Comment nourrir son Epagneul Breton de façon optimale
Sommaire5 sections
Un Épagneul Breton ne mange pas de la même façon en juillet et en octobre. Entre le chien qui fait trois sorties de vingt minutes par semaine et celui qui enchaîne six heures de terrain un dimanche d'ouverture, l'écart de besoins dépasse 40 %. Nourrir correctement cette race, c'est surtout savoir quand augmenter la ration, quand la redescendre, et à quel moment de la journée la servir.
Une année d'Épagneul Breton se découpe en trois saisons alimentaires
La saison de chasse, de septembre à fin février selon les départements, est la période de dépense maximale. Une journée complète sur le terrain peut faire doubler les besoins énergétiques d'un chien de 15 kg. On monte alors la ration de 20 à 30 %, et on bascule si possible vers une croquette plus grasse, autour de 18 à 20 % de matières grasses, parce que le gras fournit une énergie que le chien mobilise lentement, sur la durée, là où l'amidon s'épuise en une heure.
Le printemps et l'été sont la période de reprise en main. Beaucoup de propriétaires laissent la ration de chasse en place après la fermeture, et retrouvent en mai un chien avec deux kilos de trop. Deux kilos sur un Épagneul Breton, rapporté à son format, c'est l'équivalent de dix kilos chez un adulte humain. La redescente se fait progressivement, sur trois à quatre semaines, en revenant vers 12 à 14 % de matières grasses.
La transition, en août, mérite une attention particulière. Un chien qu'on remet au travail après cinq mois de canapé ne doit pas voir sa ration augmenter avant que son activité, elle, ait augmenté. L'ordre compte : on remonte l'entraînement, le muscle suit, et la ration suit le muscle.
L'heure des repas compte autant que leur contenu
Deux repas, matin et soir, conviennent à l'immense majorité des adultes. Sur une journée de terrain, le schéma change : un repas très léger ou rien le matin, de l'eau à volonté pendant l'effort, et le repas principal au moins une heure après le retour, quand le chien a retrouvé une respiration calme.
La raison est mécanique. Un estomac rempli qui ballotte pendant une course, chez un chien au thorax profond, peut se dilater puis pivoter sur son axe. C'est le syndrome de dilatation torsion de l'estomac, et il tue en quelques heures s'il n'est pas opéré. L'Épagneul Breton y est moins exposé que les grandes races comme le Berger allemand ou le Dogue, mais son gabarit moyen ne l'en met pas à l'abri.
Pendant l'effort lui-même, on ne nourrit pas, on hydrate. De l'eau proposée toutes les heures environ, par petites quantités, plutôt qu'une gamelle entière avalée d'un coup à la pause de midi. Les friandises de rappel, quelques grammes, ne comptent pas comme un repas et ne posent pas de problème.
Contrôler le poids avec les mains, pas avec la balance
La balance donne un chiffre, les mains donnent l'information utile. Un Épagneul Breton en condition présente des côtes palpables sous une fine couche musculaire, une taille marquée vue du dessus, et un ventre qui remonte nettement vu de profil. Ce contrôle prend dix secondes et se fait une fois par semaine, toujours au même moment, par exemple le dimanche soir.
Un chien de chasse en pleine saison peut d'ailleurs perdre du poids tout en restant en excellente forme, parce qu'il transforme de la graisse en muscle. C'est la palpation qui fait la différence entre un chien affûté et un chien qui décroche. Si les côtes deviennent visibles à distance et que les masses musculaires des cuisses fondent, la ration ne suit pas le rythme des sorties.
Ce qui n'entre jamais dans la gamelle
Un chien qui rentre affamé d'une journée de terrain a droit à sa ration, pas aux restes de table. Quelques aliments courants sont toxiques et méritent d'être connus de toute la maison, y compris des enfants qui donnent volontiers un bout de leur goûter.
- Le chocolat, à cause de la théobromine, avec un risque qui monte avec le pourcentage de cacao. Le chocolat noir est de loin le plus dangereux.
- L'oignon et l'ail, crus, cuits ou en poudre, qui détruisent les globules rouges. Une soupe ou une sauce en contient plus qu'on ne croit.
- Le raisin, frais ou sec, dont quelques grains suffisent chez certains chiens à déclencher une atteinte rénale, sans qu'on sache prédire lesquels.
- Le xylitol, l'édulcorant des chewing gums et de certains gâteaux allégés, qui provoque une chute brutale de la glycémie.
Dans tous ces cas, on ne fait pas vomir le chien soi même et on appelle le vétérinaire ou un centre antipoison animal en donnant l'heure d'ingestion et la quantité estimée. Ces deux informations changent la conduite à tenir.
Changer d'aliment sans casser la digestion
Toute transition se fait sur sept à dix jours, en mélangeant des proportions croissantes de la nouvelle croquette. Trois jours à 25 %, deux jours à 50 %, deux jours à 75 %, puis le reste. Si les selles se ramollissent, on ne passe pas au palier suivant et on attend deux jours de plus.
Un dernier conseil qui vaut pour toute la race : gardez le sac fermé, à l'abri de la chaleur, et n'achetez pas plus de six semaines de consommation d'avance. Les matières grasses rancissent, l'appétence chute, et un chien qui boude sa gamelle se retrouve souvent nourri à coups de restes, ce qui ramène exactement au problème du paragraphe précédent.
Résumer cet article avec :
Partager :
