Tout ce que vous devez savoir sur le Berger des Shetland
Sommaire6 sections
Le Berger des Shetland aboie. Beaucoup, facilement, et avec une voix aiguë qui traverse les cloisons. C'est la première chose à regarder avant d'en adopter un, avant le pelage et avant le prix, parce que c'est le motif d'abandon numéro un de la race en appartement. Le reste, l'intelligence et l'attachement, tient largement ses promesses.
D'où vient cette voix
Sur les îles Shetland, au nord de l'Écosse, ce chien rassemblait des moutons minuscules sur des parcelles pentues et venteuses, souvent hors de vue du berger. Un chien qui travaille loin de son maître prévient de la voix. La sélection a donc conservé des sujets bavards, réactifs au mouvement et hypersensibles au bruit. Cent ans plus tard, le même chien vit au troisième étage et signale le voisin qui monte l'escalier, la poussette dans la rue, la sonnette de la télévision.
Ce n'est pas incorrigible, mais ça se travaille tôt et régulièrement. Ce qui fonctionne : apprendre un « aboie » sur commande pour pouvoir ensuite apprendre le « stop », récompenser le silence au lieu de crier (crier, pour lui, c'est aboyer avec vous), et supprimer le déclencheur visuel quand c'est possible, un film opaque en bas de la baie vitrée change la vie d'un Sheltie qui surveille la rue. Ce qui ne fonctionne pas : le collier anti-aboiement, qui règle le symptôme et déplace l'anxiété ailleurs.
Le pelage : deux semaines par an qui décident de tout
Le Sheltie porte un double pelage, un poil de couverture long et droit sur un sous-poil dense et laineux. En temps normal, un brossage hebdomadaire de quinze à vingt minutes suffit, en insistant derrière les oreilles, sous les aisselles et sur la culotte, trois zones où les noeuds se forment en premier.
Deux fois par an, au printemps et à l'automne, il largue son sous-poil. Pendant ces deux à trois semaines, comptez un brossage quotidien et des touffes de bourre partout. Un peigne à dents larges plus une carde tiennent le rythme. On ne tond pas un Sheltie : le double pelage l'isole du froid comme du chaud, et une tonte sur ce type de poil repousse mal, parfois de façon irrégulière et définitive.
Les robes admises sont le zibeline (du doré au fauve foncé), le tricolore noir, feu et blanc, et le bleu merle. Ce dernier mérite une précision.
La sensibilité aux médicaments : le point à connaître avant le premier vermifuge
Le Sheltie fait partie des races de berger porteuses de la mutation du gène MDR1 (aussi appelé ABCB1), au même titre que le Colley et le Border Collie. Chez un chien porteur, certaines molécules franchissent la barrière entre le sang et le cerveau au lieu d'en être évacuées, et provoquent des signes neurologiques graves à des doses qui seraient anodines pour un autre chien. Des antiparasitaires courants de la famille des lactones macrocycliques (l'ivermectine en tête), certains antidiarrhéiques et quelques anticancéreux figurent sur la liste des produits concernés.
La conduite à tenir est simple : un test ADN par écouvillon buccal, une seule fois dans la vie du chien, quelques dizaines d'euros, et le résultat noté dans le carnet de santé. Vous le signalez à chaque consultation, y compris en clinique de garde. Et vous ne donnez jamais de vermifuge ou d'antiparasitaire de votre propre chef, encore moins un produit prévu pour un cheval ou un bovin : c'est le vétérinaire qui choisit la molécule et la dose en fonction du statut MDR1.
Les autres points de santé à surveiller
L'anomalie de l'oeil du Colley (AOC) touche aussi le Sheltie. Elle se dépiste à l'examen du fond d'oeil vers 6 ou 7 semaines, avant que le pigment ne masque les lésions : demandez le certificat d'examen de la portée. L'atrophie progressive de la rétine se dépiste par test génétique chez les reproducteurs. La dysplasie de la hanche et celle du coude existent, à un taux plus faible que chez les grandes races. On rencontre aussi la dermatomyosite, une maladie de peau et de muscle à composante héréditaire, et une thyroïde paresseuse chez le chien d'âge mûr.
Trois signes doivent conduire chez le vétérinaire sans attendre : un chien qui bute le soir ou hésite dans la pénombre, une prise de poids inexpliquée avec un poil terne, une boiterie qui dure plus de trois jours. Aucun de ces signes ne s'auto-traite à la maison.
Éducation : un élève rapide, y compris pour les mauvaises habitudes
Il apprend un ordre en une poignée de répétitions. Le revers, c'est qu'il enregistre aussi vite les enchaînements que vous n'avez pas voulu lui enseigner : si aboyer fait venir quelqu'un, il aboiera. Les séances gagnent à être courtes, cinq minutes trois fois par jour valent mieux qu'une demi-heure d'affilée.
La socialisation a une fenêtre étroite, entre 3 et 14 semaines environ. Un Sheltie sous-socialisé devient un chien craintif qui recule puis pince, et cette timidité est un défaut connu de la race, mentionné dans le standard. Faites-lui rencontrer des enfants, des hommes à casquette, des parapluies, des ascenseurs, des sols glissants, pendant que la fenêtre est ouverte.
Sur son instinct de rassemblement : beaucoup de Shelties suivent et pincent les talons des enfants qui courent. Ce n'est pas de l'agressivité, c'est un mouton mal rangé. On redirige le comportement sur un jouet ou un exercice au lieu de punir, sinon le chien apprend simplement à le faire hors de votre vue.
Adopter : élevage ou refuge
Chez un éleveur, exigez trois documents : la confirmation ou l'inscription au LOF des parents, les résultats des dépistages oculaires de la portée, et le statut MDR1 des reproducteurs. Demandez aussi à voir la mère, et à quel endroit de la maison les chiots ont grandi : une portée élevée dans un garage part avec un handicap de socialisation.
Du côté des refuges et des associations de race, on trouve régulièrement des Shelties de 2 à 5 ans rendus pour, précisément, les aboiements ou un déménagement. Un adulte a l'avantage d'avoir un caractère déjà lisible. Demandez dans quel contexte il aboie et ce que la famille précédente avait tenté : la réponse vous dira en dix minutes si le chien correspond à votre logement.
Résumer cet article avec :
Partager :
