Les essentiels à savoir sur la vermifugation des chevaux en automne

découvrez les informations essentielles sur la vermifugation des chevaux en automne pour assurer leur santé et leur bien-être.
Sommaire5 sections
  1. 01Pourquoi celui-là ne se saute pas
  2. 02Le gastérophile, une mouche qui passe l'hiver dans l'estomac
  3. 03Ce qui se décide avec le vétérinaire, et pas tout seul
  4. 04La coproscopie garde son intérêt, à condition de savoir ce qu'elle mesure
  5. 05Les 72 heures qui suivent l'administration

Le traitement d'arrière saison est le seul de l'année qu'on ne discute pas, même chez un cheval dont les coproscopies sont restées négatives : il vise deux parasites que l'analyse de crottins ne voit pas, le ténia et les larves de gastérophile. Reste à savoir quand le donner, et la réponse tient à la météo plus qu'au calendrier.

Pourquoi celui-là ne se saute pas

Cheval bai au pré sous un ciel d'automne, herbe rase et arbres roussis

La vermifugation raisonnée a fait reculer le nombre de traitements chez l'adulte, et c'est une bonne chose. Elle repose sur le comptage d'oeufs de strongles dans les crottins. Or ce comptage passe à côté de deux choses. Le ténia émet ses segments par à coups, si bien qu'une coproscopie classique le rate dans la majorité des cas. Les larves de gastérophile, elles, ne pondent rien du tout : ce sont des larves de mouche accrochées à la paroi de l'estomac, invisibles à l'analyse. D'où la règle retenue par la plupart des vétérinaires équins : quelle que soit la stratégie du reste de l'année, on traite en fin d'automne.

Le gastérophile, une mouche qui passe l'hiver dans l'estomac

Au cours de l'été, une mouche trapue et velue colle ses oeufs jaunes sur les poils du cheval, surtout aux antérieurs, aux épaules et sous la ganache. Ces oeufs sont bien visibles à l'oeil nu, on peut les gratter au couteau bouchon ou avec une pierre à oeufs. Le cheval les avale en se léchant. Les larves gagnent ensuite l'estomac, où elles s'accrochent à la muqueuse et passent l'hiver, avant d'être rejetées au printemps avec les crottins pour se transformer en mouches.

Une infestation modérée passe souvent inaperçue. Une infestation lourde irrite la paroi gastrique, et se traduit par un cheval qui s'alimente moins bien, qui manque de tonus, parfois par des coliques. L'erreur classique consiste à localiser ces larves dans l'intestin : elles sont dans l'estomac, ce qui explique pourquoi seules certaines molécules les atteignent.

Ce qui se décide avec le vétérinaire, et pas tout seul

Trois situations sortent du protocole standard et méritent un appel avant d'acheter quoi que ce soit.

Les poulains et jeunes chevaux d'abord. Avant l'âge de quatre mois, la cible principale n'est pas le ténia mais l'ascaris, et toutes les molécules ne conviennent pas à cet âge. La moxidectine, en particulier, n'est pas indiquée chez les très jeunes poulains. Le rythme et les produits se calent sur l'âge exact et sur la conduite d'élevage.

Les juments gestantes ensuite. Certaines molécules sont utilisables pendant la gestation, d'autres pas, et le moment du traitement en fin de gestation se raisonne avec celui du poulain à naître.

Les chevaux très infestés ou en mauvais état enfin. Une destruction massive et brutale de parasites peut elle même déclencher des troubles. Dans ces cas, le vétérinaire adapte parfois la conduite du traitement. C'est exactement le genre de décision qui ne se prend pas à partir d'une notice.

La coproscopie garde son intérêt, à condition de savoir ce qu'elle mesure

Même si le traitement d'arrière saison est donné quoi qu'il arrive, faire analyser les crottins à l'automne reste utile : le résultat renseigne sur la pression en strongles de la parcelle et sur les chevaux du groupe qui excrètent le plus. Le prélèvement se fait sur des crottins frais, ramassés le matin même, conservés au frais et portés rapidement au laboratoire ou à la clinique. Inutile de bloquer le cheval au box pendant deux jours pour cela : quelques crottins récents suffisent, et un cheval enfermé sans raison se stresse.

Les 72 heures qui suivent l'administration

Après le traitement, le cheval rejette dans ses crottins les parasites détruits, mais aussi des résidus de molécule. Deux conséquences pratiques.

  • Garder l'animal sur une aire facile à nettoyer, box ou petit paddock, pendant environ 48 à 72 heures, puis ramasser et évacuer les crottins de cette période au lieu de les épandre sur les prés.
  • Ne pas composter ces crottins pour un potager ni les épandre sur une parcelle pâturée dans la foulée. Les résidus d'ivermectine sont toxiques pour les insectes coprophages, ceux là mêmes qui font disparaître les bouses et les crottins dans les prairies.

Le reste de l'hygiène est sans mystère et pèse plus lourd que le choix de la marque : ramassage régulier des crottins au pré, rotation des parcelles, pâturage mixte avec des bovins ou des ovins quand c'est possible, mangeoires et abreuvoirs propres, foin distribué en hauteur ou en râtelier plutôt qu'à même le sol.

Si un cheval maigrit, présente des coliques répétées ou une diarrhée qui dure malgré un traitement correct, le problème n'est probablement pas là où on le cherche. Dents, ulcères gastriques, résistance de la population de vers aux molécules : le diagnostic se fait à la clinique, pas dans la sellerie.

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