Le redoutable talent de chasse des guépards

découvrez le redoutable talent de chasse des guépards, des prédateurs exceptionnels à la vitesse fulgurante.
Sommaire6 sections
  1. 01Un taux de réussite qui ne raconte qu'une partie de l'histoire
  2. 02Des proies choisies pour leur format, pas pour leur faiblesse
  3. 03L'approche compte davantage que le sprint
  4. 04La vitesse, oui, mais brève et coûteuse
  5. 05Une mise à mort par strangulation, faute de mâchoire
  6. 06Le vrai problème commence une fois la proie à terre

Un guépard qui chasse joue contre trois horloges : les minutes d'approche avant d'être repéré, les vingt secondes de sprint que son corps supporte, puis le quart d'heure dont il dispose pour manger avant que les hyènes ne rappliquent. Sa réputation de vitesse masque le vrai sujet, qui est une affaire de gestion du temps.

Un taux de réussite qui ne raconte qu'une partie de l'histoire

Guépard adulte à l'affût dans l'herbe sèche d'une savane africaine

Les guépards réussissent environ une chasse sur deux, ce qui les place très haut parmi les carnivores africains. Seuls les lycaons, ces chiens sauvages tachetés qui traquent en meute, font aussi bien. Le chiffre cache une facture : attraper une proie ne veut pas dire la garder, et une part notable des carcasses lui est reprise dans les minutes qui suivent. La bonne mesure de son efficacité, c'est le nombre de repas terminés.

Des proies choisies pour leur format, pas pour leur faiblesse

On répète souvent que les prédateurs prélèvent les malades et les vieux. Chez le guépard, c'est faux la plupart du temps : ses victimes sont en général des animaux sains, dans la force de l'âge. Le critère qui compte est le poids. Gazelles de Thomson, impalas, jeunes gnous, springboks : tout ce qui reste sous les 40 kg.

Un guépard blessé est un guépard mort à court terme : os fins, musculature de lévrier taillée pour l'accélération, pas pour encaisser. Il évite le troupeau compact et isole un individu en périphérie.

L'approche compte davantage que le sprint

Avant de courir, le guépard marche. Il repère, se couche, avance ventre à terre dans l'herbe haute, en abordant sa cible par l'arrière. Cette phase décide de tout : plus il part de loin, plus la poursuite sera longue et plus elle risque d'échouer. Les observations de terrain donnent une distance de déclenchement souvent inférieure à 60 mètres. C'est aussi pourquoi il travaille en début de matinée et en fin d'après-midi, quand les ombres longues cassent sa silhouette.

La vitesse, oui, mais brève et coûteuse

C'est l'animal terrestre le plus rapide, avec des pointes autour de 100 km/h. Une idée reçue mérite pourtant d'être corrigée : les colliers GPS posés sur des guépards sauvages au Botswana ont montré que les chasses réelles se déroulent bien en dessous, souvent entre 50 et 60 km/h. Le facteur décisif n'est pas la pointe, c'est la capacité à freiner et à virer sec quand la proie change de direction.

L'effort reste brutal : l'animal s'arrête au bout de quelques centaines de mètres. On a longtemps parlé de surchauffe, les mesures récentes pointent plutôt un effort anaérobie maximal. Il lui faut ensuite une demi-heure pour récupérer, haletant à côté de sa prise.

Une mise à mort par strangulation, faute de mâchoire

Le guépard a un crâne allégé et des canines courtes, conséquence de son anatomie de coureur : de larges narines pour faire passer l'air, donc moins de place pour les racines dentaires. Sa morsure est faible comparée à celle d'un léopard de même poids. Il fait donc chuter la proie avant de la tuer. L'ergot de sa patte avant, une griffe surélevée qui ne touche jamais le sol, sert de croc de boucher : il l'accroche dans le flanc de l'animal lancé et le déséquilibre. La proie tombe, le guépard referme sa gueule sous la gorge et comprime la trachée. L'asphyxie prend quelques minutes, pendant lesquelles il reste couché, sans lâcher prise.

Le vrai problème commence une fois la proie à terre

Un guépard seul, encore hors d'haleine, ne défend pas sa carcasse contre une hyène tachetée de 60 kg, encore moins contre une troupe de lions. Il cède, parce qu'une blessure lui coûterait sa saison. Contre un chacal ou quelques vautours, il tient bon. D'où la précipitation de ses repas : quatre frères adultes réduisent une antilope à l'état de squelette en un quart d'heure, quand une femelle seule mange par à-coups en surveillant l'horizon.

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Le Monde des Animaux & de la Nature" est un magazine dédié à la faune et à la flore sauvages du monde entier. À travers des reportages de terrain et de sublimes photographies, le magazine offre un safari visuel au cœur de la nature.

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