Comment prévenir et soigner les blessures aux coussinets de votre chien
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Un bitume à 30 degrés d'air peut dépasser 55 degrés en surface, de quoi brûler un coussinet en quelques minutes de marche. Les blessures des pattes du chien suivent un calendrier assez prévisible : goudron chaud l'été, épillets au printemps, sel de déneigement l'hiver. Savoir ce qui menace à quelle saison évite la grande majorité des consultations.
Ce que le coussinet encaisse vraiment
Sous la peau épaisse et pigmentée se trouve un coussin de graisse qui amortit chaque appui. C'est le seul endroit du corps du chien pourvu de glandes sudoripares actives, ce qui laisse ces traces de pattes humides sur le carrelage un jour d'orage. Attention toutefois à ne pas surestimer leur rôle : la régulation thermique du chien passe presque entièrement par le halètement, les coussinets n'y contribuent qu'à la marge.
Cette couche cornée s'épaissit à l'usage. Un chien qui marche tous les jours sur des chemins caillouteux a des coussinets plus résistants qu'un chien de ville promené sur trottoir lisse. C'est pour cette raison qu'une randonnée de quinze kilomètres sur pierraille après un hiver d'inactivité se termine souvent par des pattes à vif : le problème n'est pas le terrain, c'est le passage brutal de zéro à quinze.
Le calendrier des dangers
De mai à juillet, les épillets. Ces épis de graminées sèches s'insinuent entre les doigts, pointe en avant, et remontent sous la peau sans pouvoir ressortir : un chien qui se lèche un espace interdigité et développe une petite boule rouge en trois jours a probablement un épillet. Il faut l'extraire, et cela finit régulièrement en petite chirurgie. Inspecter les espaces entre les doigts au retour de chaque balade en herbes hautes prend trente secondes.
De juin à septembre, la chaleur du sol, avec des brûlures qui ne se voient parfois que le lendemain : le coussinet devient rouge sombre, puis la couche superficielle se décolle en lambeaux. L'hiver, c'est le sel de déneigement qui irrite et fissure, et la neige tassée qui forme des billons de glace entre les doigts chez les chiens à poils longs. Un rinçage à l'eau tiède au retour, puis un séchage soigneux, règle le plus gros du problème.
Les signes qui ne trompent pas
Un chien blessé à la patte boite, mais pas toujours tout de suite : beaucoup masquent la douleur le temps de la promenade et se mettent à lécher une fois rentrés. Le léchage insistant d'une seule patte est le signal le plus fiable. Viennent ensuite le refus de poser l'antérieur ou le postérieur concerné, une trace de sang sur le sol, un coussinet plus chaud que les autres, ou un chien qui se plante devant la porte et refuse de sortir alors qu'il réclamait la veille.
Ce qu'on fait à la maison, ce qu'on ne fait pas
Pour une coupure superficielle et propre : rincer abondamment à l'eau claire ou au sérum physiologique, retirer un gravier visible et accessible avec une pince à épiler, sécher en tamponnant, puis appliquer un antiseptique non alcoolisé destiné à l'usage vétérinaire. Faites lire l'étiquette : l'alcool à 70 degrés et l'eau oxygénée brûlent les tissus et retardent la cicatrisation, ils n'ont pas leur place ici.
Un pansement, si vous en posez un, doit laisser passer un doigt entre la bande et la patte, être protégé par un sac plastique uniquement le temps de la sortie, et être retiré dès le retour. Un bandage qui reste en place vingt-quatre heures sur un coussinet humide macère et aggrave la situation. La plupart du temps, une collerette pour empêcher le léchage fait plus de bien qu'une bande.
Quand il faut appeler le vétérinaire le jour même
- Plaie qui saigne toujours après dix minutes de compression, ou dont les bords s'écartent.
- Corps étranger enfoncé, ou que vous ne pouvez pas retirer entièrement.
- Gonflement entre les doigts, chaleur locale, odeur inhabituelle, écoulement trouble.
- Brûlure avec décollement de la couche superficielle sur plus d'un coussinet.
- Chien qui ne pose plus du tout la patte au sol au delà de quelques heures, ou qui refuse de s'alimenter.
- Morsure par un autre chien : toute morsure de patte est considérée comme infectée par principe.
Les coussinets cicatrisent lentement, parce qu'ils sont sollicités à chaque pas et que la peau y est peu vascularisée en surface. Comptez souvent dix à quinze jours pour une plaie simple, avec des sorties courtes en laisse pendant toute cette période. Reprendre la course trop tôt rouvre la plaie, c'est la cause numéro un des récidives.
Les bottines ont leur utilité réelle, mais restreinte : chien de traîneau, terrain volcanique, sortie sur sel de voirie, ou protection d'une plaie en cours de cicatrisation. Pour une promenade urbaine ordinaire, la plupart des chiens les supportent mal et elles empêchent le coussinet de s'endurcir. Mieux vaut adapter l'horaire et le terrain, ce qui ne coûte rien et fonctionne mieux.
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