Le chat Bombay : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
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Le Bombay se vend sur une image, la panthère de salon. Ce qu'on vous dit moins, c'est qu'il hérite du Burmese une prédisposition cardiaque documentée, et que le premier réflexe avant de signer pour un chaton est de demander les échocardiographies des parents.
Le reste du dossier est plutôt réjouissant. C'est un chat bavard, demandeur, qui s'attache à une personne en particulier et qui supporte mal la porte fermée. Mais commencer par le physique et finir par la santé en trois lignes, comme le font la plupart des fiches de race, revient à masquer une bonne part du coût réel.
Une race entièrement fabriquée, et assumée comme telle
Nikki Horner, éleveuse à Louisville dans le Kentucky, cherchait à obtenir chez elle l'équivalent domestique d'une panthère noire. Elle lance ses premiers croisements au début des années 1950 entre un Burmese zibeline et un American Shorthair noir. Les premières portées la déçoivent ; il lui faut près d'une décennie pour obtenir des sujets conformes à son idée. La CFA reconnaît le Bombay en championnat en 1976.
Le nom vient de la ville indienne, en référence à la panthère noire d'Inde. Aucun félin sauvage n'entre dans le pedigree, contrairement à ce qu'on lit encore : croiser un chat domestique et un léopard noir ne donnerait pas un Bombay, cela donnerait un hybride stérile et ingérable. La couleur vient simplement du gène de couleur noire, fixé sur un fond Burmese.
Le noir, du bout des moustaches aux coussinets
Le standard ne tolère qu'une seule robe : noir jusqu'à la racine, sur un chat dont la truffe et les coussinets sont noirs aussi. Le poil est ras, plaqué, très brillant, presque verni. Beaucoup de chatons naissent avec des marques fantômes tabby qui s'effacent en quelques mois ; certaines réapparaissent au soleil sous forme de reflets roussâtres.
Les yeux sont ronds, largement espacés, cuivre à or foncé. C'est un critère de sélection important : un Bombay aux yeux verts n'est pas conforme au standard américain. Le format reste moyen, 3 à 5 kg chez la femelle, 4 à 6 kg chez le mâle, mais avec une densité qui surprend à la prise en main. Les éleveurs parlent d'un chat plus lourd qu'il n'en a l'air.

Un chat qui parle et qui suit
Le Bombay a la voix du Burmese : grave, insistante, utilisée toute la journée. Il commente. Il vous accompagne d'une pièce à l'autre, s'assoit sur le clavier, se glisse sous la couette la nuit parce qu'il cherche la chaleur. Une porte fermée entre lui et vous déclenche une protestation sonore que les voisins finiront par connaître.
Il s'entend en général bien avec les enfants et les chiens, et il apprend vite : rapporter une balle en papier, ouvrir une porte à poignée, réclamer à heure fixe. Cette intelligence a un revers. Un Bombay sans occupation ni congénère, laissé huit à dix heures par jour, développe des comportements qui vont du miaulement continu au pipi hors litière. Ce n'est pas une race pour un foyer absent toute la semaine.
Santé : ce qu'il faut demander avant de payer
La cardiomyopathie hypertrophique circule dans les lignées Burmese dont le Bombay est issu. C'est la maladie cardiaque la plus fréquente chez le chat, elle épaissit le muscle du ventricule gauche et peut rester muette pendant des années avant un accident brutal. Un élevage sérieux fait échocardiographier ses reproducteurs par un vétérinaire cardiologue, à intervalles réguliers, et vous montre les comptes rendus.
Deux autres points viennent du même héritage. La polymyopathie hypokaliémique du Burmese, qui se manifeste chez de jeunes chats par une faiblesse musculaire et une tête portée basse, dispose d'un test ADN : demandez le statut des parents. Et certaines lignées à face courte produisent un larmoiement chronique ainsi qu'une fragilité des gencives, à surveiller dès le premier examen.
Le reste relève du suivi ordinaire : vaccins selon le protocole défini avec votre vétérinaire, antiparasitaires ajustés au mode de vie, bilan annuel puis semestriel après 8 ans. Sur la longévité, soyons précis : les 15 à 20 ans souvent annoncés sont optimistes. La fourchette réaliste tourne autour de 12 à 16 ans, avec de beaux dépassements individuels.
Alimentation : un chat dense, pas un chat gros
Le Bombay aime manger et sait le faire savoir. C'est une combinaison qui produit des chats en surpoids si la ration se distribue à l'œil. Pesez, répartissez en trois ou quatre repas, et recalez les quantités avec votre vétérinaire après la stérilisation, moment où les besoins énergétiques baissent nettement.
Préférez un aliment dont les premières lignes de composition annoncent une protéine animale nommée, et intégrez de la pâtée à la ration : elle apporte de l'eau, ce qui compte pour les voies urinaires. Une fontaine à eau aide chez certains chats. En revanche, la réputation du Bombay nageur relève de la confusion : c'est le Turc de Van qui entretient un rapport particulier à l'eau, pas lui.
Où chercher, et à quel prix
Comptez 900 à 1 500 euros pour un chaton de pedigree LOOF chez un éleveur qui teste. Ce chaton part à 12 semaines minimum, identifié, vacciné, avec un certificat vétérinaire récent. Visitez, regardez la mère et l'état des litières, posez la question du cœur dès le premier échange. Un éleveur qui élude ce sujet vous répond déjà.
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