Les étapes pour couper les griffes de votre chat en toute sécurité
Sommaire6 sections
La coupe de griffes rate presque toujours au même endroit : le chat retire sa patte, la main suit, et la lame passe trop haut. Savoir gérer ce moment précis, saignement compris, change plus de choses que tout le reste du protocole. Voici la séance déroulée minute par minute, avec les points où ça dérape.
Cinq minutes de préparation, pas plus
Sortez le matériel avant d'attraper le chat, jamais après. Il vous faut un coupe-griffes à lame en acier inoxydable, une serviette éponge, une lampe ou une place près d'une fenêtre, une poudre hémostatique ou à défaut un morceau de savon sec, et trois ou quatre friandises que le chat aime vraiment. Posez tout à portée de main droite si vous êtes droitier. Chercher quelque chose au milieu de la séance, c'est la perdre.
Le moment compte autant que le matériel. Un chat qui vient de manger et qui somnole se laisse manipuler ; un chat qui vient de se réveiller et qui a faim, non. Évitez l'heure qui suit un retour de vétérinaire ou l'arrivée de visiteurs. Choisissez une pièce fermée, sans autre animal, avec la porte close pour qu'une fuite ne se transforme pas en course dans l'appartement.
Tenir le chat sans le bloquer
Deux positions fonctionnent. Le chat sur vos genoux, dos contre votre ventre, face tournée vers l'extérieur : vous travaillez dans le même axe que lui, ce qui évite de tordre les pattes. Ou le chat posé sur une table à hauteur de coude, sur la serviette pour qu'il ne glisse pas. La serviette sert aussi d'enveloppe : on l'enroule autour du corps en ne laissant sortir qu'une patte, technique du burrito, ce qui limite les coups de patte arrière sans immobiliser de force.
Ne maintenez pas le chat par la peau du cou. C'est un geste qui circule encore beaucoup et qui produit l'inverse de ce qu'on cherche : l'immobilité obtenue est une réponse de peur, pas de la détente, et le chat en garde la mémoire à la séance suivante. Si le chat se raidit, se met à battre de la queue ou à souffler, on s'arrête. Une séance interrompue à deux griffes reste une séance réussie.
Sortir la griffe et voir la pulpe
Prenez le doigt entre le pouce, posé sur le dessus, et l'index, sous le coussinet. Une pression douce des deux côtés fait sortir la griffe. Elle ne sort pas toute seule, elle est rétractée au repos par un ligament, c'est normal.
Regardez la griffe par la tranche, à contre-jour si elle est claire. Vous verrez une zone rose ou rougeâtre qui part de la base et s'arrête aux deux tiers environ : c'est la pulpe, le tissu vivant qui contient le vaisseau et le nerf. Tout ce qui est devant, translucide ou blanchâtre, est de la corne morte qu'on peut couper sans rien sentir.
Sur une griffe noire, on ne voit rien. Dans ce cas, coupez seulement la pointe, un millimètre ou deux, et regardez la section : tant qu'elle est uniformément blanche et sèche, vous êtes loin. Dès qu'un petit point gris ou humide apparaît au centre, vous arrivez près de la pulpe, vous vous arrêtez là.
Le geste de coupe
Positionnez la lame perpendiculairement à la griffe, ou légèrement inclinée de façon à suivre la courbure naturelle, et coupez d'un seul mouvement franc. Une coupe hésitante écrase la corne et la fait se dédoubler. Visez deux millimètres devant la pulpe, pas moins. La règle qui protège le mieux : couper moins que ce qu'on pense possible, quitte à revenir dans trois semaines.
Cinq griffes par patte avant, l'ergot compris, quatre par patte arrière. Les griffes arrière poussent plus lentement et sont moins pointues ; beaucoup de propriétaires ne les coupent qu'une fois sur deux, et c'est raisonnable. Entre deux griffes, une friandise ou une caresse sur le front, sans commentaire ni voix aiguë.
Le cas des chatons et celui des chats âgés
Chez un chaton de six à dix semaines, les griffes sont fines comme du papier et il n'y a pratiquement rien à couper. L'intérêt de l'exercice à cet âge n'est pas la longueur, c'est l'apprentissage : on manipule les pattes tous les jours pendant dix secondes, on fait claquer l'outil à côté sans couper, et on lime éventuellement la pointe. Un chat habitué avant quatre mois se laisse faire toute sa vie.
Chez le chat âgé, le problème s'inverse. La griffe devient épaisse, opaque, stratifiée, et la pulpe s'allonge avec elle : on peut couper moins loin qu'avant. Inspectez systématiquement les coussinets. Une griffe qui décrit un cercle complet et dont la pointe touche ou pénètre le coussinet ne se traite pas à la maison : c'est une plaie, elle s'infecte, et il faut une consultation.
Quand passer la main
Si le chat feule, griffe, mord ou se met en boule dès qu'il voit l'outil, insister ne mène nulle part. Un vétérinaire ou un toiletteur coupe les griffes en quelques minutes, souvent pour une dizaine d'euros, parfois gratuitement pendant une consultation de suivi. Demandez à assister au geste : voir quelqu'un tenir le chat correctement apprend plus que n'importe quel texte, celui-ci compris.
Un dernier signal à ne pas laisser passer : un chat qui boite, qui se lèche une patte de façon répétée, dont une griffe est fendue, arrachée ou dont la base est rouge et chaude relève du vétérinaire, pas du coupe-griffes. On ne cherche pas à arranger ça soi-même.
Résumer cet article avec :
Partager :
