Les avantages et les meilleures recettes de nourriture faite maison pour les chiens
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Les recettes maison qui circulent pour les chiens, poulet riz carottes, patate douce et boeuf, saumon et petits pois, sont des plats corrects et des rations incomplètes. Servies seules pendant des mois, elles manquent systématiquement de calcium, d'iode et de vitamine E.
Ce n'est pas une raison pour y renoncer, c'est une raison pour savoir ce qu'on fait. Une ration ménagère bien construite nourrit très bien un chien, parfois mieux qu'une croquette d'entrée de gamme. Mais elle se compose de deux choses : la recette, qui est la partie facile et agréable, et le complément minéral et vitaminé, qui est la partie qu'on oublie. Voici les recettes, et surtout ce qui doit venir avec.
Ce qui manque dans une gamelle faite de vrais aliments
Prenez du poulet, du riz et des courgettes. Vous avez des protéines de bonne qualité, de l'énergie, un peu de fibres. Vous avez aussi beaucoup de phosphore et très peu de calcium, un rapport entre les deux très en dessous de la cible d'environ 1,2 pour 1, à peu près pas d'iode, peu de zinc et peu de vitamine E. Sur une semaine, aucune importance. Sur un an, ça finit par se voir : pelage terne, os fragilisés chez le jeune, parfois des troubles thyroïdiens.
Le correctif tient dans une cuillère doseuse. Les compléments minéraux et vitaminés vétérinaires pour ration ménagère existent en poudre, se conservent des mois, et coûtent quelques dizaines d'euros pour plusieurs semaines. Le dosage dépend du poids du chien et de la recette, votre vétérinaire le calcule en consultation. Les alternatives maison qu'on lit sur les forums, coquilles d'oeuf pilées, os en poudre, comprimés pour humains, mènent à des dosages hasardeux dans un sens comme dans l'autre.
Trois recettes de base, et le poids des choses
Les quantités ci-dessous valent pour un chien adulte d'une quinzaine de kilos, moyennement actif. Adaptez à la hausse ou à la baisse selon le gabarit, et pesez plutôt que d'estimer en tasses : une tasse de riz cuit et une tasse de viande hachée n'ont ni le même poids ni la même densité calorique.
Poulet, riz et légumes verts
Environ 200 g de blanc de poulet cuit et coupé, 150 g de riz cuit, 100 g de carottes et de courgettes cuites à l'eau, une cuillère à café d'huile de colza. Portez le tout à frémissement dans un peu d'eau, laissez cuire jusqu'à ce que les légumes cèdent sous la fourchette, laissez refroidir. Le complément minéral s'ajoute au moment de servir, pas pendant la cuisson : la chaleur dégrade une partie des vitamines.
Boeuf maigre et patate douce
Environ 200 g de boeuf maigre cuit, une patate douce moyenne cuite et écrasée, une poignée de brocoli vapeur, une cuillère à café d'huile. La patate douce apporte des fibres solubles qui conviennent aux chiens dont les selles sont un peu molles. Attention à la quantité : elle est plus calorique qu'une courgette, et une gamelle à base de patate douce fait grossir plus vite qu'on ne le croit.
Poisson et légumes
Environ 200 g de saumon ou de maquereau en conserve au naturel, égoutté et débarrassé des arêtes, 100 g de petits pois cuits, une carotte râpée et cuite. Le poisson gras apporte des oméga 3, utiles sur les peaux sensibles et les articulations vieillissantes. Une à deux fois par semaine suffit, en alternance avec la viande : servi tous les jours, le poisson en conserve apporte beaucoup de sel.
Cuit ou cru, et les os
La viande se donne cuite. Le cru expose le chien et la maisonnée à la salmonelle, à la listeria et à des parasites, et les régimes à base de viande crue demandent un protocole d'hygiène strict qu'on ne s'improvise pas. Si le sujet vous intéresse, parlez-en à votre vétérinaire avant de commencer, pas après.
Les os cuits, eux, sont dangereux : ils éclatent en esquilles et peuvent perforer le tube digestif. Les os de poulet cuits en particulier n'ont rien à faire dans une gamelle ni dans la poubelle accessible. Si vous voulez donner quelque chose à mâcher, orientez-vous vers des produits prévus pour, vendus en animalerie ou chez le vétérinaire.
La transition et les premiers signes
Passez de l'ancienne alimentation à la nouvelle sur sept à dix jours, par quarts. Un changement brutal donne presque toujours une diarrhée, qui fait croire à tort que la recette ne convient pas. Pendant le mois qui suit, regardez trois choses : les selles, moulées et ramassables une à deux fois par jour, le poids, pesé tous les quinze jours sur la même balance, et l'état du poil, qui met six à huit semaines à réagir à un changement alimentaire.
Un chien qui maigrit alors qu'il mange sa ration entière, ou qui prend 5 % de son poids en un mois, signale que les quantités sont mal calibrées. Ajustez de 10 % à la fois, pas davantage, et attendez deux semaines avant de juger.
Le coût réel
On présente souvent la cuisine maison comme une économie. Ce n'est vrai que si on achète la viande en promotion et qu'on cuisine en grande quantité. Comptez plutôt un budget comparable à celui d'une bonne croquette de milieu de gamme, complément minéral inclus, avec du temps en plus. L'argument qui tient, c'est le contrôle des ingrédients, notamment chez un chien suspecté d'allergie alimentaire pour lequel le vétérinaire a demandé un régime d'éviction. Pas l'économie.
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