Comment soigner son chat avec des antibiotiques : le guide complet pour prendre soin de votre compagnon félin
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Un antibiotique ne soigne qu'une infection bactérienne, et la plupart des misères qui font tousser ou éternuer un chat sont virales. C'est pour cette raison que le vétérinaire n'en prescrit pas systématiquement, et que le vrai travail du propriétaire commence après l'ordonnance : faire avaler le traitement, tous les jours, jusqu'au dernier comprimé.
Ce qu'un antibiotique fait, et ce qu'il ne fait pas
Un antibiotique tue les bactéries ou les empêche de se multiplier. Il ne renforce pas l'immunité, contrairement à ce qu'on lit un peu partout : il fait le travail à la place des défenses du chat, le temps que celles-ci reprennent la main. Il n'agit pas non plus sur les virus, ni sur les champignons, ni sur les parasites.
La nuance compte pour le coryza, qui est la maladie pour laquelle les propriétaires réclament le plus souvent un antibiotique. Le coryza est d'origine virale, herpesvirus et calicivirus en tête. L'antibiotique n'a d'intérêt que lorsqu'une surinfection bactérienne s'installe par-dessus, avec du jetage épais et purulent, ou quand une bactérie comme Chlamydophila felis est en cause. Le vétérinaire tranche à l'examen. Réclamer un antibiotique pour un chat qui éternue depuis la veille, c'est souvent perdre du temps sur ce qui compte vraiment : la réhydratation, le nettoyage des yeux et du nez, et l'appétit.
Les situations qui en appellent un
Les abcès arrivent en tête chez les chats qui sortent. Une morsure de congénère referme la peau en quelques heures et enferme les bactéries dessous ; trois à cinq jours plus tard, le chat a une boule chaude, de la fièvre, et il ne mange plus. Là, l'antibiotique est indiqué, souvent après drainage.
Les infections urinaires basses viennent ensuite, mais moins souvent qu'on ne l'imagine : chez le chat de moins de dix ans, la majorité des cystites sont idiopathiques, liées au stress et non à une bactérie. Une analyse d'urine, idéalement avec culture, évite de traiter à l'aveugle. Les infections respiratoires profondes, certaines infections cutanées et les infections dentaires complètent le tableau.
Un mâle qui pousse pour uriner sans rien émettre relève de l'urgence absolue, pas de l'antibiotique : l'obstruction urétrale tue en 24 à 48 heures. On file chez le vétérinaire ou aux urgences, de nuit s'il le faut.
Faire avaler le comprimé, la vraie difficulté
C'est là que les traitements échouent. Un chat qui recrache la moitié de sa dose pendant cinq jours reçoit un demi-traitement, ce qui est le meilleur moyen de sélectionner des bactéries résistantes tout en ne guérissant pas.
La méthode la plus douce reste la friandise creuse dans laquelle on glisse le comprimé, vendue en animalerie et chez le vétérinaire. Un morceau de beurre, une noisette de pâtée très odorante ou un peu de fromage frais font parfois l'affaire. Donnez d'abord une friandise vide, puis celle qui contient le médicament, puis une troisième vide : le chat avale la deuxième sans y réfléchir.
Attention à un réflexe répandu : écraser le comprimé. Certaines formes sont à libération prolongée ou protégées par un enrobage gastro-résistant, et les broyer détruit le médicament ou irrite l'estomac. Demandez au vétérinaire, au moment de la prescription, si le comprimé peut être coupé ou écrasé. Beaucoup de molécules existent aussi en suspension buvable, plus facile à doser avec une seringue.
Si rien ne passe par la nourriture, il reste l'administration directe. On enveloppe le chat dans une serviette épaisse, pattes comprises, on l'assoit contre soi dos au ventre, on incline sa tête vers le haut d'une main placée sur les pommettes, et on dépose le comprimé au fond de la langue avec l'autre main ou un lance-pilule. On referme la gueule, on caresse la gorge, on souffle sur le nez pour déclencher la déglutition.
Aller jusqu'au bout, même quand le chat va mieux
Au bout de 48 à 72 heures, la fièvre tombe, l'appétit revient, et la tentation d'arrêter est forte. C'est le pire moment pour le faire. Les bactéries les plus fragiles ont été éliminées, celles qui restent sont les plus coriaces, et leur laisser le champ libre garantit la rechute.
L'antibiorésistance n'est pas une menace abstraite. Les souches résistantes circulent entre animaux et humains d'un même foyer, et le réseau français Resapath suit cette évolution chez les animaux de compagnie depuis des années. Chaque traitement mal conduit y contribue un peu.
Les effets qui doivent vous faire appeler
Des selles molles pendant le traitement sont fréquentes : l'antibiotique fait le ménage dans la flore intestinale sans distinguer les bonnes bactéries des mauvaises. Le vétérinaire peut proposer un probiotique vétérinaire pendant et après. Ne choisissez pas un produit humain au hasard.
Ce qui justifie un appel dans l'heure : un chat qui vomit à répétition, qui refuse toute nourriture plus de 24 heures, qui gonfle du museau, qui a du mal à respirer, ou qui devient très abattu. Une réaction allergique peut survenir dès la première prise. De même, une bave abondante et des troubles de l'équilibre sous métronidazole doivent être signalés sans attendre.
Conservation et fin de traitement
Gardez les boîtes à l'abri de la lumière et de l'humidité, hors de portée des enfants et de l'animal, et surtout pas dans la salle de bains où l'humidité varie. Les suspensions reconstituées se conservent souvent au réfrigérateur et quelques jours seulement : la date figure sur l'étiquette que le vétérinaire appose.
Les restes ne se gardent pas pour la prochaine fois et ne se jettent pas à la poubelle. Rapportez-les en pharmacie, dans la filière Cyclamed, ou chez votre vétérinaire. Un antibiotique périmé ou mal conservé perd son efficacité, et un antibiotique donné sans diagnostic peut masquer une maladie plus sérieuse pendant les jours où il aurait fallu agir.
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