Découvrez trois oiseaux fascinants à observer dans votre jardin
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Trois oiseaux se croisent presque partout en France depuis une fenêtre de cuisine, sans jumelles et sans se lever à l'aube : le merle noir, la mésange bleue et la chouette hulotte. Encore faut-il savoir à quelle heure regarder, et ce qui les fait rester.
Les deux premiers se voient en plein jour, la troisième ne se voit presque jamais mais s'entend très bien à partir d'octobre. Les reconnaître prend une semaine. Les garder demande deux ou trois gestes concrets, et surtout d'arrêter d'en faire certains autres.
Le merle noir, celui qui retourne le paillis
Le mâle est entièrement noir, avec un bec jaune orangé et un fin cercle de la même couleur autour de l'oeil. La femelle est brun sombre, le poitrail moucheté, et beaucoup de gens la prennent pour une autre espèce. On le repère au bruit avant de le voir : ce grattage sec dans les feuilles mortes, sous une haie, c'est lui qui cherche des vers et des larves.
Son chant compte parmi les plus faciles à identifier, des phrases flûtées et posées, lancées d'un point haut, gouttière ou antenne, de février à juillet. On lit souvent qu'un merle reste fidèle à son territoire toute sa vie. C'est inexact : les mâles défendent souvent le même secteur d'une année sur l'autre, mais une partie des merles d'Europe du Nord descendent vers la France en hiver, et vos merles de janvier ne sont pas forcément ceux de juin.
La mésange bleue, et l'histoire du trou de 28 millimètres
Onze grammes, environ 11 cm, calotte bleue, joues blanches, ventre jaune. Elle passe la journée tête en bas sous les branches, ce qui suffit à la distinguer de la mésange charbonnière, plus grosse et barrée de noir sur le ventre. Elle niche en cavité, d'où son goût pour les nichoirs.
Le détail qui décide de tout, c'est le diamètre du trou d'envol. 28 mm pour la mésange bleue, 32 mm pour la charbonnière : un trou trop large et la charbonnière, plus lourde, prend la place. Le nichoir se pose à 2 ou 3 m du sol, entrée à l'opposé des vents dominants et des pluies, jamais en plein sud face au soleil de l'après-midi. On le vide une fois par an, en septembre ou en octobre.
Son régime change avec la saison, graines et fruits en hiver, insectes au printemps. Un couple qui nourrit une nichée de dix jeunes apporte plusieurs centaines de chenilles par jour pendant deux semaines. C'est un bon argument pour ranger les insecticides.
La chouette hulotte, la voix d'octobre
C'est le rapace nocturne le plus répandu en France, présent jusque dans les parcs de grandes villes, et pourtant la plupart des gens ne l'ont jamais vue. Plumage brun roux ou gris, tête ronde sans aigrettes, yeux entièrement noirs, ce qui la distingue du hibou moyen-duc et de la chevêche, tous deux à iris jaune ou orange.
Elle se repère à l'oreille, surtout d'octobre à février quand les couples se cantonnent. Le mâle lance le hululement tremblé que tout le monde connaît, un « hou... hououou » tenu ; le cri sec en « kèwik » est le cri de contact, souvent attribué à la femelle. Un couple occupe 20 à 50 hectares et consomme des centaines de campagnols et de mulots par an.
Le plus gros levier reste le chat domestique, de loin le premier prédateur des oiseaux de jardin en Europe. Un collier à clochette réduit les captures, le garder à l'intérieur pendant le pic d'activité du matin aussi. Le reste tient à peu de chose : une haie d'essences locales plutôt qu'un thuya, un coin laissé en friche, et un peu de patience.
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