Pallas : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation

Le chat de Pallas, également connu sous le nom de manul (Otocolobus manul), est une espèce de félin sauvage originaire des steppes d'Asie centrale. Ce félin est notable pour son apparence unique et son pelage épais, adapté aux conditions froides de son habitat.
Sommaire6 sections
  1. 01Une silhouette taillée pour moins vingt degrés
  2. 02Un caractère qui rend l'adoption impossible
  3. 03Décrit en 1776, et surtout pas descendant du tigre à dents de sabre
  4. 04Une santé fragile, pas une résistance naturelle
  5. 05Un chasseur à l'affût, pas à la course
  6. 06Le voir, alors

Le chat de Pallas n'est pas une race de chat : c'est un félin sauvage d'Asie centrale, le manul, qu'aucun éleveur ne propose et qu'aucun particulier ne peut détenir légalement en France. Voici ce qu'il est vraiment, derrière la tête ronde qui tourne en boucle sur les réseaux.

Une silhouette taillée pour moins vingt degrés

Otocolobus manul fait 50 à 65 cm de corps, plus une queue épaisse de 21 à 31 cm, pour 2,5 à 4,5 kg. Autant dire le gabarit d'un chat de gouttière un peu enrobé. Son allure massive vient entièrement de la fourrure : environ 9 000 poils par centimètre carré sur le ventre, la densité la plus forte connue chez les félins, contre moins de 4 000 chez un chat domestique. Ce manteau atteint sept centimètres d'épaisseur sous le ventre, ce qui lui sert de tapis isolant quand il est couché sur la roche gelée.

Sa tête explique le reste. Oreilles courtes, plaquées bas sur les côtés du crâne, pour ne pas dépasser quand il guette à plat derrière un rocher. Pupilles rondes et non fendues, cas rare chez les petits félins. Le pelage passe du roux au gris jaunâtre selon la saison, en noyant les rayures horizontales de la robe.

Un caractère qui rend l'adoption impossible

Le manul ne s'apprivoise pas. Il est solitaire hors de la période de reproduction, actif surtout à l'aube et au crépuscule, et sa réaction par défaut face à une présence humaine est de se figer puis de disparaître dans une cavité. Les rares individus nés en parc zoologique gardent ce comportement : les soigneurs travaillent avec des barrières, pas avec des caresses.

Autre élément qu'on oublie : c'est un animal d'altitude, adapté à un air sec et froid. Un appartement chauffé à 20 degrés est un mauvais habitat pour lui. Sa détention relève en France des règles sur les espèces non domestiques, avec des autorisations que les particuliers n'obtiennent pas.

Décrit en 1776, et surtout pas descendant du tigre à dents de sabre

Le naturaliste prussien Peter Simon Pallas décrit l'espèce en 1776 sous le nom de Felis manul, d'après des observations faites près de la mer Caspienne pour l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. Une erreur circule depuis et mérite d'être coupée net : le chat de Pallas ne descend pas du tigre à dents de sabre. Les machairodontinés, dont Smilodon, forment une branche éteinte sans descendance actuelle. Le manul appartient à la lignée du chat léopard (Prionailurus), dont il s'est séparé il y a environ 5 millions d'années. C'est de là que vient le chiffre des 5 millions d'années, souvent recyclé n'importe comment.

Une santé fragile, pas une résistance naturelle

On lit parfois que le climat extrême lui aurait donné une résistance aux maladies. C'est l'inverse. Vivant à basse densité dans un milieu froid et sec où les parasites circulent peu, le manul n'a jamais développé de défenses solides contre la toxoplasmose. En captivité, à basse altitude, les chatons y sont très vulnérables et la mortalité juvénile en parc zoologique reste élevée, entre 30 et 50 % selon les programmes d'élevage européens.

Ses menaces réelles sont plus terre à terre : piégeage pour la fourrure, empoisonnement indirect lors des campagnes contre les rongeurs, chiens de berger, conversion des steppes en terres agricoles. L'UICN l'a reclassé en préoccupation mineure en 2020, ce qui traduit une meilleure connaissance de son aire de répartition, pas une population en hausse.

Un chasseur à l'affût, pas à la course

Son régime tourne autour des pikas (les lièvres siffleurs), des campagnols et des gerbilles, qui forment souvent plus de la moitié des proies identifiées dans les analyses de crottes. Il complète avec des oiseaux nichant au sol, perdrix ou alouettes, et des insectes en été. Les marmottes adultes sont hors de sa portée : tout au plus attrape-t-il des jeunes.

Sa technique tient à sa morphologie : pattes courtes, corps lourd, il court mal et ne tient pas une poursuite. Il approche à plat ventre, s'immobilise derrière un caillou, puis bondit sur un mètre ou deux. Devant un terrier de pika, il peut attendre une demi-heure sans bouger.

Le voir, alors

Quelques parcs zoologiques européens participent au programme d'élevage coordonné de l'espèce, dont plusieurs en France. C'est la seule façon honnête d'en croiser un. Dans la nature, même les biologistes qui le suivent depuis dix ans passent des saisons entières sans observation directe et travaillent sur des images de pièges photographiques.

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