Deux ou trois seulement fréquentent les terrasses ; les autres traquent chenilles et araignées sans jamais croiser un être humain. Les distinguer change la façon de réagir devant un nid.
Solitaires et sociales : deux façons de chasser
Les guêpes appartiennent aux hyménoptères, sous-ordre des Apocrites, que partagent aussi les abeilles et les fourmis. La ligne de partage utile n'est pas la couleur, c'est le mode de vie. Les solitaires, de loin les plus nombreuses, travaillent seules. Une femelle creuse ou maçonne une cellule, part chasser, ramène une proie qu'elle a paralysée, pond un oeuf dessus, referme, recommence. Elle ne verra jamais sa descendance. Chaque espèce est spécialisée : les ammophiles sur les chenilles, les cerceris sur les charançons, les pompiles sur les araignées, jusqu'aux grosses mygales sous les tropiques pour le genre Pepsis.
Les guêpes sociales, ces Vespidae que tout le monde connaît, fonctionnent autrement. Une colonie de guêpe commune peut compter plusieurs milliers d'ouvrières en fin d'été. Elles chassent en opportunistes, découpent la proie sur place et rapportent des boulettes de chair au nid : loin d'être de piètres chasseuses, elles prélèvent beaucoup de mouches et de chenilles toute la belle saison.
Le dard sert à immobiliser autant qu'à se défendre
Le dard des guêpes est un ovipositeur modifié, donc réservé aux femelles. Il est lisse, contrairement à celui de l'abeille domestique dont les barbelures restent accrochées dans une peau élastique et arrachent l'abdomen. Une guêpe peut piquer plusieurs fois d'affilée et repartir intacte.
Chez les solitaires, le venin est un outil de conservation plus qu'une arme. Le dosage paralyse la proie sans la tuer : la chenille reste vivante, immobile et fraîche pendant des jours, et la larve la consomme en commençant par les organes les moins vitaux. Brutal, mais d'une efficacité redoutable.
Les adultes ne mangent pas ce qu'ils chassent
C'est le point qui surprend le plus. Une guêpe adulte se nourrit de sucres : nectar, jus de fruits mûrs, miellat des pucerons. Son tube digestif est étroit, calibré pour du liquide. La viande capturée part entièrement aux larves, qui ont besoin de protéines pour grandir.
Chez les sociales, l'échange va dans les deux sens : l'ouvrière donne une boulette de chair à la larve, la larve lui rend une gouttelette de salive sucrée. Ce troc explique le comportement d'août. La reine cesse de pondre, les larves disparaissent, la source de sucre s'assèche, et les ouvrières désoeuvrées vont chercher ailleurs ce qu'elles ne trouvent plus au nid : d'où les allées et venues autour des verres de sirop, au moment précis où la colonie décline.
Reconnaître un nid qui pose vraiment problème
Un nid dans une haie éloignée ou sous une toiture peu fréquentée ne justifie aucune intervention : la colonie meurt d'elle-même aux premières gelées et le nid de papier mâché n'est jamais réoccupé l'année suivante. Un nid à hauteur de visage près d'une porte ou d'un passage quotidien, en revanche, se traite par un professionnel, de nuit, jamais avec une bombe de grande surface et un escabeau. Le frelon asiatique, arrivé en France en 2004 par le Lot-et-Garonne, se signale de son côté aux dispositifs départementaux mis en place pour lui : son venin n'est pas plus dangereux que celui de la guêpe commune, mais un gros nid dérangé peut déclencher une attaque groupée.
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