Conseils pour désinfecter efficacement une plaie chez un chien
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Sur une plaie de chien, le rinçage abondant fait 80 % du travail et l'antiseptique le reste. L'ordre des gestes compte plus que le flacon choisi, et trois produits que presque tout le monde a dans son armoire à pharmacie doivent rester à leur place : l'alcool, l'eau oxygénée et l'éosine.
Trier avant de toucher : ce qui se soigne à la maison
Une éraflure superficielle, une coupure nette de moins d'un centimètre qui ne saigne plus, une griffure : ça se gère chez soi. Tout le reste part chez le vétérinaire, et certaines situations sans discussion possible.
- Un saignement qui continue après dix minutes de compression ferme.
- Une plaie qui bâille, dont on voit les berges s'écarter : elle demande des points, et la fenêtre utile pour suturer proprement se referme en quelques heures.
- Une morsure, même minuscule à l'extérieur. Une canine fait un trou d'entrée discret et décolle les tissus en profondeur ; ces plaies s'infectent presque systématiquement.
- Une plaie sur l'oeil, le coussinet profond, l'abdomen, le thorax, ou près d'une articulation.
- Un corps étranger planté : épillet, éclat de verre, hameçon. On ne retire pas, on protège et on roule.
Le matériel, six articles et pas un de plus
Une trousse de soins utile tient dans une boîte à chaussures : des gants jetables, du sérum physiologique en dosettes de 5 ml, des compresses stériles non tissées, une solution de chlorhexidine aqueuse ou de povidone iodée, une paire de ciseaux à bouts ronds, des bandes de gaze et une bande cohésive. Les dosettes ont un avantage que la grande bouteille n'a pas : elles restent stériles jusqu'à l'ouverture et la pression du jet est correcte.
Ce que l'on n'utilise pas sur un chien : l'alcool à 70 ou 90 degrés, qui brûle et fixe les tissus abîmés ; l'eau oxygénée, qui détruit les cellules en cours de cicatrisation autant que les bactéries ; l'éosine et les colorants, qui masquent la plaie au moment où on a besoin de la voir. Et jamais de médicament humain donné par la bouche pour calmer la douleur : le paracétamol et l'ibuprofène sont toxiques pour le chien, le second attaque l'estomac et les reins à des doses très basses. La douleur se traite avec une ordonnance vétérinaire.
Le protocole, dans l'ordre
Commencez par sécuriser l'animal. Un chien qui a mal mord, y compris le sien. Une muselière souple ou un lien de gaze noué sur le museau, quelqu'un pour tenir la tête, et le soin se passe mieux pour tout le monde. Si l'animal hurle ou se débat dès le premier contact, on arrête et on téléphone.
Lavez-vous les mains, enfilez les gants. Si des poils tombent dans la plaie, enduisez les ciseaux d'un peu de gel hydrosoluble, coupez court autour, les poils collent au gel au lieu de tomber dedans.
Rincez ensuite, longuement. C'est l'étape que tout le monde bâcle. Il faut du volume et un peu de pression : le sérum physiologique en dosette écrasée entre deux doigts, à cinq centimètres de la plaie, jusqu'à ce que le liquide qui ressort soit clair. Sur une plaie terreuse, comptez 50 à 100 ml, soit dix à vingt dosettes. De l'eau du robinet tiède convient si vous n'avez rien d'autre sous la main.
Appliquez l'antiseptique dilué avec une compresse, du centre vers l'extérieur, sans frotter et sans repasser deux fois avec la même face. Laissez sécher à l'air une trentaine de secondes. Ne rincez pas derrière, sauf mention contraire sur la notice du produit.
Couvrir ou laisser à l'air
Tout ne se panse pas. Une éraflure sèche sur le dos, dans un endroit que le chien n'atteint pas, cicatrise mieux à l'air. Un pansement se justifie quand la plaie est en zone sale, sur une patte, ou quand l'animal lèche.
Quand on bande, on bande large et souple : une compresse stérile au contact, une couche de gaze, une bande cohésive posée sans tirer. Le doigt doit passer entre la bande et la peau. Un bandage trop serré sur un membre coupe la circulation en quelques heures, et une patte froide, gonflée au-dessus ou en dessous du bandage impose de tout défaire immédiatement. Sur une patte, on change le pansement tous les jours, et dès qu'il est mouillé ou souillé.
Le léchage, lui, se règle par la collerette. Ce n'est pas de la cruauté, c'est ce qui évite de rouvrir une plaie en une nuit. La salive du chien ne désinfecte pas : elle apporte des bactéries et le frottement de la langue arrache le tissu de granulation en train de se former.
Les signes qui font changer de plan
Un écoulement épais, jaune ou verdâtre, une odeur, une zone chaude qui s'élargit, un chien abattu qui ne mange plus, une boiterie qui apparaît alors que la plaie semblait guérir : ce sont des signes d'infection, et ils ne se traitent pas avec un flacon d'antiseptique de plus. L'antibiotique, quand il est nécessaire, se prescrit ; il ne s'improvise pas avec un reste de boîte trouvé dans un tiroir.
Une dernière chose, souvent oubliée dans la précipitation : notez l'heure, la cause de la blessure et ce que vous avez appliqué. Si la consultation a lieu deux jours plus tard, ces trois informations orientent le diagnostic bien mieux qu'un récit approximatif.
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