Présence de mouches en hiver dans votre foyer : quelles en sont les implications ?
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Des mouches qui apparaissent en janvier dans une maison chauffée ne sortent pas de nulle part: elles hivernaient déjà sous vos combles, ou bien quelque chose est mort dans une cloison. Savoir laquelle des deux situations vous concerne prend cinq minutes et change complètement ce qu'il y a à faire.
Le premier réflexe consiste à regarder l'insecte de près, sur une vitre, là où elles finissent toutes par se rassembler. Sa taille, sa couleur et sa façon de voler vous disent d'où il vient. Les quatre suspects hivernaux ne se ressemblent pas.
Identifier la mouche avant de sortir la bombe
- Une mouche grise foncé, de 8 à 10 mm, lente, maladroite, qui se regroupe par dizaines sur une fenêtre exposée au sud: c'est la mouche des greniers, Pollenia rudis. Elle pond dans le sol, ses larves parasitent les vers de terre, et les adultes entrent à l'automne pour passer l'hiver dans les combles et les caissons de volet roulant. Le premier redoux les réveille.
- Une grosse mouche bleu métallique ou verte, bruyante, qui cogne dans les vitres, seule ou à deux: c'est une mouche à viande. Une seule qui traîne, ce n'est rien. Une vingtaine en trois jours, c'est un signal.
- De petites mouches de 2 à 3 mm autour de la corbeille à fruits ou de la poubelle: drosophiles. Elles se reproduisent en huit jours sur un fond de bouteille ou une pomme oubliée.
- De minuscules moucherons noirs qui décollent quand on arrose une plante verte: sciarides, les mouches du terreau. Elles viennent d'un substrat trop humide, pas de la saleté.
Cette hypothèse mérite d'être prise au sérieux quand un chat du quartier a disparu, ou quand quelqu'un a placé des raticides dans les combles à l'automne. Un rongeur empoisonné va mourir là où il se cache, souvent entre deux murs, et l'odeur ne parvient pas toujours jusqu'aux pièces de vie. Les mouches, elles, le trouvent en quelques heures. Elles sont pénibles, mais en l'occurrence, elles vous rendent service.
Pourquoi votre maison leur convient en décembre
Une mouche domestique cesse de se reproduire en dessous de 10 degrés environ. Un logement à 20 degrés annule cet hiver: le cycle complet, de l'oeuf à l'adulte, se boucle alors en une dizaine de jours. Il suffit d'un lieu humide et riche en matière organique pour entretenir une population toute la saison.
- Le fond de la poubelle, sous le sac, où coule le jus des épluchures.
- La litière d'un chat nettoyée un jour sur trois, ou le bac d'un rongeur.
- Une gamelle de pâtée laissée à l'air et à peine léchée.
- Le siphon d'un évier peu utilisé, où un biofilm se forme.
- Un sac de croquettes ouvert et stocké dans un cellier tiède.
La superstition, mise de côté
Beaucoup de pages associent les mouches d'hiver à un présage, à un déséquilibre spirituel du foyer, parfois à une annonce de deuil. Il n'y a rien derrière, sinon une coïncidence très concrète: les mouches à viande arrivent quand un animal meurt à proximité. La superstition a simplement observé la corrélation sans comprendre la biologie. Mieux vaut chercher le cadavre que la signification.
Ce qui marche, dans l'ordre
Commencez par supprimer le gîte, avant tout traitement. Une bombe insecticide tue les adultes présents et ne change rien aux larves qui se développent derrière.
- Videz la poubelle tous les soirs en hiver aussi, et lavez le fond du bac.
- Retirez les restes de gamelle au bout de vingt minutes, pour le chien comme pour le chat.
- Laissez sécher les trois premiers centimètres de terreau des plantes avant de réarroser: les sciarides disparaissent en deux semaines.
- Posez un piège collant jaune près de la fenêtre concernée, il vous dira aussi si la population baisse.
- Calfeutrez les passages: grille fine sur les aérations de combles, joints de caissons de volet, bas de porte du grenier. C'est la seule action qui tienne d'une année sur l'autre pour la mouche des greniers.
Un dernier point pour les propriétaires d'animaux: n'utilisez pas de bandes insecticides ni de diffuseurs à base de perméthrine dans une pièce où vit un chat. Cette molécule, courante dans les produits antiparasitaires pour chien, est toxique pour le chat, qui ne la dégrade pas. Un ruban collant classique, sans insecticide, fait le même travail sans risque.
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