Conseils pratiques pour gérer le poids de son poney

des conseils pratiques pour aider à gérer le poids de votre poney et maintenir sa santé de façon optimale.
Sommaire6 sections
  1. 01Partir du poids vif, pas de la brouette
  2. 02Le tour de poitrine, repère de terrain
  3. 03Ce qui doit composer la ration
  4. 04Limiter l'herbe sans affamer
  5. 05Remettre du mouvement
  6. 06L'eau, le point qu'on oublie

Une ration de poney ne se compte pas en kilos, elle se compte en pourcentage du poids vif. Tant qu'on ne sait pas si l'animal pèse 180 ou 400 kg, « 7 kg par jour » ne veut rien dire, et c'est là que se jouent la plupart des surpoids de pré.

Partir du poids vif, pas de la brouette

Poney brun et blanc broutant dans un pré clôturé, vu de profil

La règle de base tient en une phrase: un poney consomme chaque jour entre 1,5 et 2,5 % de son poids vif en matière sèche, fourrage compris. Pour un poney de 300 kg, cela donne 4,5 à 7,5 kg. Le haut de la fourchette est réservé aux animaux qui travaillent dur, le bas à ceux qui passent la semaine au paddock.

C'est pour cela que le chiffre de départ compte. Un ruban barymétrique, passé derrière le garrot et le coude sur un poney d'aplomb, suffit pour poser une base. La formule Poids Vif (kg) = 7,3 x Périmètre Thoracique (en cm) - 800 circule beaucoup, mais elle a été calée sur des équidés de bon gabarit: en dessous d'environ 110 cm de tour de poitrine, elle renvoie des valeurs absurdes, parfois négatives. Pour les petits poneys, fiez-vous au ruban gradué en kilos ou au tableau ci-dessous.

Le tour de poitrine, repère de terrain

Faites des relevés réguliers plutôt qu'une pesée unique. Le tour de poitrine donne un ordre de grandeur utilisable pour les jeunes et les petits gabarits:

Tour de poitrine Poids moyen
100 cm 45 kg
110 cm 80 kg
115 cm 105 kg
120 cm 132 kg
125 cm 160 kg
130 cm 190 kg
140 cm 235 kg
145 cm 250 kg

Notez la mesure et la date à chaque fois. Trois relevés espacés d'un mois racontent une histoire, un relevé isolé ne raconte rien.

Ce qui doit composer la ration

Le fourrage tient le rôle principal: foin, herbe, un peu de paille pour les gros mangeurs. Chez un poney de loisir, il représente la quasi-totalité de la ration, et pas seulement 50 à 70 %. Le système digestif du cheval est fait pour mastiquer douze à seize heures par jour, et un poney qui n'a rien à mâcher s'ennuie, tique, ou vide son râtelier en deux heures puis jeûne le reste de la journée.

Sur l'amidon, corrigeons une idée répandue: l'avoine et l'orge n'ont rien à faire dans la ration d'un poney qui doit perdre du poids. Les céréales apportent des sucres rapides qui aggravent la résistance à l'insuline et augmentent le risque de fourbure, précisément chez les races rustiques qui en souffrent le plus. On réserve les concentrés aux poneys en travail intense réel, et en quantités fractionnées.

Un complément minéral vitaminé a du sens quand la ration est pauvre ou monotone, parce qu'un foin de mauvaise qualité couvre mal les besoins en cuivre, zinc, sélénium ou vitamine E. Demandez l'avis du vétérinaire avant d'empiler les seaux et les poudres: certains oligo-éléments deviennent toxiques en excès.

Limiter l'herbe sans affamer

Le vrai réservoir de calories, au printemps, c'est le pré. Une pâture jeune et grasse peut apporter plusieurs kilos de sucres solubles par jour. Trois outils fonctionnent: le pâturage tournant sur petites parcelles, le panier de pâturage, et la sortie limitée dans le temps, plutôt tôt le matin quand les taux de sucres sont au plus bas.

La restriction ne doit jamais virer au jeûne. Chez le poney et l'âne, une privation brutale déclenche une hyperlipémie: le foie se retrouve saturé de graisses mobilisées trop vite, et l'issue peut être fatale. Un filet à mailles fines résout la contradiction: il étale six kilos de foin sur douze heures au lieu de trois.

Remettre du mouvement

Un poney qui tourne seul dans un paddock de 15 mètres ne fait pas d'exercice: il attend. Le travail dirigé reste le seul moyen de creuser la dépense. Séances courtes et fréquentes, trot enlevé, montées, longe, puis on augmente la durée avant d'augmenter l'intensité.

La détention en liberté sur grande surface, avec des points d'eau et de foin éloignés les uns des autres, ajoute des kilomètres sans effort de votre part. Ce sont ces déplacements de fond qui font la différence sur trois mois, davantage que les séances de saut du week-end.

L'eau, le point qu'on oublie

Un poney boit entre 20 et 40 litres par jour selon la saison, la ration et le travail. La consommation grimpe fortement quand le foin sec remplace l'herbe, et c'est justement au moment où l'on met un poney au régime foin que le risque de bouchon oesophagien ou de colique d'impaction augmente. Abreuvoir propre, hors gel en hiver, vérifié tous les jours.

Toute perte de poids rapide, tout refus de s'alimenter, toute boiterie qui apparaît pendant un régime justifient un appel au vétérinaire plutôt qu'un ajustement maison de la ration.

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