Comment bien entretenir et soigner son cheval ?

Comment bien entretenir et soigner son cheval ?
Sommaire5 sections
  1. 01La routine quotidienne, geste par geste
  2. 02Nourrir un herbivore qui n'a qu'un estomac
  3. 03Le rythme hebdomadaire et annuel
  4. 04Le logement, et la question sociale qu'on oublie
  5. 05Le travail, l'âge et l'adaptation

Un cheval réclame entre une et deux heures par jour, tous les jours, week-ends et 25 décembre compris. C'est le chiffre que personne n'annonce avant l'achat, et c'est pourtant celui qui décide si la cohabitation tiendra dix ans ou six mois.

Le reste suit de cette contrainte. Un cheval mange en petites quantités sur seize à dix-huit heures par jour, son estomac ne dépasse pas 15 à 18 litres pour un animal de 500 kg, ses pieds poussent d'environ un centimètre par mois et son intestin réagit mal à tout changement brutal. Autrement dit, l'entretien n'est pas une suite de gestes techniques compliqués : c'est une régularité.

Cet article prend donc le problème par le calendrier plutôt que par la théorie. Ce qu'on fait chaque jour, ce qu'on fait chaque semaine, ce qu'on programme chaque année, et les trois ou quatre signaux devant lesquels on appelle le vétérinaire sans attendre le lendemain matin.

La routine quotidienne, geste par geste

Le curage des pieds passe avant tout le reste. Un caillou coincé dans la fourchette, une pierre dans la sole, un début de pourriture de fourchette qui sent l'ammoniaque : trente secondes par pied suffisent à les repérer, et ces trente secondes évitent la boiterie du week-end. Faites-le matin et soir si le cheval vit sur une litière humide.

Vient le pansage. Étrille en caoutchouc pour décoller la boue et les poils morts, bouchon pour évacuer, brosse douce pour lisser, éponge pour les yeux et les naseaux. L'intérêt n'est pas cosmétique. Les mains qui passent partout repèrent une chaleur anormale sur un tendon, une plaie sous la boue, un engorgement du boulet, une grosseur sur l'encolure. Un propriétaire qui panse sérieusement connaît le corps de son cheval mieux que n'importe quel examen mensuel.

L'eau ensuite. Un cheval adulte boit 25 à 40 litres par jour, davantage en été, davantage encore s'il est nourri au foin sec plutôt qu'à l'herbe. Un abreuvoir automatique gelé en janvier ou bouché par des algues en juillet est une cause classique de colique d'impaction. Touchez l'eau, ne vous contentez pas de la regarder.

Enfin la ration. Le foin d'abord, les concentrés après, jamais l'inverse : un cheval qui reçoit ses granulés sur un estomac vide les avale trop vite et acidifie tout le tube digestif. Si vous devez sauter une étape un soir de retard, sautez les granulés, pas le foin.

Nourrir un herbivore qui n'a qu'un estomac

Le cheval digère comme aucun animal de ferme. Un seul estomac, minuscule au regard de sa taille, puis un caecum et un côlon gigantesques où des milliards de bactéries fermentent la cellulose. Cette flore met plusieurs semaines à s'adapter à un nouvel aliment. C'est toute l'explication des accidents alimentaires : la transition brutale, pas la mauvaise qualité.

Une transition se fait sur dix à quinze jours, en remplaçant un quart de l'ancien aliment par le nouveau tous les trois ou quatre jours. Cela vaut pour le changement de lot de foin, pour la mise à l'herbe de printemps, pour le passage d'un granulé à un autre. La mise à l'herbe en avril mérite une mention particulière : l'herbe jeune est chargée en fructanes, et les sorties doivent démarrer à trente minutes pour monter progressivement sur trois semaines. Les poneys et les chevaux en surpoids sont les premiers concernés par la fourbure de printemps.

Ce que le foin apporte vraiment

Un foin de bonne qualité, récolté au bon stade et stocké au sec, couvre déjà l'entretien d'un cheval de loisir travaillé trois fois par semaine. Il sent le sec et le sucré, il ne poudroie pas quand on le secoue, il n'a ni taches blanches ni odeur de cave. Un foin poussiéreux entretient les toux chroniques et finit par installer un asthme équin, la maladie autrefois appelée pousse. Dans ce cas, le foin se trempe ou se donne à la vapeur, et le cheval sort au maximum.

Les concentrés ne se justifient que si le travail, la lactation ou la vieillesse creusent le bilan énergétique. Un cheval de loisir qui reçoit trois kilos de granulés par jour pour deux heures de balade hebdomadaire est simplement en train de grossir.

La pierre à sel et les minéraux

Un bloc de sel accessible en permanence ne coûte presque rien et couvre les besoins en sodium, qui montent fortement chez un cheval qui transpire. Pour le reste, le calcium et le phosphore doivent rester dans un rapport d'environ deux pour un, et c'est précisément là que les rations maison dérapent, en particulier celles qui reposent sur beaucoup de son. Un complément minéral vitaminé adapté au type de fourrage règle la question sans bricolage.

Le rythme hebdomadaire et annuel

Toutes les six à huit semaines, le maréchal-ferrant. Le pied pousse d'un centimètre par mois, et un parage repoussé de quinze jours déséquilibre les aplombs, tire sur les tendons et fissure la paroi. Pieds nus ou ferré, l'intervalle ne change pas beaucoup, seul le prix change.

Une fois par an au minimum, le dentiste équin ou le vétérinaire équipé pour la dentisterie. Les molaires du cheval poussent en continu et s'usent en biseau, ce qui crée des surdents coupantes contre la joue. Un cheval qui mâche de travers, qui laisse tomber des boulettes de foin à moitié mâchées, qui secoue la tête au contact du mors ou qui maigrit sans raison apparente signale souvent une bouche douloureuse avant toute autre chose.

La vaccination suit un calendrier fixé par le vétérinaire. La grippe équine et le tétanos forment la base, et la grippe est obligatoire pour sortir en compétition sous licence. La rhinopneumonie s'ajoute selon le contexte de l'écurie. Le vermifuge, lui, a beaucoup changé de doctrine : on ne traite plus quatre fois par an à l'aveugle, on fait une coproscopie et on traite les chevaux qui excrètent réellement. Cette approche ciblée freine les résistances, qui sont devenues un vrai problème chez les petits strongles.

Le logement, et la question sociale qu'on oublie

Le box de 3 x 3 mètres reste la norme française pour un cheval de selle, mais la norme n'est pas un idéal. Un cheval enfermé vingt-trois heures sur vingt-quatre développe des stéréotypies, tic à l'ours, tic à l'appui, encensement, qui sont des réponses à l'ennui et à la faim, pas des vices de caractère. Quand on augmente le temps de sortie et la durée d'accès au fourrage, la fréquence de ces comportements baisse.

La litière doit rester sèche. L'ammoniaque qui pique le nez à hauteur d'homme pique dix fois plus les naseaux d'un cheval couché. Paille, copeaux dépoussiérés, lin : le matériau compte moins que le curage quotidien et la ventilation. Un box bien ventilé n'est pas un box en courant d'air : l'air doit sortir par le haut.

Reste le point que les écuries de propriétaires traitent le plus mal. Le cheval vit en groupe depuis des millions d'années et son équilibre mental passe par le contact avec ses congénères. Un pré partagé, ou au minimum des grilles ajourées entre les box qui autorisent le toucher, changent l'humeur d'un cheval bien plus que n'importe quel complément alimentaire. Sur ce point, l'argument du risque de blessure au pré ne tient pas la comparaison : les problèmes créés par l'isolement coûtent plus cher, sur la durée, qu'une morsure d'été.

Le travail, l'âge et l'adaptation

Un cheval a besoin de bouger tous les jours, ce qui ne veut pas dire travailler tous les jours. Une sortie au pré, une marche en main, une longe de vingt minutes comptent. Le travail monté sérieux se construit sur trois à cinq séances par semaine, avec des jours faciles entre les jours intenses, et un échauffement au pas d'au moins dix minutes qui n'a rien de facultatif pour les tendons.

Passé vingt ans, le programme se redessine. Les dents s'usent, l'assimilation baisse, l'arthrose s'installe. Un vieux cheval maigrit d'abord parce qu'il ne mâche plus : les aliments seniors trempés, donnés en bouillie, réparent souvent la situation mieux que n'importe quel complément. Et un vieux cheval arthrosique va mieux en mouvement lent et régulier qu'à l'arrêt au box, contrairement à l'intuition.

Chaque cheval a son tempérament, son métabolisme et son historique. La régularité des gestes reste la même pour tous, l'ajustement des quantités se fait animal par animal, la balance et le mètre ruban de pesée en main plutôt qu'à l'œil.

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