Les meilleures techniques pour laver son chat sans se faire griffer
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Un chat en bonne santé, qui vit à l'intérieur et se toilette normalement, n'a pas besoin de bain. Sa langue râpeuse fait le travail plusieurs heures par jour, et la salive qu'il étale sur son pelage suffit à le garder propre. Les griffures au moment du bain viennent presque toujours d'un bain qui n'avait pas lieu d'être, ou d'un bain improvisé en dix secondes dans une baignoire pleine.
Les quatre situations où un bain se justifie vraiment
Le premier cas, c'est la souillure réelle : cambouis, peinture, huile de moteur, goudron. Là, le laver n'est plus une question d'esthétique mais d'empoisonnement, parce qu'il va se lécher et avaler le produit. Deuxième cas : un traitement dermatologique prescrit. Troisième cas : le chat âgé, arthrosique ou obèse, qui n'atteint plus son arrière-train et dont le poil se feutre. Quatrième cas : les races à poil long, Persan en tête, dont le sous-poil s'agglomère en plaques.
En dehors de ces quatre cas, la réponse honnête est : ne le lavez pas. Un brossage de cinq minutes trois fois par semaine règle 90 % des problèmes de propreté chez un chat d'appartement, et il ne coûte aucune griffure.
Reste que quand il faut y aller, il faut y aller. Et c'est là que la préparation change tout : la différence entre un bain calme et un bain sanglant se joue avant d'avoir ouvert le robinet.
Ce qui doit être prêt avant d'attraper le chat
La faute classique, c'est de commencer à chercher la serviette quand le chat est déjà trempé. Un chat mouillé qui attend est un chat qui panique. Tout doit être en place, à portée de main, porte fermée :
- une brosse ou un peigne adapté à la longueur du poil, utilisé avant et pas pendant
- un shampoing formulé pour le chat, jamais un produit humain ni un shampoing pour chien
- deux ou trois serviettes épaisses, sorties et dépliées
- une bassine, un évier ou un bac de douche, avec un tapis antidérapant ou une serviette au fond
- une carafe ou un petit broc pour mouiller, plutôt que le pommeau de douche
- quelques friandises très appétentes, déjà déballées
Le tapis antidérapant n'est pas un détail de confort. Un chat qui sent ses pattes glisser sur l'émail se cramponne à ce qu'il trouve, et ce qu'il trouve, c'est votre avant-bras. Les griffades les plus profondes viennent de là, pas de l'agressivité.
Coupez les griffes trois jours avant, pas le jour même
Le geste qui divise les accidents par deux, c'est de raccourcir la pointe des griffes antérieures en amont. Pas le matin du bain, sinon vous accumulez deux contraintes sur la même journée et le chat associe la manipulation à la contrainte. Trois à cinq jours avant, tranquillement, sur un chat posé sur vos genoux, en ne coupant que l'extrémité translucide et en laissant largement la marge rose qui contient le vaisseau.
Travaillez aussi la manipulation en dehors de tout bain. Une patte, dix secondes, friandise. Le chat posé dans la bassine vide, friandise, et on le ressort aussitôt. Une dizaine de séances d'une minute étalées sur deux semaines valent mieux qu'une longue séance de dressage, et cela fonctionne sur un adulte, simplement plus lentement.
La température, la profondeur, la durée
L'eau doit être tiède, autour de 37 °C, soit la température corporelle du chat. Testez avec l'intérieur du poignet : si ça vous paraît neutre, c'est bon. Trop froide, le chat se raidit ; trop chaude, il se débat pour sortir. La hauteur d'eau ne dépasse pas le niveau des jarrets, trois à cinq centimètres suffisent. Un chat qui garde le contact du fond sous ses coussinets reste dix fois plus calme qu'un chat qui flotte.
Quant à la durée, visez cinq minutes montre en main, rinçage compris. Au-delà, la tolérance s'effondre. Mieux vaut un bain imparfait et court qu'un bain complet qui finit en rodéo, parce que le souvenir qu'en garde le chat conditionne tous les suivants.
Le rinçage compte plus que le lavage
Un résidu de shampoing laissé sur la peau démange, et un chat qui démange se lèche, avale le produit et se gratte jusqu'à la plaie. Rincez jusqu'à ce que l'eau qui s'écoule soit parfaitement claire, puis rincez encore une fois. C'est l'étape que tout le monde raccourcit parce que le chat commence à protester, et c'est précisément celle qui ne se raccourcit pas.
Sécher sans sèche-cheveux
Enveloppez le chat dans une serviette dès la sortie, en le tamponnant plutôt qu'en le frottant : frotter emmêle le poil long et crée des nœuds qu'il faudra couper. Changez de serviette dès que la première est saturée. Un chat à poil court est sec en vingt minutes dans une pièce chauffée ; un poil long peut demander une heure et un coup de peigne à mi-séchage.
Le sèche-cheveux cumule deux problèmes : le bruit, qui terrorise, et la chaleur, qui brûle la peau du chat à des températures qu'un humain trouve confortables. Gardez plutôt la pièce à l'abri des courants d'air tant qu'il n'est pas sec : un chat mouillé se refroidit vite, surtout s'il est âgé ou maigre.
Quand passer la main
Si le chat souffle, crache, se retourne d'un bloc dès qu'on approche la bassine, arrêtez. Insister vous vaudra des plaies, et une griffure de chat s'infecte facilement : le nettoyage à l'eau et au savon puis un avis médical s'imposent si la zone rougit ou gonfle dans les deux jours. Un toiletteur habitué aux chats dispose de tables, de sangles et surtout d'une gestuelle rapide qui écourte l'épreuve.
Il existe des cas où le bain est indispensable au traitement et où le chat le refuse absolument. C'est une conversation à avoir avec votre vétérinaire, qui jugera de ce qui est praticable en clinique et sous quelle forme. Cette décision lui revient, elle ne s'improvise pas à la maison.
Le fil conducteur de tout ce qui précède tient en une phrase : le chat ne se bat pas contre l'eau, il se bat contre la surprise et contre la perte d'appui. Réglez ces deux points, limitez le bain aux occasions qui le méritent, et la question des griffures disparaît presque d'elle-même.
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