Les aliments dangereux à éviter pour la santé de votre furet
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Chez le furet, l'intoxication passe rarement par la gamelle. Elle passe par le sol, par un sac de courses laissé ouvert, par une plaquette de chewing-gum tombée du sac à main. Un animal qui se faufile sous quinze centimètres et qui goûte tout ce qu'il trouve impose de raisonner par pièce plutôt que par liste d'ingrédients.
Pourquoi ce raisonnement est différent de celui du chat
Un chat vit beaucoup en hauteur et sélectionne ce qu'il mange. Le furet fait l'inverse : il vit au ras du sol, il fouille, et il a une manie qui le distingue de tous les autres carnivores domestiques, celle de mordiller puis d'avaler des morceaux non alimentaires. Le caoutchouc, la mousse, les bouchons d'oreille, les embouts d'écouteurs et les gommes figurent en tête des corps étrangers retirés en chirurgie chez cette espèce. Une occlusion intestinale chez un animal de 800 grammes devient une urgence en quelques heures.
Son poids joue contre lui sur le plan toxicologique. La dose qui indispose un labrador de trente kilos suffit à mettre un furet en danger. Un carré de chocolat noir tombé par terre n'est pas le même événement selon l'animal qui le ramasse.
La cuisine
C'est la pièce qui concentre le plus de risques, et le plus souvent par une porte de placard mal fermée. L'oignon et l'ail arrivent en tête, non pas sous leur forme entière que le furet dédaigne, mais cachés dans un reste de plat, une sauce, une charcuterie ou un bouillon cube. Ils détruisent les globules rouges et la conséquence, une anémie, se voit parfois plusieurs jours après l'ingestion.
Le xylitol demande une vigilance particulière parce qu'il est devenu discret : on le trouve dans les chewing-gums sans sucre, certains dentifrices, des compléments alimentaires humains, des pâtisseries allégées et quelques beurres de cacahuète. Il provoque un effondrement du taux de sucre sanguin, et le furet est déjà une espèce fragile sur ce plan.
Les produits laitiers ne sont pas toxiques au sens strict, mais le furet adulte digère très mal le lactose. Un peu de fromage donné comme récompense se paie en diarrhée le lendemain, ce qui chez un animal de ce gabarit veut dire déshydratation rapide.
Restent les sucreries, le pain, les pâtes, les biscuits et les fruits. Ils ne tuent pas, mais ils saturent d'amidon un intestin qui n'a pas les enzymes pour le traiter. Les régimes trop sucrés sont par ailleurs soupçonnés de jouer un rôle dans l'insulinome, une tumeur du pancréas fréquente chez le furet de plus de trois ans.
La viande crue, quand elle tourne mal
Nourrir un furet avec des proies ou de la viande crue fonctionne très bien, à condition de maîtriser deux points. Les viandes transformées d'abord : saucisse, bacon, jambon, lardons. Elles apportent du sel, des nitrites et des arômes qui contiennent souvent de l'ail ou de l'oignon, et elles n'ont aucune place dans une ration crue.
Les os ensuite. Un os cuit se fend en éclats coupants et peut perforer le tube digestif : jamais d'os cuit, pour aucun animal. Les os crus charnus, en revanche, font partie d'une ration crue correctement construite, mais uniquement des petits os tendres adaptés au format du furet, comme une aile de caille ou un cou de poulet, et toujours sous surveillance. Un os porteur de gros gabarit n'a rien à faire dans sa cage.
Le salon, la salle de bains, le garage
Les plantes d'intérieur méritent un inventaire. Le lys est un néphrotoxique redoutable et bien documenté chez le chat, au point qu'un simple contact avec le pollen suffit à déclencher une insuffisance rénale : si vous avez un chat au foyer, aucun lys ne doit entrer. Chez le furet, la toxicité n'est pas établie de la même façon, mais un animal qui mâchouille tout ce qu'il croise ne mérite pas qu'on tente l'expérience. Écartez également le dieffenbachia, le philodendron et le poinsettia, irritants pour les muqueuses.
Les produits ménagers concentrés, la javel, les déboucheurs, l'antigel du garage et les pastilles pour lave-vaisselle se rangent en hauteur ou sous clé. L'antigel mérite une mention à part : son goût sucré attire les animaux et quelques gorgées suffisent à détruire les reins. Les diffuseurs de parfum et les sprays d'ambiance irritent les voies respiratoires du furet, dont l'odorat gouverne toute la vie sociale.
Le repérage vaut la peine d'être fait une fois, sérieusement, avant la première sortie en liberté : à quatre pattes, à hauteur de furet, placard par placard. La plupart des propriétaires découvrent à ce moment-là trois ou quatre choses qu'ils n'avaient jamais vues depuis leur hauteur d'adulte.
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