Exploration des exigences alimentaires essentielles pour une lactation optimale chez les vaches laitières.

Sommaire8 sections
  1. 01Pourquoi une vache trop grasse au vêlage démarre mal
  2. 02L'énergie avant tout, mais sans casser le rumen
  3. 03Les protéines: la quantité compte moins que la forme
  4. 04Fibre, rumination et taux butyreux
  5. 05Minéraux et oligo-éléments
  6. 06Sources de nutriments et rôle dans la ration
  7. 07L'eau, le poste qu'on oublie
  8. 08Les questions qui reviennent

Une vache qui vient de vêler produit plus d'énergie sous forme de lait qu'elle n'arrive à en avaler. Ce déficit dure six à dix semaines et il n'est pas évitable, il se limite. Tout ce qui se joue dans la ration de début de lactation vise cet écart, et pas grand-chose d'autre.

Le pic de production arrive vers la cinquième ou la huitième semaine après le vêlage. L'ingestion, elle, ne plafonne que deux à trois mois plus tard. Entre les deux, l'animal puise dans ses réserves corporelles. C'est physiologique, toutes les laitières le font. Ce qui distingue un troupeau bien conduit d'un troupeau qui déraille, c'est l'ampleur de la perte et sa durée.

Pourquoi une vache trop grasse au vêlage démarre mal

L'erreur la plus fréquente ne se commet pas en lactation, elle se commet au tarissement. Une vache engraissée pendant les deux mois de repos arrive au vêlage avec un foie chargé et un appétit médiocre. Elle mange moins au moment où elle en a le plus besoin, mobilise davantage de gras, et bascule plus facilement vers l'acétonémie. Une vache maigre a le problème inverse mais coûte moins cher à rattraper.

Le tarissement se conduit donc avec la même attention que le pic. Ration à faible densité énergétique, fibre en quantité pour entretenir le volume du rumen, et surveillance de la gestion minérale dans les trois dernières semaines. Sur ce point, le calcul d'une ration de fin de gestation dépasse le coup d'oeil et se fait avec le nutritionniste ou le vétérinaire du troupeau.

L'énergie avant tout, mais sans casser le rumen

La tentation, face au déficit, consiste à charger en concentré. Le maïs et l'orge apportent de l'amidon rapidement fermentescible, la densité énergétique grimpe, et l'acidose ruminale suit. Un rumen acidifié digère moins bien la cellulose, le taux butyreux chute, les boiteries apparaissent quelques semaines plus tard. Le concentré se monte donc par paliers, sur une transition de deux à trois semaines après le vêlage, jamais d'un coup.

Les matières grasses protégées offrent une autre porte d'entrée énergétique, sans amidon supplémentaire. Elles ont un coût, elles n'ont d'intérêt que sur les fortes productrices et sur la période du pic.

Les protéines: la quantité compte moins que la forme

La flore du rumen a besoin d'azote soluble pour fabriquer ses propres protéines microbiennes, qui constituent la principale source d'acides aminés pour la mamelle. Une partie de la protéine alimentaire doit au contraire échapper à la dégradation ruminale pour arriver intacte dans l'intestin grêle. Un tourteau de soja bien choisi couvre les deux fractions. Trop d'azote soluble et pas assez d'énergie disponible, et l'excédent part en urée: dans le sang, dans le lait, et dans l'atmosphère.

Le taux d'urée du lait, relevé au contrôle laitier, donne un signal gratuit. Des valeurs élevées et répétées veulent dire que de la protéine payée au prix fort sort par les reins.

Fibre, rumination et taux butyreux

Une vache qui rumine assez passe une bonne partie de ses heures couchées à mâcher. La fibre longue, celle du foin ou d'un ensilage d'herbe correctement haché, déclenche cette rumination et la salivation qui va avec. La salive tamponne le rumen mieux que n'importe quel bicarbonate ajouté à l'auge.

Quand le taux butyreux tombe et passe sous le taux protéique, la cause est presque toujours dans la fibre ou dans la vitesse de distribution du concentré. Le réflexe est de regarder l'auge et la longueur des brins avant de chercher ailleurs.

Minéraux et oligo-éléments

Le calcium et le phosphore alimentent la production de lait et la minéralisation osseuse. Le magnésium intervient dans la mobilisation du calcium au moment du vêlage, ce qui explique qu'on le surveille en fin de gestation. Le sélénium, le zinc, le cuivre et l'iode se donnent à des doses qui varient selon la région et la nature des fourrages: sur des sols pauvres, la complémentation se raisonne à partir d'analyses, pas d'une moyenne nationale.

Sources de nutriments et rôle dans la ration

Source Apport principal Point de vigilance
Foin de qualité Fibre longue, rumination Valeur très variable selon le stade de fauche
Ensilage de maïs Énergie (amidon) Pauvre en protéines, à corriger
Tourteau de soja Protéines Coût et disponibilité fluctuants
Orge, blé Énergie rapidement disponible Risque d'acidose si la transition est trop courte
Minéraux et oligo-éléments Calcium, phosphore, magnésium Formule à adapter au stade physiologique
Pulpe de betterave Fibre digestible, énergie Bon compromis pour limiter l'amidon

L'eau, le poste qu'on oublie

Le lait est composé de près de 87 % d'eau. Une vache en pleine lactation boit couramment plus de cent litres par jour, et davantage par forte chaleur. Un abreuvoir au débit insuffisant, sale, ou placé loin de l'auge fait perdre des litres de lait sans que personne ne cherche de ce côté. Compter un point d'eau pour une quinzaine de vaches, avec un débit qui permet de boire vite après la traite, reste le réglage le plus rentable d'un bâtiment.

Les questions qui reviennent

Faut-il complémenter toutes les vaches de la même façon ? Non. Une primipare mange moins qu'une multipare et continue de grandir, elle sort donc d'une conduite unique. Les lots par stade de lactation restent la façon la plus simple d'ajuster sans gaspiller.

Comment savoir si la ration passe ? Quatre indicateurs suffisent au quotidien: la note d'état corporel, les taux du contrôle laitier, la proportion d'animaux en train de ruminer quand le troupeau est au repos, et l'aspect des bouses. Aucun n'est parfait seul, ensemble ils cadrent bien la situation.

Les additifs valent-ils leur prix ? Levures vivantes, tampons, acides aminés protégés: certains ont des effets mesurés, tous se jugent sur une ration déjà correcte. Sur une ration mal équilibrée, aucun additif ne rattrape le fourrage.

Le chaud change-t-il les besoins ? Beaucoup. Au-delà de 25 °C avec de l'hygrométrie, l'ingestion baisse, la vache trie, elle perd des minéraux par la transpiration et le halètement. Ventilation, ombre et eau fraîche font plus que n'importe quelle correction de ration.

Résumer cet article avec :

Partager :