Le Scottish Fold : Tout ce que vous devez savoir sur cette race de chat unique
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Les oreilles pliées du Scottish Fold ne sont pas un trait de beauté, c'est le symptôme visible d'une anomalie du cartilage qui touche aussi les pattes et la queue. Tout chat qui porte ce pli porte la mutation, et tout chat qui porte la mutation développe des lésions osseuses à un degré variable. Adopter un Fold en connaissance de cause, c'est accepter ce dossier avant de tomber sous le charme.
Une mutation née dans une ferme écossaise en 1961
Tout part d'une chatte blanche nommée Susie, repérée en 1961 dans une ferme du Perthshire, en Écosse, avec des oreilles couchées vers l'avant. Ses descendants ont fondé la race. La mutation en cause touche le gène TRPV4, qui intervient dans la formation du cartilage partout dans l'organisme, pas uniquement dans le pavillon de l'oreille.
Le pli n'est donc pas cosmétique. Il traduit un cartilage qui ne tient pas sa forme. Les chatons naissent tous les oreilles droites, et le pli apparaît entre la troisième et la quatrième semaine chez ceux qui ont hérité de la mutation. Ceux qui gardent les oreilles droites s'appellent des Scottish Straight : ce sont les mêmes chats, sans le gène, et l'élevage ne peut pas se passer d'eux.
L'ostéochondrodysplasie, chez tous les Folds
C'est le point que la plupart des articles arrondissent. L'ostéochondrodysplasie féline ne frappe pas seulement les homozygotes : les études radiographiques menées sur des Folds hétérozygotes, c'est-à-dire tous les Folds d'élevage, montrent des lésions des membres postérieurs chez la quasi-totalité des sujets examinés, y compris chez des chats qui ne boitent pas.
La gravité, elle, varie beaucoup. Certains Folds vivent quinze ans avec une gêne discrète. D'autres développent vers deux ou trois ans des excroissances osseuses autour des tarses, une queue qui perd sa souplesse et une démarche raide. Les signes qui doivent envoyer chez le vétérinaire : un chat qui cesse de sauter sur le plan de travail, qui atterrit lourdement, qui refuse qu'on manipule sa queue, ou qui s'assoit dans une position inhabituelle avec les postérieurs écartés.
Il n'existe pas de guérison. La prise en charge vise le confort : contrôle strict du poids, gestion de la douleur décidée par le vétérinaire, litière à bord bas, gamelles surélevées, marches intermédiaires pour accéder aux endroits en hauteur. Aucun anti-inflammatoire humain ne doit approcher un chat, l'ibuprofène et le paracétamol sont toxiques pour lui, y compris en très petite quantité.
Une race que plusieurs organismes refusent
Le débat n'est pas nouveau. Le Governing Council of the Cat Fancy britannique, l'organisme félin du pays d'origine de la race, a cessé d'enregistrer les Scottish Folds dès les années 1970 pour des raisons de santé, et la FIFé ne reconnaît pas la race. Plusieurs associations vétérinaires européennes ont demandé l'arrêt de l'élevage de chats à oreilles pliées, au même titre que les chats brachycéphales à face plate.
Cette position se défend. La sélection porte ici directement sur le défaut : plus l'oreille est plaquée, plus le standard récompense, et plus le cartilage est atteint. On ne peut pas obtenir le premier sans le second, contrairement à d'autres traits de race qu'un élevage prudent peut assainir.
Le chat au quotidien
Cela dit, un Fold reste un chat agréable à vivre, et c'est précisément ce qui rend le sujet difficile. Il pèse 3 à 5 kg, existe en poil court et en poil mi-long (le Highland Fold), et son tempérament est calme, sociable, peu bavard. Il suit volontiers son humain de pièce en pièce et supporte mal les longues journées seul.
- Brossage hebdomadaire pour le poil court, deux à trois fois par semaine pour le Highland.
- Contrôle des oreilles chaque semaine : le pli limite l'aération et laisse s'accumuler le cérumen.
- Poids surveillé de près, car chaque centaine de grammes en trop pèse sur des articulations déjà fragiles.
- Jeux en douceur, au sol plutôt qu'en hauteur, pour éviter les réceptions violentes.
Sur l'alimentation, rien de spécifique à la race en dehors du contrôle des portions. Le chat est un carnivore strict, et les aliments toxiques pour lui sont les mêmes que pour les autres : oignon et ail, chocolat, raisin, xylitol, et surtout les lys, dont toutes les parties, pollen compris, provoquent une insuffisance rénale aiguë. Un bouquet de lys dans un salon où vit un chat est une urgence en puissance.
Un dernier mot pour ceux qui hésitent. Si c'est le tempérament rond et posé qui attire, le British Shorthair et le Scottish Straight offrent exactement le même caractère, avec le même corps compact et les mêmes grands yeux, sans le gène du cartilage. La seule chose qu'on y perd, c'est le pli.
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