Comment calculer le poids idéal de votre Dogue Argentin
Sommaire5 sections
Un Dogue Argentin mâle adulte tourne autour de 40 à 45 kg, une femelle entre 35 et 40 kg, mais ces chiffres ne disent presque rien de votre chien en particulier. Le vrai outil tient dans vos deux mains, prend deux minutes, et s'appelle la note d'état corporel.
Pourquoi la balance seule vous trompe
Deux Dogues Argentins de 42 kg peuvent être dans des états totalement différents. Le premier est un mâle de grande ossature, sec, 68 cm au garrot, qui court trois fois par semaine. Le second est un mâle plus court sur pattes, 63 cm, qui a pris cinq kilos de gras depuis sa castration. Sur la balance, même nombre. Sous la main, rien à voir.
C'est pour cette raison que les vétérinaires ne raisonnent pas en kilos absolus mais en note d'état corporel, souvent abrégée NEC ou BCS, sur une échelle de 1 à 9. La note 4 ou 5 correspond au format souhaitable. Chaque point au-dessus de 5 représente grossièrement 10 à 15 % de poids en trop. Un chien noté 7 a donc environ 20 à 30 % d'excédent, ce qui sur un Dogue de format moyen fait vite six à huit kilos.
Le test des trois gestes, à faire ce soir
Posez votre chien debout, détendu, sur un sol non glissant. Trois vérifications suffisent, dans cet ordre.
- Les côtes. Passez les paumes à plat sur le thorax, sans appuyer. Vous devez sentir les dernières côtes comme on sent les phalanges au dos de sa propre main. Chez un Dogue Argentin en bon état, les côtes se palpent facilement mais ne se voient pas à l'oeil sur un chien au repos. Si vous devez enfoncer les doigts pour les trouver, il y a du gras en trop.
- La taille, vue de dessus. Placez-vous debout au-dessus de lui. La silhouette doit se resserrer nettement en arrière des côtes, comme un sablier. Un dos droit du thorax aux hanches signale un surpoids installé.
- La ligne du ventre, vue de côté. Le ventre doit remonter vers l'aine. Une ligne horizontale ou pendante n'est jamais normale chez cette race, bâtie pour courir derrière le sanglier.
Notez ce que vous trouvez, avec la date, dans les notes de votre téléphone. Refaites le test tous les quinze jours. C'est la progression qui compte, pas la mesure isolée.
Le cas particulier du chiot en croissance
Chez un molosse de ce format, la croissance s'étale sur 15 à 18 mois. Un chiot atteint souvent 80 à 90 % de son poids adulte vers 12 mois, puis étoffe sa poitrine et son ossature pendant six mois de plus. Un mâle d'un an autour de 38 à 40 kg est dans les clous.
La faute classique, à cet âge, c'est de vouloir un chiot bien rempli. Un jeune Dogue trop gras use ses cartilages de croissance pendant que son squelette n'est pas fini. La surcharge pondérale du chiot géant est un facteur de risque documenté pour la dysplasie de la hanche et du coude. Sur ce point, mieux vaut un chiot un peu maigre à six mois qu'un chiot rond: le premier rattrapera, le second paiera ses articulations pendant dix ans.
Ce que trois kilos de trop changent concrètement
Chez un chien de 42 kg, trois kilos représentent 7 % de masse en plus à porter à chaque foulée, et bien davantage en contrainte sur les surfaces articulaires. Les conséquences ne sont pas théoriques.
- Articulations. Arthrose plus précoce, boiteries après l'effort, réticence à sauter dans le coffre. Chez les races prédisposées à la dysplasie, le surpoids accélère l'expression clinique d'une anomalie déjà présente.
- Effort et chaleur. Le gras isole. Un Dogue en surpoids récupère moins bien après une sortie et supporte beaucoup moins bien les journées à plus de 25 degrés.
- Anesthésie et bilan. Le dosage des produits anesthésiques se calcule sur le poids, et le tissu adipeux relargue certaines molécules lentement. Un chien obèse est un chien plus délicat à endormir pour une simple radiographie.
À l'inverse, un amaigrissement rapide et non voulu se lit comme un signal d'alerte. Une perte de plus de 5 % du poids en un mois sans changement de ration ni d'activité justifie une consultation, sans attendre que d'autres symptômes apparaissent.
Redescendre sans casser le chien
Quand la note d'état corporel dépasse 6, la tentation est de couper la ration de moitié. Mauvaise idée: un chien affamé réclame, vole, et perd du muscle en même temps que du gras. Le rythme raisonnable est une perte de 1 à 2 % du poids corporel par semaine, soit environ 400 à 800 g pour un Dogue de 42 kg. À ce rythme, six kilos prennent deux à trois mois.
Concrètement: pesez la ration avec une balance de cuisine au lieu de la doser au verre, supprimez les restes de table et comptez les friandises dans le total quotidien. Une poignée de biscuits représente facilement 10 % des calories de la journée. Côté dépense, privilégiez la marche longue et la nage au sprint et aux lancers de balle répétés, durs pour les articulations d'un chien déjà lourd.
Si la courbe ne bouge pas après un mois de ration pesée, arrêtez de serrer davantage et parlez-en au vétérinaire. Certaines prises de poids tiennent à une cause médicale, hypothyroïdie notamment, et aucune restriction alimentaire ne réglera cela. Le bilan sanguin tranche en une consultation.
Résumer cet article avec :
Partager :
