Les étapes pour désinfecter efficacement une plaie chez votre chat

découvrez les étapes à suivre pour désinfecter efficacement une plaie chez votre chat et assurer sa guérison rapide. des conseils pratiques pour prendre soin de la santé de votre animal de compagnie.
Sommaire6 sections
  1. 01Trier la plaie en trois questions
  2. 02Nettoyer, c’est d’abord rincer
  3. 03Quel antiseptique, et à quelle concentration
  4. 04Empêcher le léchage sans y passer ses nuits
  5. 05Les signes qui doivent faire reprendre rendez-vous
  6. 06Éviter la prochaine plaie

Une plaie de chat se trie avant de se soigner : tout ce qui saigne en jet, tout ce qui laisse voir autre chose que de la peau, tout ce qui vient d’une morsure part chez le vétérinaire sans passer par la salle de bains. Le reste, une griffure propre, une écorchure sur le flanc, se nettoie à la maison en quelques minutes, à condition de ne pas se tromper de produit.

Trier la plaie en trois questions

Chat roux dont on écarte les poils pour examiner une plaie sur le flanc

Lavez-vous les mains au savon avant de toucher quoi que ce soit. Puis regardez trois choses : est-ce que ça saigne encore, est-ce que les bords se rejoignent, est-ce qu’il s’agit d’une morsure. Une plaie superficielle qui ne saigne plus et dont les bords se touchent relève des soins à domicile. Dès qu’une de ces trois réponses coince, c’est un appel au vétérinaire.

Chez un chat à poil long, vous ne verrez rien tant que les poils collés recouvrent la zone. Coupez-les aux ciseaux à bouts ronds, ou tondez-les, en dégageant un bon centimètre autour. Les poils qui retombent dans la plaie l’entretiennent et retardent la cicatrisation.

Nettoyer, c’est d’abord rincer

Le nettoyage compte davantage que la désinfection. Un rinçage abondant au sérum physiologique, ou à défaut à l’eau propre, emporte la terre, les débris et une bonne part des bactéries. Une seringue de 10 ml sans aiguille, remplie et poussée à quelques centimètres de la peau, fait un jet suffisant. Répétez cinq ou six fois plutôt qu’une seule.

  • Pas d’eau oxygénée : elle abîme les cellules qui doivent refermer la plaie.
  • Pas d’alcool ni d’hamamélis : la brûlure est vive et le chat associera vos mains à la douleur dès la deuxième séance.
  • Pas de coton hydrophile : il laisse des fibres dans la plaie. Compresse stérile uniquement.

Quel antiseptique, et à quelle concentration

Deux familles reviennent en clinique : la chlorhexidine en solution aqueuse et la povidone iodée. Toutes deux existent en version vétérinaire, et c’est celle-là qu’il faut acheter. Les flacons de pharmacie humaine sont souvent trop concentrés pour un chat, qui va lécher la zone et avaler ce que vous y aurez mis. L’iode en particulier se résorbe par la peau et le chat le tolère moins bien que le chien.

Appliquez avec une compresse stérile, en tamponnant du centre vers l’extérieur. Si vous avez un spray, pulvérisez sur la compresse et non sur le chat : le bruit de l’aérosol suffit à faire fuir la plupart des chats pour la semaine. Testez d’abord sur une petite zone de peau saine et attendez quelques minutes, certains chats réagissent à l’iode.

Une crème cicatrisante spéciale pour chat peut prendre le relais une fois la plaie propre. Restez sur des produits formulés pour les félins : les pommades antibiotiques de l’armoire à pharmacie familiale ne se posent pas sur un animal. Un antibiotique local se prescrit, il ne s’emprunte pas, et le chat qui se lèche l’avale.

Cas particulier de la bétadine, qu’on trouve dans toutes les armoires : elle s’emploie diluée, jamais pure, dans un thé léger de couleur ambrée. La dilution exacte et la fréquence dépendent du produit que vous avez en main et de l’état de la plaie. Demandez-les à votre vétérinaire ou à votre pharmacien plutôt que de les calculer au jugé. Même chose pour la version vétérinaire vendue sous un autre nom : sa notice ne dit pas la même chose que celle du flacon humain.

Empêcher le léchage sans y passer ses nuits

La langue du chat est râpeuse : trois jours de léchage suffisent à rouvrir une plaie qui était en train de se fermer. La collerette reste la solution la moins mauvaise, et il faut la laisser en place jour et nuit, pas seulement quand vous surveillez. Les modèles souples ou gonflables passent mieux chez les chats qui refusent le cône rigide, à condition qu’ils empêchent réellement l’accès à la zone.

Les signes qui doivent faire reprendre rendez-vous

Une plaie qui va bien devient plus sèche et plus petite chaque jour. Ce qui doit vous inquiéter : un gonflement qui apparaît vers le deuxième ou le troisième jour, une zone chaude au toucher, un écoulement épais et coloré, une odeur, une croûte qui se décolle sur du liquide. Ajoutez à cela les signes généraux, un chat qui ne mange plus, qui reste caché, qui boite davantage. C’est le tableau d’un abcès, fréquent après une bagarre, et il ne se règle pas avec un antiseptique.

Éviter la prochaine plaie

La majorité des plaies de chats adultes non stérilisés viennent de bagarres de territoire. La stérilisation réduit franchement ces sorties nocturnes et les morsures qui vont avec. Un accès extérieur sécurisé, un jardin clôturé en filet ou des sorties encadrées limitent aussi la casse. Vérifiez enfin que la vaccination est à jour : un chat mordu par un congénère inconnu est exposé à plus que la seule infection de la plaie.

Gardez à la maison de quoi faire les premiers gestes : compresses stériles, sérum physiologique en dosettes, une bande auto-adhésive, des ciseaux à bouts ronds, une collerette à la bonne taille et le numéro de la clinique de garde noté ailleurs que dans un téléphone déchargé. Ce sont dix euros de matériel qui font gagner une heure quand ça arrive un dimanche.

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