Comment soigner les blessures à la patte de votre chien : conseils et astuces
Sommaire4 sections
Devant une patte qui saigne, la seule question qui compte dans les cinq premières minutes est celle du tri : est-ce que ça se nettoie à la maison, ou est-ce que ça part chez le vétérinaire maintenant. Voici les repères qui permettent de trancher, et la liste des gestes qui aggravent une plaie au lieu de la soigner.
Trois minutes pour trier
Commencez par asseoir le chien et par regarder, sans tirer sur la patte. Un chien qui a mal mord, même le sien. Si l'animal est tendu ou geint dès qu'on approche, faites tenir la tête par quelqu'un d'autre, ou posez une muselière souple le temps de l'examen.
Quatre signaux orientent immédiatement la décision. Le saignement d'abord : un suintement qui s'arrête sous un linge propre appuyé pendant cinq minutes n'a rien d'inquiétant, un sang rouge vif qui traverse la compresse ou repart dès qu'on relâche appelle le vétérinaire sans discuter. L'appui ensuite : un chien qui boite mais pose la patte a probablement une lésion superficielle, un chien qui garde la patte en l'air et refuse tout appui a possiblement une atteinte articulaire ou osseuse. La plaie elle-même : nette et peu profonde, ou bien béante, avec des bords écartés ou des tissus visibles. Le comportement enfin : un chien qui tremble, halète en continu au repos ou se retourne pour mordre la zone souffre beaucoup plus qu'il n'y paraît.
Ce qu'on voit le plus souvent
Les coussinets encaissent presque tout. Le bitume chauffé en été brûle au premier degré et provoque des cloques ; le sel de déneigement irrite et fissure ; un tesson de verre ou une coquille d'huître coupe net et profondément, parce que le coussinet est épais et très vascularisé. Ces coupures saignent beaucoup et longtemps, ce qui impressionne, mais c'est leur profondeur qui décide, pas la quantité de sang sur le carrelage.
Entre les doigts, le problème classique est l'épillet, cette graminée en forme de flèche qui s'accroche au printemps et à l'été. Elle entre par la peau, migre, et donne en quelques jours une boule douloureuse avec un petit trou qui suinte. Un chien qui lèche obstinément un espace interdigité en juin mérite un coup d'œil attentif, puis un rendez-vous : l'épillet ne ressort pas tout seul.
Restent les griffes cassées, souvent à la base, qui saignent abondamment et font très mal, et les entorses de carpe ou de tarse après un saut mal reçu. Les fractures existent aussi, mais un chien qui court encore trois pas sur trois pattes n'a en général pas l'os rompu.
Les premiers soins qui tiennent la route
Pour une coupure superficielle et propre, la séquence est courte. Rincer à l'eau tiède, longuement, pour chasser le sable et les débris ; on peut utiliser du sérum physiologique en dosette, c'est plus confortable. Tondre ou couper au ciseau les poils autour de la plaie pour qu'ils ne collent pas dedans. Appliquer un antiseptique vétérinaire dilué, de type chlorhexidine ou povidone iodée, en respectant la dilution indiquée sur le flacon. Couvrir d'une compresse non adhérente maintenue par une bande souple, sans serrer : on doit pouvoir glisser un doigt sous le bandage.
Le léchage ruine tout. Un chien défait un pansement en une nuit et rouvre une plaie en deux heures. La collerette, ou une chaussette de protection maintenue haut sur la patte, n'est pas une coquetterie : c'est ce qui fait la différence entre une cicatrisation en huit jours et une plaie qui traîne trois semaines.
Faire en sorte que ça n'arrive plus
La règle des cinq secondes vaut pour la chaleur : posez le dos de la main sur le bitume, si vous ne tenez pas cinq secondes, le chien non plus. Au-delà de 25 degrés d'air en plein soleil, le goudron peut dépasser 50 degrés. Reportez la balade au petit matin ou au soir, et passez par l'herbe.
En hiver, rincez les pattes à l'eau tiède au retour pour enlever le sel de voirie, puis séchez entre les doigts. Un baume pour coussinets appliqué le soir, deux ou trois fois par semaine, garde la corne souple sur les terrains durs. Les bottines ont leur usage sur la neige damée ou les cailloux coupants, à condition d'habituer le chien progressivement, quelques minutes à la maison avant de partir en randonnée.
Le reste est de l'entretien ordinaire : couper les griffes avant qu'elles ne touchent le sol quand le chien est debout, tailler les poils qui poussent entre les coussinets chez les races à poil long, et inspecter les pattes après chaque sortie en campagne entre mai et septembre. Trente secondes par patte, doigt par doigt. C'est ce contrôle qui attrape l'épillet avant qu'il ne devienne un abcès.
Un mot pour finir sur le doute. Personne ne perd rien à appeler sa clinique et à décrire ce qu'il voit : l'assistant vétérinaire au téléphone tranche en trente secondes entre le déplacement immédiat et la surveillance à domicile. C'est gratuit, et c'est plus fiable que n'importe quelle liste, y compris celle-ci.
Résumer cet article avec :
Partager :
