l'Himalayaen, : apparence, caractère, histoire, santé et alimentation
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L'Himalayen se choisit d'abord en connaissance de son museau et de son poil : une face aplatie qui complique la respiration et la vidange des larmes, et une fourrure mi longue à sous poil dense qui feutre en trois jours sans brossage. Le caractère, doux et casanier, vient après ces deux contraintes quotidiennes.
Une race née d'un croisement de laboratoire
L'Himalayen combine la morphologie du Persan et le patron colorpoint du Siamois. L'histoire commence aux États Unis dans les années 1930, avec les travaux de l'éleveuse Virginia Cobb et du généticien Clyde Keeler, à Harvard : il s'agissait de comprendre comment le gène colorpoint se transmettait, pas encore de créer une race de salon. Le programme britannique de Brian Stirling Webb prend le relais après guerre, et la reconnaissance officielle arrive dans les années 1950 et 1960 selon les fédérations.
D'où les appellations qui circulent encore : Persan colorpoint, Persan masqué, ou Himalayen. Le LOOF français le classe d'ailleurs avec le Persan, comme une variété de couleur, alors que d'autres registres lui donnent un statut de race à part. Sur le papier ça ressemble à une querelle d'experts, en pratique ça change la façon dont un pedigree est rédigé.
Ce qu'on a sous la main
Le corps est court et compact, ce que les standards appellent le type cobby : pattes courtes, poitrine large, ossature épaisse, queue touffue portée bas. La tête est ronde, les oreilles petites et bien espacées, les yeux grands et toujours bleus. C'est le gène colorpoint qui impose cette couleur d'iris, sans exception dans la race.
Un mot sur le poids, parce que la confusion est fréquente. On lit parfois qu'un mâle Himalayen monte à 10 kg. C'est faux, et c'est même dangereux comme repère : un Himalayen de 10 kg est un chat obèse, pas un beau gabarit. La fourchette réelle se situe entre 4 et 6 kg chez le mâle. La fourrure trompe l'oeil et fait croire à une masse qui n'existe pas, d'où l'intérêt de peser le chat plutôt que de le regarder.
Le pelage est long, soyeux, avec un sous poil serré qui fait tout le travail d'isolation et tous les noeuds. Les extrémités sont plus sombres que le corps : masque, oreilles, pattes, queue. Seal point, blue point, chocolate, lilac, red, seal tortie point, la liste des variétés reconnues est longue. La teinte des points fonce d'ailleurs avec l'âge et avec le froid, puisque le gène s'exprime en fonction de la température de la peau.
Un chat d'intérieur qui n'aime pas le bruit
On le décrit souvent comme un Persan un peu plus bavard. C'est assez juste. Il garde le calme et la lenteur du Persan, avec des phases de jeu plus marquées héritées du Siamois, surtout avant deux ans.
Il s'attache à une ou deux personnes et boude poliment les autres. Les foyers agités, les allées et venues, les enfants très jeunes qui courent : il encaisse mal. Dans un appartement calme, avec un arbre à chat près d'une fenêtre, il va très bien. Il vaut mieux le garder à l'intérieur : le poil ramasse tout, et la face aplatie le rend vulnérable à la chaleur comme à l'effort.
Santé : deux points à surveiller de près
La face courte, ou brachycéphalie, se paie. Les narines peuvent être pincées, les voies respiratoires étroites, et le chat ronfle, respire bouche ouverte après un effort, ou supporte mal les journées à plus de 28 degrés. Un Himalayen qui halète au repos n'est pas fatigué, il est en difficulté respiratoire : cela justifie un appel au vétérinaire le jour même.
Les canaux lacrymaux, déviés par la forme du crâne, débordent sur le poil. Les traces brunes sous les yeux sont donc la règle plutôt que l'exception. On les nettoie chaque jour à l'eau tiède ou avec un produit prescrit par le vétérinaire, jamais avec un produit d'hygiène humaine.
Le second point est la polykystose rénale, la PKD, héritée du Persan. Un test génétique existe et coûte quelques dizaines d'euros : demandez le résultat des parents à l'éleveur, par écrit. Une lignée testée négative sur les deux parents règle la question. Aucune autre garantie ne vaut ce papier.
Nourrir un chat qui grossit vite
Le tempérament calme et le métabolisme de la race font que l'Himalayen prend du poids sans qu'on s'en aperçoive, d'autant que la fourrure masque la taille. Le repère utile n'est pas la balance seule : on doit sentir les côtes sous les doigts, avec une légère couche de gras, et voir un creux derrière les dernières côtes vu de dessus.
Trois formats cohabitent, avec chacun leur logique.
- Méthode BARF : rations crues proches du régime naturel du chat. Elle demande un équilibrage sérieux, calcium et taurine en tête, et une hygiène stricte de la chaîne du froid. À construire avec un vétérinaire nutritionniste, pas avec une recette trouvée sur un forum.
- Nourriture humide : autour de 75 à 80 % d'eau, ce qui compte chez une espèce qui boit peu et dont les reins encaissent mal la déshydratation. C'est aussi le format le moins calorique à volume égal.
- Nourriture sèche : pratique, dosable au gramme, mais il faut de l'eau fraîche disponible en permanence et surveiller la quantité, puisque la densité calorique est trois à quatre fois supérieure à celle d'une pâtée.
Les croquettes dites pour Persan, avec leur forme en amande, aident réellement : une mâchoire brachycéphale attrape mal une croquette ronde et l'avale sans la broyer. Une gamelle plate et large, plutôt qu'un bol profond, évite aussi que les vibrisses touchent les bords à chaque bouchée.
Reconnaître un éleveur qui tient la route
Les chatons vivent dans la pièce de vie, pas dans une annexe. L'éleveur montre la mère, accepte de parler de ses échecs, et ne propose pas trois portées disponibles le même mois. Il appartient à un club reconnu, fournit le pedigree LOOF, le certificat vétérinaire, la carte d'identification et le résultat du test PKD des parents.
Un signe qui ne trompe pas : celui qui vous pose des questions sur votre logement, vos horaires et vos autres animaux avant de parler prix. Et un chaton parti avant 12 semaines, quelle que soit la raison invoquée, arrive mal socialisé aux bruits domestiques. Cela se rattrape rarement.
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