La croissance du poulain : tout savoir sur son poids à la naissance

découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la croissance du poulain, y compris son poids à la naissance. apprenez comment ce facteur crucial influence son développement, ses soins et son élevage. informez-vous sur les normes de poids, les facteurs qui les influencent et comment garantir un bon départ à votre poulain.
Sommaire4 sections
  1. 01Ce que pèse vraiment un nouveau-né selon le format de la mère
  2. 02Peser un poulain quand on n'a pas de bascule
  3. 03La courbe des trois premiers mois
  4. 04Poids de naissance bas : ce que ça veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

Un poulain de selle naît autour de 50 kg et en pèse près de 150 trois mois plus tard. Ce chiffre de départ ne sert pas à faire joli sur un carnet d'élevage : c'est la seule référence qui permet de dire, à J+10 ou à J+40, si le jeune prend correctement ou s'il décroche. Voici comment on l'obtient et ce qu'on en fait.

Ce que pèse vraiment un nouveau-né selon le format de la mère

Poulain nouveau-né debout sur ses membres encore fléchis à côté de sa mère

La règle de terrain tient en une phrase : un poulain pèse à la naissance de 9 à 11 % du poids adulte de sa mère. Une jument de selle de 500 kg donne donc un poulain de 45 à 55 kg. Une trait comtoise de 750 kg donne un poulain de 65 à 80 kg. Un poney shetland de 180 kg met bas un poulain de 15 à 20 kg, qu'un adulte porte encore dans ses bras le premier jour.

Ce pourcentage est stable parce qu'il dépend d'abord de la place disponible dans l'utérus, pas de la génétique du père. C'est le phénomène bien connu des croisements : une jument légère saillie par un étalon lourd ne produit pas un poulain hors norme, la mère bride la taille de naissance. L'inverse se voit aussi, une grande jument porteuse d'un embryon de petit format donne un poulain plutôt costaud pour sa race.

Deux situations tirent le poids vers le bas sans que rien n'aille mal : une primipare, c'est-à-dire une jument qui met bas pour la première fois, donne souvent un poulain de 5 à 10 % plus léger que ses suivants, et les naissances gémellaires, rares et risquées chez le cheval, produisent deux petits sous-dimensionnés.

Peser un poulain quand on n'a pas de bascule

La bascule à bétail reste le seul instrument exact, et peu d'écuries en possèdent. Deux solutions se valent en pratique. La première : le pesage humain, on monte sur un pèse-personne en tenant le poulain, on retire son propre poids. C'est faisable jusqu'à 40 ou 45 kg, donc jusqu'à trois ou quatre jours pour un poulain de selle, et ça suffit pour avoir le chiffre de départ.

La seconde : le ruban barymétrique pour poulains, gradué directement en kilos, qu'on passe derrière le garrot et le coude. Il faut mesurer au même moment de la journée, avant la tétée si possible, le poulain posé d'aplomb sur les quatre membres. La marge d'erreur tourne autour de 5 %, ce qui ne gêne pas du tout : ce qu'on suit, c'est une pente, pas une valeur absolue.

La courbe des trois premiers mois

Le lait de la jument couvre seul les besoins du poulain jusqu'à deux mois environ. Le gain moyen quotidien, ce que les éleveurs appellent le GMQ, se situe dans ces fourchettes pendant cette période :

  • Poulain de sang ou de selle : 0,9 à 1,2 kg par jour.
  • Poney : 0,4 à 0,6 kg par jour.
  • Poulain de trait : 1,3 à 1,7 kg par jour.

Concrètement, un poulain de selle né à 50 kg en pèse environ 80 à un mois, 110 à deux mois et 140 à 150 à trois mois. Il a donc presque triplé son poids de naissance en un trimestre, et il atteindra 45 à 50 % de son poids adulte vers six mois. La suite est beaucoup plus lente : il lui faudra encore trois à quatre ans pour finir les 50 % restants.

Le GMQ chute naturellement après le sevrage, vers six à huit mois. Un décrochage passager de quelques jours à ce moment-là est attendu. Un décrochage qui dure deux semaines ne l'est pas.

Poids de naissance bas : ce que ça veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

Un poulain nettement sous la fourchette de sa race est souvent né avant terme, ou a subi un retard de croissance intra-utérin lié à une jument sous-nourrie, parasitée ou victime d'une placentite en fin de gestation. Les signes qui accompagnent : oreilles et poils soyeux, articulations laxes, faiblesse à se lever. Ce poulain relève du suivi vétérinaire, pas de l'observation.

Le cas inverse mérite d'être clarifié, parce qu'on lit parfois le contraire. Un poulain lourd à la naissance n'est pas obèse et il n'y a rien à lui restreindre. L'obésité n'existe pas chez le nouveau-né qui ne boit que du lait maternel. En revanche, un poulain lourd et un bassin de jument étroit peuvent compliquer le part, et un poulain de format généreux qui grandit trop vite entre quatre et douze mois expose ses articulations aux ostéochondroses. Le risque se joue à cet âge-là, dans la ration de concentrés distribuée après le sevrage, pas dans les premiers jours.

Ce carnet sert aussi le jour de la visite : arriver chez le vétérinaire avec six points de mesure sur deux mois change complètement la conversation. Il voit tout de suite si le problème est apparu au sevrage, après un changement de pâture ou dès la première semaine, et il perd moins de temps à chercher.

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