Percheron : tout savoir sur sa maîtrise du poids

découvrez tout ce qu'il faut savoir sur la maîtrise du poids du percheron, une race de chevaux réputée pour sa robustesse et sa force.
Sommaire4 sections
  1. 01D'où vient le Percheron, et pourquoi il est si lourd
  2. 02Estimer le poids sans balance
  3. 03Nourrir un cheval qui mange autant qu'une vache
  4. 04Quand le poids devient un problème de santé

Personne ne met un Percheron sur une balance : les ponts-bascules sont rares et un cheval de 900 kg ne monte pas volontiers dessus. La ration se calcule pourtant à partir de ce poids, et c'est là que beaucoup de propriétaires de traits se trompent, souvent en rationnant trop peu.

D'où vient le Percheron, et pourquoi il est si lourd

Percheron gris clair de trait debout dans un pré, vu de profil

Le Percheron vient du Perche, l'ancienne province à cheval sur l'Orne et l'Eure-et-Loir. Sa base est un cheval de labour local, croisé au fil des siècles avec des chevaux orientaux et espagnols, ce qui lui a donné une tête fine et carrée assez inhabituelle chez un trait. La robe est grise ou noire, parfois presque blanche chez les vieux gris. Les crins sont abondants, les membres peu franges comparés à d'autres races de trait.

Après avoir tiré des charrues et des diligences, il travaille aujourd'hui en attelage, en débardage, dans l'entretien d'espaces verts et parfois en collecte de déchets dans des communes rurales. Certains sont montés. Cette diversité d'usages explique l'écart de gabarit à l'intérieur d'une même race.

Estimer le poids sans balance

La méthode de terrain tient en deux mesures et une multiplication. On prend le périmètre thoracique avec un mètre ruban, juste derrière le garrot et le passage de sangle, puis la longueur du corps de la pointe de l'épaule à la pointe de la fesse. Une formule barymétrique classique donne ensuite une estimation : périmètre thoracique au carré, multiplié par la longueur, divisé par un coefficient. Le ruban de pesée vendu en sellerie fait le même travail, en lecture directe.

Deux réserves. Ces rubans sont étalonnés sur des chevaux de selle, donc ils sous-estiment souvent un trait large. Et une estimation à 5 ou 8 % près suffit largement pour rationner du foin : ce qui compte est de suivre l'évolution du même chiffre, mesuré de la même façon, tous les mois.

À côté du poids, la note d'état corporel reste l'outil le plus fiable. On palpe les côtes, l'encolure, l'arrière des épaules et la base de la queue, et on note de 0 à 5. Un cheval au bon état se situe autour de 3 : les côtes ne se voient pas mais se sentent sous une couche fine. Un Percheron de 1000 kg peut être parfaitement à son poids, un autre de 950 kg peut être obèse. C'est la palpation qui tranche, pas le nombre affiché.

Nourrir un cheval qui mange autant qu'une vache

L'eau se compte en dizaines de litres par jour, davantage l'été. Le fourrage reste la base, distribué en plusieurs repas ou en filet à petites mailles pour étaler la prise sur la journée. Un Percheron au travail léger se contente très bien de foin de bonne qualité, d'eau propre et d'un bloc de minéraux. Les concentrés céréaliers ne se justifient que pour un cheval qui débarde plusieurs heures par jour, une jument en fin de gestation ou en lactation, ou un jeune en croissance.

Quand le poids devient un problème de santé

Le seuil de 1300 kg parfois cité comme signal d'alarme ne veut rien dire pris isolément : un grand mâle de trait peut les atteindre sans être gros, et un diligencier de 850 kg peut déjà être en surpoids. Le vrai signal, c'est une note d'état corporel qui grimpe au-dessus de 4, des bourrelets de graisse sur l'encolure et derrière les épaules, une base de queue empâtée.

La perte de poids doit être lente : un changement brutal de régime chez un cheval est dangereux. On allonge la durée du repas plutôt qu'on ne coupe les quantités, on passe à un foin plus tardif et plus fibreux, on augmente le mouvement quotidien par du pas soutenu plutôt que par des séances intenses.

Deux situations demandent un rendez-vous vétérinaire sans attendre. Un cheval qui grossit alors que sa ration n'a pas bougé, ou qui présente des fourbures à répétition, doit être exploré pour un syndrome métabolique équin ou une maladie de Cushing : ces affections se diagnostiquent par prise de sang, pas à l'oeil. Un cheval qui maigrit sans raison apparente doit l'être aussi, dents et parasitisme en premier lieu. Dans les deux cas, aucun traitement ni complément ne se décide sans le vétérinaire qui suit l'animal.

Les autres soucis classiques du Percheron, gale de boue, inflammations du pied, myopathie de stockage des polysaccharides, pèsent indirectement sur le poids en limitant le travail. Un cheval qui bouge moins mange pareil et grossit. La litière sèche, le parage régulier et un sol qui n'est pas un bourbier font davantage pour sa ligne que n'importe quel aliment allégé.

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